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Liban : Les syndicats promettent une manif « historique » mercredi

Objectif : obtenir l’adoption de l’échelle des salaires.

Hanna Gharib.

Une manifestation historique, mercredi prochain, qui regroupera les enseignants, les familles des militaires, les employés et les étudiants, accompagnée d’une grève : c’est ce qu’ont promis ce week-end les syndicalistes et les chefs des comités intersyndicaux aux autorités et aux instances économiques, au cas où l’échelle des salaires n’était pas votée. Parmi eux, des figures emblématiques, comme Nehmé Mahfouz, président du syndicat des écoles privées des enseignants, ou Hanna Gharib, président du comité de coordination syndicale. « Au cas où l’échelle des salaires n’est pas adoptée et que le gouvernement ne l’a pas transférée au Parlement, le syndicat n’aura d’autre choix que de mener la bataille », a souligné Hanna Gharib à ce propos. Il a ainsi invité les manifestants à se rassembler mercredi matin à 11 heures devant le siège du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et à marcher en direction du Grand Sérail. Il a aussi invité les employés à mener une « bataille ouverte », à s’emparer de l’augmentation des salaires par la force, et à l’obtenir sans échelonnement, dans le respect des échelons et des droits des retraités.
M. Gharib a estimé que l’échelle des salaires est « un droit pour les employés » et qu’elle doit absolument être adoptée. Il a dénoncé les attaques menées par le gouvernement et les instances économiques et religieuses contre le comité de coordination, « ce qui va à l’encontre des intérêts de la population », a-t-il souligné. Il a également déploré les « tentatives d’effritement de l’activité syndicale » et, plus particulièrement, les atteintes à l’activité syndicale des enseignants. Il a enfin invité le gouvernement à taxer les secteurs bancaires et immobiliers, de même que les biens-fonds maritimes et fluviaux.


De son côté, la ligue des enseignants du primaire et du complémentaire a invité les enseignants à participer en masse à l’ordre de grève. Elle a dénoncé la frilosité du gouvernement à appliquer sa décision d’augmenter les salaires et à transférer l’échelle des salaires au Parlement. « Cette augmentation n’est pourtant pas un luxe pour les enseignants, a indiqué le communiqué de la ligue, mais une normalisation de leurs salaires qui étaient gelés depuis 1996. »
Réagissant à l’appel à la grève des syndicats, le ministre d'Etat chargé de la Réforme administrative, Mohammad Fneich, a souligné que le Hezbollah « n’acceptera pas que le financement de l’échelle des salaires se fasse au détriment des employés à revenus limités et moyens ». « Il est hors de question que ces derniers subissent une augmentation d’impôts, a-t-il dit. Le parti et ses alliés ont suggéré que le financement de l’augmentation des salaires soit assumé en grande partie par les fortunes qui relèvent de l’économie de rentes. » « Pour la première fois au Liban, les empiètements sur les biens-fonds maritimes seraient alors taxés, de même que les intérêts bancaires », a poursuivi M. Fneich.


Les instances économiques n’ont pas tardé à réagir, elles aussi. Menant campagne contre l’adoption de l’échelle des salaires, elles menacent d’une catastrophe économique au cas où l’augmentation est appliquée.

 

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