Rechercher
Rechercher

À La Une - Crise

Syrie : Un observateur arabe jette l’éponge

"J'ai vu des scènes d'horreur (...) Je ne peux pas laisser mon humanité de côté dans ce genre de situation".

"Je me retire parce que je me retrouve en train de servir le régime", a expliqué Anouar Malek à al-Jazira.

Un observateur de la Ligue arabe dépêché en Syrie pour vérifier l'application du plan de sortie de crise a quitté le pays. "Je me retire parce que je me retrouve en train de servir le régime", a expliqué Anouar Malek à al-Jazira. "Dans quelle mesure je servais le régime? Je donnais au régime une plus grande chance de continuer le massacre et je ne pouvais rien faire pour l'en empêcher", a ajouté l'observateur algérien dans une interview réalisée au siège de la chaîne de télévision, au Qatar.

 

La mission d'observation de la Ligue arabe, qui compte actuellement 165 membres sur place, est arrivée en Syrie le 26 décembre pour vérifier l'application du plan de sortie de crise accepté par Damas en novembre. Ce plan prévoit la libération des prisonniers politiques, le retrait des chars de l'armée des villes du pays, la fin de la répression et l'ouverture d'un dialogue avec l'opposition.

 

Interrogé sur les raisons de son départ, Malek a déclaré : "Ce qui compte le plus c'est d'avoir un sentiment d'humanité. J'ai passé plus de 15 jours à Homs (...) J'ai vu des scènes d'horreur, des corps brûlés (...) Je ne peux pas laisser mon humanité de côté dans ce genre de situation."

 

"Ils n'ont pas retiré leurs chars des rues, ils les ont juste cachés et redéployés après notre départ", a précisé Anouar Malek, qui arbore encore le gilet jaune des observateurs. "Les snipers sont partout et tirent sur les civils. Les gens sont enlevés, les prisonniers sont torturés et personne n'est libéré. Ceux qui sont censés être libérés et sont montrés à la télévision sont en fait des personnes qui ont été prises au hasard dans les rues."

 

Malek a également critiqué le chef de la mission de la Ligue arabe, le général soudanais Mohammed al Dabi, dont la nomination a fait l'objet de vives critiques des militants des droits de l'homme estimant qu'il n'était pas le mieux placé au vu de son rôle joué dans le conflit au Darfour. "Le chef de la mission voulait trouver un compromis pour ne pas fâcher les autorités syriennes ou tout autre camp", a estimé Malek qui avait tenu des propos critiques sur la mission sur sa page Facebook alors qu'il était sur le terrain.

 

Deux membres koweïtiens de la mission d'observation de la Ligue arabe en Syrie ont été légèrement blessés dans une attaque commise par des manifestants non identifiés se rendant vers Lattaquié, a rapporté mardi l'agence de presse du Koweït, Kuna.

 

"Les observateurs de la Ligue arabe n'ont pas pu mener leurs actions comme prévu. Ils ont rencontré de nombreux obstacles. L'attaque de Lattaquié soulève des doutes quant à la poursuite de la mission", a estimé mardi le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, au cours d'une conférence de presse à Ankara, tenue avec son homologue tunisien Rafik Abdessalem. M. Davutoglu a néanmoins déclaré que la Turquie continue de "soutenir la mission de la Ligue arabe".

 

Un haut dirigeant de l'Onu a indiqué mardi au Conseil de sécurité que le nombre de manifestants tués en Syrie s'était accru depuis l'arrivée des observateurs de la Ligue arabe, a fait savoir Susan Rice, ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies.

 

Sur le même sujet

Revue de presse : Assad « coupé de la réalité » comme l'était Kadhafi

Reportage : Un climat de peur s'est installé à Damas depuis les attentats

Actu : L'archevêque d'Alep veut "encore donner sa chance" à Assad


Un observateur de la Ligue arabe dépêché en Syrie pour vérifier l'application du plan de sortie de crise a quitté le pays. "Je me retire parce que je me retrouve en train de servir le régime", a expliqué Anouar Malek à al-Jazira. "Dans quelle mesure je servais le régime? Je donnais au régime une plus grande chance de continuer le massacre et je ne pouvais rien faire pour l'en empêcher", a ajouté l'observateur algérien dans une interview réalisée au siège de la chaîne de télévision, au Qatar.
 
La mission d'observation de la Ligue arabe, qui compte actuellement 165 membres sur place, est arrivée en Syrie le 26 décembre pour vérifier l'application du plan de sortie de crise accepté par Damas en novembre. Ce plan prévoit la libération des prisonniers politiques, le retrait des chars de l'armée des villes du pays,...
commentaires (2)

On ne peut que saluer le courage de cet observateur algérien qui reflète au moins la catastrophe humanitaire en Syrie et ou les autres 165 membres sur place ressemblent plutôt à de faux témoins . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

06 h 03, le 11 janvier 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • On ne peut que saluer le courage de cet observateur algérien qui reflète au moins la catastrophe humanitaire en Syrie et ou les autres 165 membres sur place ressemblent plutôt à de faux témoins . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    06 h 03, le 11 janvier 2012

  • - - Les autorités Syriennes devraient les jeter comme une éponge , à ces soi disant observateurs espions arabes , avant qu'ils ne se vantent , comme le fait l'algérien , de jeter l'éponge avec des excuses et de faux prétextes déclarés comme par hasard , sur la chaîne al-jazeera . Ce monsieur aurait pu et du faire son travail , pour lequel il a été envoyé en Syrie , celui de faire officiellement son rapport , au lieu de fuir en racontant qu'il a jeté l'éponge parce qu'il ne soutenait plus les atrocités et les scènes d'horreurs à Homs !! C'est téléphoné et cousu de fils blancs ..

    JABBOUR André

    05 h 53, le 11 janvier 2012

Retour en haut