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Liban

La parade de l’armée tourne au cauchemar pour les automobilistes

| OLJ
21/11/2012

Les routes menant à Beyrouth, notamment à partir de la banlieue nord de la capitale voire jusqu’au Kesrouan, se sont transformées hier matin en un immense parking. La raison : l’armée a bloqué les entrées de Beyrouth déviant la circulation pour... une répétition de la parade militaire de la fête de l’Indépendance.


Résultats, les employés ne sont pas arrivés à leur travail, les élèves à leurs écoles, les voyageurs à leurs avions et le pays a été complètement paralysé jusqu’en début d’après-midi. Ainsi, les Libanais vivant en dehors de Beyrouth et voulant se rendre en ville ont mis de longues heures pour arriver à destination.


L’embouteillage n’a pas uniquement été enregistré sur l’autoroute Jounieh-Beyrouth mais aussi dans toutes les rues intérieures d’Antélias, de Jal el-Dib, de Jdeideh et même d’Achrafieh. Certains automobilistes ont roulé à 2 à l’heure, chiffre qui aurait été multiplié par quatre s’ils étaient par exemple partis à pied, d’autres ont pris les routes de montagne pour honorer leurs rendez-vous. Ils ont emprunté par exemple, à partir de Jal el-Dib, la route menant à Broummana puis Beit-Méry pour arriver à Sin el-Fil. Alors que certains automobilistes ont mis une demi-heure pour franchir seulement la distance séparant la place d’Antélias du catholicossat arménien, une affaire de 300 mètres.
Les lignes de voitures s’étendaient, pare-chocs contre pare-chocs, des entrées nord de Beyrouth jusqu’à Zouk à l’entrée de Jounieh, au niveau du complexe balnéaire de Rimal.


L’embouteillage a commencé à se former dès 7 heures et a duré le temps que la troupe achève la répétition de sa parade, ce qui a été annoncé en début d’après-midi et non la veille ou l’avant-veille pour prévenir les usagers.
Alors que les automobilistes étaient toujours bloqués dans les embouteillages, l’armée a publié un communiqué « s’excusant du dérangement et du préjudice causés à certains citoyens et qui se sont traduits par l’embouteillage occasionné par la répétition de la parade militaire de la fête de l’Indépendance ». Le texte souligne qu’aujourd’hui mercredi « il n’y aura pas de répétition », invite « les automobilistes à respecter les consignes des policiers » et rappelle que « les FSI ont publié lundi soir une circulaire informant les Libanais de la fermeture des routes ».


Notons dans ce cadre que le communiqué distribué par les FSI donne des précisions sur les rues bloquées à l’intérieur du centre-ville et non celles qui se trouvent aux entrées de la capitale. Il convient de préciser aussi que les routes menant à Beyrouth hier ainsi que la déviation de la circulation est tout à fait similaire au plan qui sera appliqué dans la matinée de demain jeudi pour la parade de l’Indépendance.


La différence est énorme : le jeudi 22 novembre est un jour férié au Liban, chômé comme un dimanche, alors qu’hier les Libanais s’attendaient à passer une journée ordinaire, tentant tant bien que mal de survivre dans un pays qui souffre à la base d’embouteillages structurels, d’un insupportable manque de courant électrique et d’eau, d’une insécurité constante et d’une cherté de vie constamment en hausse.
Inutile de préciser que le ras-le-bol des citoyens pris en otages hier s’est exprimé par des mots impubliables.

 

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Jack Hakim

Le progrès est en marche et cela n’arrange pas trop les affaires de l’institution militaire. Seule organisation où l’on peut encore rentrer dans le bureau d’un cadre sans y trouver d’ordinateur, l’armée n’a pas encore réalisé que l’information et les quolibets se publient maintenant en temps réel sur Twitter, que ce sont les citoyens eux-mêmes qui sont des journalistes instantanés, et que le « dérangement causé à quelques citoyens » (à les entendre l’on croirait que seule une poignée de promeneurs n’a pas réussi à se rendre à la plage) n’est plus un fait divers relaté en moins d’un minute au journal de 20 heures, mais une honte nationale fustigée aux quatre coins de la planète avant même qu’un moustachu en treillis n’ait eu le temps de dire « Garde-à-vous ». La langue de bois du commandement de l’armée – direction de l’orientation – est sooo 1960 ! Il me vient à l’esprit une chanson de Brel : « Mais je vous jure que d’entendre cet adjudant de mes f… », il suffit de googler la suite !

M.V.

22 les flics ...!

Marie Jose Malha

Un vrai cauchemar qui se répète chaque année à la même période. Rien d'étonnant, c'est vraiment malheureux.

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