Ce privilège est offert pour la première fois grâce à une mise en valeur inédite des tableaux de Gustave Caillebotte et des photographies de Martial Caillebotte, les deux frères portant le même regard sur leur société, ses loisirs, son art de vivre, ses mutations, au point de devenir les témoins virtuoses de leur époque. Ainsi se déclinent, d’un salon à l’autre, sous le pinceau coloré, précis et éclatant de vitalité de Gustave Caillebotte, ses sujets de prédilection, voiliers, canotiers et baigneurs, mais aussi les scènes tranquilles des grands boulevards haussmanniens, comme autant d’instantanés peints ou photographiés: un couple dans une rue de Paris par temps de pluie, des peintres en bâtiment, une vue plongeante sur un carrefour, une place-refuge avec des réverbères et des silhouettes solitaires, des scènes d’un intérieur bourgeois, familial, où la lecture et les repas s’accomplissent en silence, dans l’ombre trouée d’un éclat de lumière sur les verres en cristal. Les différentes salles de l’exposition reflètent tour à tour le bleu de la Seine où glissent les voiliers, le vert de l’Yerre bordé d’arbres, à l’heure de la pêche à la ligne; elles baignent dans le clair-obscur d’un appartement parisien avec ses riches tentures ou répercutent l’agitation fébrile des régates d’Argenteuil. Ici, l’on suit les courbes de l’allée du Petit-Genevilliers entre feuillages et soleil reflétés au sol, là, le visiteur se laisse transporter devant un bosquet de roses, dans des jardins où les femmes sont discrètes et sereines. En toute occasion, l’œil photographique de Martial accompagne la palette de son frère. Il immortalise Gustave dans sa serre ou dans son jardin, retient les êtres et les choses, les membres de la famille, la pêche, la baignade, les promenades, les voyages en automobile, les locomotives qui transforment le paysage. Cette complicité touchante, complémentaire et artistiquement accomplie, entre les deux frères, entraîne le visiteur à leur suite dans Paris, sur le balcon de l’appartement qu’ils partagent jusqu’au mariage de Martial, auprès de leurs amis et de leurs proches, et dans leur propriété du Petit-Genevilliers sur les bords de la Seine, idéale pour le yachting, passion que les deux frères partagent jusqu’à la mort de Gustave en 1894. Les deux frères se représentent aussi dans leur environnement familier, en tant que peintre (Autoportrait au chevalet) ou compositeur (Martial au piano).
Gustave Caillebotte savait reproduire à merveille «la poésie du temps qui passe», cette marque de l’impressionnisme. Mécène de ses amis peintres, particulièrement lié à Auguste Renoir, qu’il désigne comme son exécuteur testamentaire, il fut un immense artiste qui sut capter aussi bien les scènes de plein air caractéristiques de l’impressionnisme, que les ombres et les fractures de la vie citadine. Le modernisme de ses toiles montrant les transformations des boulevards haussmanniens, les hommes et les femmes qui les arpentent comme des ombres fugaces et solitaires, ainsi que la reproduction du pont métallique de l’Europe demeure sans égale. La précision et la densité du trait confèrent à ses tableaux un réalisme inhérent à la photographie que pratiqua son frère, dont la sensibilité fait écho à la sienne.
À la mort de Gustave, Martial s’est battu (avec Renoir) pour que l’État accepte son legs de tableaux impressionnistes qui furent exposés une première fois au Musée du Luxembourg. Quant à l’œuvre immense de Caillebotte, elle reste encore à découvrir; ses toiles, rayonnantes de lumière et de joie de vivre, accrochent toujours les regards
émerveillés.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ce privilège est offert pour la première fois grâce à une mise en valeur inédite des tableaux de Gustave Caillebotte et des photographies de Martial Caillebotte, les deux frères portant le même regard sur leur société, ses loisirs, son art de vivre, ses mutations, au point de devenir les témoins virtuoses de leur époque. Ainsi se déclinent, d’un salon à l’autre, sous le pinceau coloré, précis et éclatant de vitalité de Gustave Caillebotte, ses sujets de prédilection, voiliers, canotiers et baigneurs, mais aussi les scènes tranquilles des grands boulevards haussmanniens, comme autant d’instantanés peints ou photographiés: un couple dans une rue de Paris par temps de pluie, des peintres en bâtiment, une vue plongeante sur un carrefour, une place-refuge avec des réverbères et des silhouettes solitaires, des...
Merci madame pour votre article qui souligne bien le propos de l'exposition. Seul regret, il arrive un peu tard, l'exposition s'est terminée Lundi 11 juillet. Gabrielle Andries, spécialiste de Martial Caillebotte et assistante de M. Lemoine commissaire de cette exposition.
10 h 02, le 13 juillet 2011