Droits de l’enfant

« Teach a child » scolarise les enfants dans la grande misère

L’association « Teach a child » a déjà pris en charge les frais d’éducation de 407 élèves à l’école publique.

«Teach a child» à Falougha, avec des enfants scolarisés par l’association.

Chaque enfant au Liban a droit à l’éducation. C’est sur base de ce principe qu’est née l’association «Teach a child» (Apprendre à un enfant), en mars 2011. Une association qui encourage les familles les plus démunies à scolariser leurs enfants à l’école publique, en se chargeant de leurs frais de scolarisation. Forte de son objectif, elle a déjà scolarisé 407 élèves auprès de 26 établissements publics dans l’ensemble du pays.
Car même si l’enseignement est obligatoire au Liban, l’État n’a toujours pas mis en place les décrets d’application de la loi. Sans compter que l’école publique n’a de gratuit que les scolarités. Aux parents d’élèves d’assumer les frais annuels d’enregistrement, d’alimenter la caisse du comité des parents, d’acheter les manuels scolaires, fournitures, cartables, tabliers et uniformes, et, enfin, de s’acquitter des frais de transport. Nombre d’enfants sont donc laissés pour compte, leurs parents étant trop pauvres pour se permettre ne serait-ce que la moindre de ces dépenses. Confinés à la maison, réduits à la mendicité ou au travail forcé, à quel avenir peuvent-ils prétendre?

Trois cents dollars par enfant
C’est après avoir constaté son impuissance face à la misère des enfants des rues, que Zeina el-Khalil a décidé de fonder l’association «Teach a child», avec un groupe de femmes déterminées. Avec pour mission ultime d’assurer un avenir meilleur aux enfants dans la grande misère, et de développer leurs capacités afin qu’ils deviennent indépendants. «Des enfants qui n’ont rien», comme elle l’indique, souvent «des cas sociaux», qui expérimentent «la violence familiale, parfois même l’inceste». «Une fois ces enfants identifiés, nous assumons la totalité des frais nécessaires à leur scolarisation à l’école publique, affirme Mme el-Khalil, à savoir, les frais d’inscription, de participation à la caisse du comité des parents, de même que l’achat des uniformes, des manuels et fournitures scolaires, jusqu’aux cartables et trousses... pour un montant moyen de 300 dollars par enfant.»
«Enfin, nous prenons en charge les frais de transport scolaire, généralement très élevés, ajoute la présidente de “Teach a child”. Autrement, ces enfants ne pourraient pas aller à l’école.». Et de préciser à ce propos que dans un souci de contrôler les aides, l’association ne remet pas d’argent en espèce aux parents, mais se charge elle-même des paiements ou de l’achat des fournitures et uniformes scolaires.
L’action de «Teach a child» est adressée aux élèves depuis les classes maternelles jusqu’à la troisième. «Nous leur permettons ainsi de présenter l’épreuve officielle du brevet», note la présidente. Après cette étape, la grande majorité des élèves doivent trouver un emploi pour aider leurs familles. «Quant à ceux qui désirent continuer leurs études, nous sommes prêts à les aider», assure-t-elle, précisant que ceux qui désirent poursuivre des études universitaires sont orientés vers une autre association.

Les élèves du secteur privé mis à contribution
L’un des grands défis de l’association est d’identifier les jeunes bénéficiaires. Pour ce faire, ses bénévoles, répartis par régions, collaborent avec plusieurs partenaires, parmi lesquels les ministères de l’Éducation et des Affaires sociales, les directeurs d’écoles publiques, les municipalités ou les moukhtars. La présidente de «Teach a child» tient à préciser que la situation socio-économique des enfants et de leur famille constitue le seul critère de sélection des bénéficiaires. «Rien d’autre n’entre en compte, ni la religion, ni le sexe, ni la région, ni la performance scolaire.»
Aider près de 600 enfants: tel est l’objectif de «Teach a child» pour la prochaine année scolaire. L’association espère atteindre le chiffre de 1000 enfants d’ici à 5 ans. Pour ce faire, elle met en place des campagnes de sensibilisation des élèves des grandes écoles privées et demande à chaque élève «une contribution de 1000 LL». Elle organise également des collectes de fonds, au Liban ou à l’étranger, la dernière ayant eu lieu en avril dernier, à Beyrouth, lors d’un dîner décontracté qui a regroupé 350 personnes.
Zeina el-Khalil est formelle. «Chaque personne dans le besoin peut effectuer une demande auprès de l’association pour la scolarisation de ses enfants», dit-elle, s’adressant aux plus démunis. Pour cette mère de famille, l’école est un meilleur environnement que la rue, ou qu’une maison sans foyer.


Pour contacter l’association « Teach a child », se connecter sur le site web
www.teach-a-child.org,
envoyer un courriel à
info@teach-a-child.org ou contacter l’association au 01/747266.

Chaque enfant au Liban a droit à l’éducation. C’est sur base de ce principe qu’est née l’association «Teach a child» (Apprendre à un enfant), en mars 2011. Une association qui encourage les familles les plus démunies à scolariser leurs enfants à l’école publique, en se chargeant de leurs frais de scolarisation. Forte de son objectif, elle a déjà scolarisé 407 élèves...

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