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À La Une - La situation

« Contact coupé, moteur éteint », Salam veut réduire les parasites

MM. Sleiman et Salam : la formation du nouveau gouvernement jouira-t-elle du même état de grâce qui a présidé à la désignation du Premier ministre ? Photos Dalati et Nohra

« Moteur éteint », le travail sérieux a commencé. C’est la bonne nouvelle annoncée hier aux journalistes par le président du Conseil désigné, Tammam Salam, à l’issue d’un entretien avec le président Michel Sleiman au cours duquel les deux hommes ont fait le point des avis formulés par les divers blocs politiques consultés au Parlement au sujet de la forme que doit prendre le prochain gouvernement et la fonction qui lui sera assignée.
M. Salam a fait part au président Sleiman de ses préférences en la matière : un gouvernement restreint, bien soudé, dont les ministres ne sont pas candidats aux élections et qui accorderait la priorité absolue à l’organisation des élections législatives, sur base d’une nouvelle loi électorale acceptée par la grande majorité des blocs.
M. Salam, qui a « coupé le contact » du moulin à paroles qui empoisonne l’atmosphère politique et relance la polémique chaque fois qu’elle retombe, veut un gouvernement dont aucun membre ne représenterait « un défi », fût-ce à un ministre sortant, où aucun camp ne disposerait d’une « part », ni aucun axe politique. Un gouvernement le plus restreint possible et le plus efficace possible.


Selon des sources bien informées, le président Sleiman serait « parfaitement en harmonie » avec cette façon de voir et confiant dans l’esprit de coopération qui semble s’être installé entre lui-même et M. Salam, en particulier au sujet de la tâche primordiale du gouvernement, dont les membres seraient nommés conjointement par MM. Sleiman et Salam. Il est normal, estime-t-on, que les membres du gouvernement soient des proches du Premier ministre désigné et du chef de l’État.


Le pays ne devrait pas tarder à savoir si ces orientations ont une chance de se concrétiser ; en d’autres termes, si les blocs parlementaires sont réellement désireux de voir des législatives organisées. Car dans ce cas, la formation du gouvernement ne devrait pas être difficile, compte tenu de sa tâche essentielle et de sa durée de vie.
Partant, la déclaration ministérielle serait toute trouvée : ce serait la déclaration de Baabda, rédigée pour n’indisposer personne et tenir le Liban à l’écart des axes régionaux qui le déstabilisent.


Si, en revanche, le bras de fer politique se poursuit entre les axes régionaux qui se disputent le pouvoir au Liban, on peut s’attendre à ce que la crise se prolonge et que la formation du gouvernement donne lieu à des tensions et des tiraillements en tous genres. Et dans ce cas, il faudra faire son deuil des législatives et se résigner à l’idée que le Liban restera longtemps avec une Chambre qui redouble son mandat et un gouvernement qui claudique.
Toutefois, à Baabda, on fait confiance à la bonne étoile du Liban et à l’ombrelle internationale qui a facilité la désignation d’un nouveau Premier ministre, et qui, estime-t-on, facilitera aussi le processus de formation du cabinet.
Notons que le Premier ministre désigné continue de recevoir des appuis de la communauté internationale, les derniers en date étant ceux de la chancelière allemande Angela Merkel et de l’Union européenne.

Épilogues
Sur un autre plan, l’actualité locale a été marquée hier par les divers commentaires qui ont suivi le vote par le Parlement d’une loi suspendant les délais électoraux de la loi de 1960, toujours en vigueur, jusqu’au 19 mai.
Ce vote a été perçu avec méfiance par certains observateurs, qui estiment que le temps ainsi gagné ne sera pas mis à profit pour trouver une nouvelle loi électorale, mais pour rapprocher le Liban du grand « vide constitutionnel » qui aboutira à la prorogation du mandat de la Chambre. C’est en particulier l’avis du PSP, qui a reproché à ses alliés de s’être prêtés au jeu, alors que le maintien des délais aurait abouti ipso facto au maintien de la pression sur les députés et joué en faveur de la recherche d’une nouvelle loi électorale.


En tout état de cause, le chef de l’État, à qui le texte de loi sur la suspenson des délais a été transmis, a décidé de le soumettre à des constitutionnalistes avant de le parapher.
Ahmad Fatfat (Futur) a mis en garde hier contre ceux qui estiment que la loi de 1960 est « enterrée ». M. Fatfat a rappelé que la loi est en vigueur jusqu’à son remplacement. Plus de cent personnes ont déjà fait acte de candidature en vertu de cette loi, assure-t-on au ministère de l’Intérieur ; ces candidats seraient élus d’office si, d’ici au 26 juin, date à laquelle les législatives ont été repoussées, une nouvelle loi n’a pas été votée.

 

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