Une vue de la rencontre.(DR)
Un historique de la littérature libanaise, et notamment du roman, devait être magistralement brossé ensuite par Farouk Mardam bey. Soulignant l'influence de l'œuvre de Gibran Khalil Gibran sur les débuts du roman libanais et notamment de son ouvrage Les ailes brisées, l'éditeur cite les auteurs majeurs de la première moitié du XXe siècle : Maroun Abboud, Mikhaïl Neaymé, des femmes pionnières comme Leyla Baalbaki, Émilie Nasrallah et, dans les années 60, Youssef Habchi el-Achkar. La guerre libanaise fut un tournant. «Les auteurs libanais y ont acquis une conception tragique de l'histoire et ont rompu avec l'image du Liban, pays de cocagne, véhiculée par leurs pères. Ils ont osé transgresser les tabous religieux, politiques, sociaux, qui étaient dominants avant la guerre, et ils ont porté attention aux détails de la vie quotidienne. Ce faisant, ils ont rénové la langue arabe elle-même», a déclaré Mardam bey. «On peut dire que le roman libanais a accédé à la maturité dans la douleur et le désarroi.» Il a souhaité que les grandes maisons d'édition françaises s'ouvrent au foisonnement de la littérature arabe contemporaine.
Tour à tour, les auteurs invités devaient ensuite communiquer leur propre lecture du roman libanais contemporain, avant de présenter leurs derniers ouvrages. L'influence déterminante de la guerre devait clairement ressortir de leurs analyses respectives, à travers un questionnement sur la violence, l'identité, le rapport aux autres et à la terre.
Proverbes et paramètres
Un court intermède musical devait permettre à Roula Safar, étonnante mezzo-soprano, de dévoiler la pureté de sa voix à travers un bouquet musical comprenant des poèmes de Vénus Khoury-Ghata, de Georges Shéhadé, mais aussi un texte sacré relatif à Ishtar, déesse assyrienne, ainsi que deux chants baroques du XVIIe siècle, tout en s'accompagnant elle-même à la guitare et à la percussion.
La deuxième partie de la soirée s'est traduite par la présentation de deux ouvrages. Le premier, Les proverbes de ma mère, de Hana Samadi-Naaman, fruit d'un travail de sept ans, au cours desquels l'auteur a recueilli 3344 proverbes libanais. Le 2e ouvrage n'est plus à présenter: Les paramètres d'Hérodote ou les identités culturelles collectives, de Bahjat Rizk, attaché culturel de la délégation libanaise à l'Unesco.

