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À La Une - Revue De Presse

Assad « coupé de la réalité » comme l'était Kadhafi

Arrogant, décevant, buté ...Le discours du président syrien décrypté par les médias arabes.

Une photo d’archives montrant Assad accueillant Kadhafi, lors de l’ouverture du sommet arabe de mars 2009, à Damas. Jamal Saidi/

De nombreux journaux arabes se sont attardés mercredi sur le ton « arrogant » et le contenu « décevant » du discours prononcé hier par le président syrien Bachar al-Assad – le quatrième depuis le déclenchement de la révolte en mars dernier.

Dans un éditorial publié mercredi dans le journal panarabe Asharq al-Awsat, l’écrivain Tarek al-Hamid estime que le discours d’Assad montre « à quel point » le chef d’Etat syrien est « coupé de la réalité ». « On dirait que l’homme vit dans son propre monde, tout comme (l’ex-dirigeant libyen Mouammar) Kadhafi », écrit-il. « Il est encore plus coupé de la réalité que lui. La preuve en est qu’il a appelé les Arabes à garder le silence sur les crimes commis par son régime, poursuit l’éditorialiste. Cette mentalité hypocrite – aussi vieille que le régime baasiste - n’a plus de place dans ce monde. »

Selon lui, le président Assad a voulu, à travers son apparition publique hier, prouver aux Syriens qu’il « n’a pas quitté le pays, en dépit de sa longue absence ». « En insistant plus d’une fois sur l’existence d’un complot étranger visant à déstabiliser son régime, (M. Assad) semblait vouloir lancer un appel à l’aide, écrit encore M. Hamid. (…) (Assad) est conscient qu'en raison de son isolement régional, il risque d’être renversé par un coup d’Etat qui pourrait survenir bientôt ». « Ce discours n’est qu’une version plus développée du fameux discours de Kadhafi lorsqu’il avait promis de poursuivre les ‘terroristes’ dar dar, zenga zenga (maison par maison, ruelle par ruelle) », ajoute-t-il.

 

Toujours dans Asharq al-Awsat, le journaliste égyptien Imad Eddine Adib dénonce de son côté l’« arrogance » du président syrien qui a affirmé que « la Ligue arabe ne peut survivre sans la Syrie, le cœur de l’arabisme ». « Ce ton arrogant est le même qui avait été employé par Néron, Hitler, Mussolini, Pinochet, Mobutu, Saddam, Ben Ali et Kadhafi, souligne M. Adib. Tous ont connu une mort atroce et ont fait payer un prix très lourd à leur peuple ». « Il est désormais clair, à la suite de ce discours, que le cas du régime syrien est complètement désespéré », ajoute-t-il.

 

Un avis que partage le journaliste libanais Wissam Saadé dans le quotidien al-Moustakbal. Selon lui, le président syrien « qui sait parfaitement qu’il doit démissionner et quitter le pays, s’obstine avec arrogance ». « Son message est clair : il n’est absolument pas prêt à abandonner le pouvoir, écrit M. Saadé. Il n’est d’ailleurs même pas prêt d’affirmer, comme l’ont fait les autres dirigeants arabes qui étaient dans la même position que lui, qu’il n’existe pas de ‘présidence à vie’. (…) Pense-t-il sérieusement que son régime sera épargné par le vent du changement qui a ébranlé les autres régimes (dictatoriaux) ? »

 

Même opinion du côté de l’analyste libanais Fawaz Traboulsi qui estime dans un article publié dans As-Safir que le discours du président syrien était « décevant » et « n’a rien apporté de nouveau ». « Au contraire, écrit-il, le discours était long, redondant, buté et arrogant ».

 

Ce discours (plus de 10 000 mots) a d’ailleurs été décrypté par le site d’informations jordanien « Al-Madina News » qui affirme que le président Assad a « battu le record de Mouammar Kadhafi » en terme de longueur (99 minutes contre 76). Toujours selon le site, le président syrien a utilisé le mot « arabité » 40 fois, alors que le mot « réforme » a été répété 35 fois, « une fois de plus que lors de son dernier discours ». Le troisième terme le plus utilisé est « Ligue arabe » (28 fois), suivi par « Etat d’urgence » (12 fois).

Quant aux applaudissements qui ont entrecoupé son discours, le site note une baisse par rapport aux discours précédents. Hier, l’audience a interrompu ses propos 17 fois contre 44 lors de sa première intervention publique depuis le début de la crise.

 

Du côté des journaux syriens, la plupart des éditoriaux parus ce matin étaient – sans surprise – consacrés au caractère « historique » du discours. Le quotidien gouvernemental « Al-Baas » a fait les louanges du président, saluant son « courage » et sa « franchise ». « Le président a présenté une lecture très importante et historique de la situation générale du pays (…), affirme le quotidien du parti au pouvoir. (…) Son engagement envers le peuple syrien et le monde arabe a tué le grand complot qui visait la Syrie ».

Ce complot, souligne pour sa part le journal Techrine, vient de « ceux qui se font appeler ‘l’opposition de l’étranger’ », en allusion au Conseil national syrien (CNS), dirigé par Bourhan Ghalioun. « Ces gens-là ont réagi au discours du président en appelant à une intervention étrangère contre la Syrie, écrit le journal. (…) Ils refusent tout dialogue et ne font que propager la discorde via les chaînes de télévision satellitaires et encourager les terroristes à mener davantage d’attaques contre le peuple syrien ».

 

 

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Dans un éditorial publié mercredi dans le journal panarabe Asharq al-Awsat, l’écrivain Tarek al-Hamid estime que le discours d’Assad montre « à quel point » le chef d’Etat syrien est « coupé de la réalité ». « On dirait que l’homme vit dans son propre monde, tout comme (l’ex-dirigeant libyen Mouammar) Kadhafi », écrit-il. « Il est encore plus coupé de la réalité que lui. La preuve en est qu’il a appelé les Arabes à garder le silence sur les crimes commis par son régime, poursuit l’éditorialiste. Cette mentalité hypocrite – aussi vieille que le...
commentaires (2)

Assad, ou Kadhafi,les dirigeants arabes sont tous pareils .Ils sont coincés en permanence dans une attitude hypocrite. Ce sont des menteurs, profiteurs, et assassins. Ils cultivent l’enseignement de la haine et le désespoir chez eux et d’autres part ils prétendent vouloir combattre le terrorisme et l’intégrisme devant les occidentaux. Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

06 h 50, le 11 janvier 2012

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Commentaires (2)

  • Assad, ou Kadhafi,les dirigeants arabes sont tous pareils .Ils sont coincés en permanence dans une attitude hypocrite. Ce sont des menteurs, profiteurs, et assassins. Ils cultivent l’enseignement de la haine et le désespoir chez eux et d’autres part ils prétendent vouloir combattre le terrorisme et l’intégrisme devant les occidentaux. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    06 h 50, le 11 janvier 2012

  • Chers messieurs blottis derrière le titre "revue de presse", Plus vous proposerez des photos de ce genre que tout le monde peut produire sur tout le monde...- et plus vous essayerez de faire cette association entre LE président Assad et ce qu'il représente d'honorable pour région et notre Nation, et ces "Bandits obscurantistes" si proches des occidentaux genre Gheddafi, Ben ali, moubarak, émirs et rois arabes, plus vous vous éloignez de la Réalité au profit d'une propagande qui servent les projets de QUI nous savons bien.

    Ali Farhat

    06 h 01, le 11 janvier 2012

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