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Culture

Alain Plisson et ses oiseaux porteurs de message

Spectacle « La Conférence des oiseaux », le spectacle présenté à l'espace Tournesol jusqu' au 15 mai, est une adaptation théâtrale signée Jean-Claude Carrière et une mise en scène d'Alain Plisson.
03/05/2011
Il est infatigable cet artisan du théâtre que le public francophone avisé connaît depuis des années. À chaque représentation, c'est un nouveau «don de soi renouvelé» qu'Alain Plisson offre à son public. Et ce dernier le sent bien dans la reprise de La Conférence des oiseaux, du poète persan Farid Uddin Attar. «Ce spectacle est un appel à la convivialité et à l'amitié, au désir de composer une société unie, en tenant compte de la diversité et de la richesse de ses différentes cultures.»
Le conte commence avec le voyage d'une nuée de volatiles, émanation des esprits humains, qui vivent chacun séparés, oubliant l'existence des autres. Jusqu'au jour où, poussés par une huppe, ils devront, au prix de mille péripéties, traverser les plaines et le désert brûlant, pour trouver le fantastique roi Simorgh. Une pièce bien travaillée, divisée en deux parties: le dialogue entre ces oiseaux et le voyage à travers le désert. «Jean-Claude Carrière a davantage développé la partie du voyage où toutes les histoires, comme celles du phénix, du derviche tourneur, du mendiant, se déroulent en cours de route, et c'est cela que j'ai décidé de reproduire aujourd'hui», avoue Plisson. À l'instar d'autres contes orientaux, le récit est émaillé d'anecdotes, de paroles de saints et de fous, interprété par seize jeunes acteurs dynamiques « qui ne sont pas tous des professionnels », mais qui ont cependant réussi à faire passer les messages et à révéler les secrets de cette poésie soufie riche en valeurs et en émotions. Car des messages, il y en a dans les dialogues de ces hommes-oiseaux qui symbolisent chacun un comportement ou un défaut. Il y a d'abord l'égoïsme de ces oiseaux, qui sont «tellement centrés sur eux-mêmes qu'ils ne cherchent même plus à savoir pourquoi ils sont sur terre». Il y a ensuite la faiblesse et l'incertitude de ces êtres qui hésitent et offrent chacun une excuse, incapables de poursuivre le voyage. Il y a surtout cette spiritualité présente dans ces textes, puisque le but est d'aller «à la recherche de leur roi, en fait à la recherche d'eux-mêmes, de ce qu'il y a de vrai en chacun. Dieu a mis en eux une âme. Le corps disparaît et l'âme demeure, c'est cela qui est beau, c'est cela qu'ils vont finir par découvrir», affirme Plisson. Et pour que le spectateur puisse «entrer» dans le jeu, vivre ce voyage et la souffrance de ces oiseaux, Plisson a délibérément choisi un décor épuré, sur fond de rideaux noirs. Il a simplement jeté au sol, sur des espaces surélevés, des tapis persans, pour représenter les sept vallées que doivent traverser les oiseaux.
Quant aux costumes, c'est une fois de plus le metteur en scène qui les a dessinés et confectionnés, reproduisant l'ambiance irano-orientale de cette pièce, le tout enrobé d'une musique de percussions persanes qui accompagne ce voyage jusqu'en Extrême-Orient. Un spectacle chaleureux, profond, illustré d'images légères et agréables, où le spectateur n'en sortira que plus heureux.

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