Jusqu'ici relativement épargné par le cycle des violences qui agite le pays, Damas ressemble à une ville morte quand la nuit tombe. Joseph Eid/
Un climat de peur s'est installé à Damas depuis les attentats qui ont fait au moins 70 morts dans la capitale syrienne les 23 décembre et 6 janvier. Jusqu'ici relativement épargné par le cycle de manifestations et de répression qui secoue depuis dix mois les autres villes et ses propres faubourgs, Damas ressemble à une ville morte quand la nuit tombe.
Les rues, d'ordinaire animées, et les cafés bondés de la ville, sont désertés au crépuscule par les habitants qui se dépêchent de regagner leurs domiciles, racontent des témoins contactés de Beyrouth, faute d'accès indépendant au territoire syrien. Des célèbres cafés comme Havana ou al-Rawda, où les clients se pressaient pour trouver un siège, sont déserts.
"En dépit du calme apparent, la peur s'est répandue dans Damas. On peut sentir de la crainte et de la nervosité sur les visages", affirme un habitant. "On dirait une ville fantôme après sept heures du soir. Peu de gens sortent et il y a une forte présence policière. C'est sinistre."
"Des journées entières peuvent passer sans un seul client", déplore le propriétaire d'un magasin de vêtements rue Hamra, en plein cœur de cette capitale de plus de quatre millions d'habitants.
"Ils veulent nous effrayer"
Les habitants redoutent que la violence empire alors que la révolte contre le président Bachar el-Assad est toujours plus sanglante. "J'ai peur aujourd'hui, plus qu'avant. Je ne sais pas quand ni où se produira la prochaine explosion", confie un Damascène nommé Adel. "Une explosion peut arriver n'importe où. Les gens ne se rendent plus visite comme ils en avaient l'habitude. Ils ne sortent que s'ils sont obligés."
Un commerçant du nom de Ghassan raconte que les habitants de son quartier sont convaincus que les récents attentats, qui ont chaque fois eu lieu un vendredi, sont un moyen employé par les autorités pour dissuader les manifestants anti-Assad de sortir dans les rues à l'occasion de la journée de prières. "Ils veulent nous effrayer", dit-il.
Nisrine, qui accompagne désormais sa fille à l'école, déclare ne plus dormir depuis les attaques. "On se sent tous visés. Ceux qui sont pour Assad, ceux qui sont contre lui, ou ceux qui ne prennent pas parti".
Les commentateurs mettent en garde contre le risque que les violences accrues constatées ces dernières semaines ne débouchent sur un affrontement inter-religieux entre la majorité sunnite et la minorité alaouite qui tient les rênes du pouvoir. Des divisions religieuses déjà ressenties à Damas.
"J'habite dans un immeuble avec des chrétiens, des alaouites et des sunnites. On a arrêté de boire le café ensemble le matin", déclare une femme, Oumm Adel. "Jusqu'ici, il n'y a pas de haine entre nous, mais je sais que ma voisine alaouite a peur de moi et maintenant, elle m'ignore. Et moi je n'essaie plus de lui parler", dit-elle.
Les rues, d'ordinaire animées, et les cafés bondés de la ville, sont désertés au crépuscule par les habitants qui se dépêchent de regagner leurs domiciles, racontent des témoins contactés de Beyrouth, faute d'accès indépendant au territoire syrien. Des célèbres cafés comme Havana ou al-Rawda, où les clients se pressaient pour trouver un siège, sont déserts.
"En dépit du calme apparent, la peur s'est répandue dans Damas. On peut sentir de la crainte et de la...


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