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Culture - Correspondance

La musique sacrée des maronites à l’honneur à l’Unesco

C'est à un passionné de musique sacrée, le père Louis Hage, de l'Ordre libanais maronite (OLM), qu'un hommage a été rendu à la maison de l'Unesco à Paris, à l'invitation de Sylvie Fadlallah, déléguée permanente du Liban auprès de cette instance.

Sylvie Fadlallah entourée des RRPP Fouad Zouein et Badih el-Hajj.

La cérémonie s'est déroulée en présence des ambassadeurs de Syrie, d'Irak, de Pologne, de l'observateur du Saint-Siège auprès de l'Unesco, Mgr Francesco Follo, de Mgr Brossolette, vicaire général de l'Ordinariat pour les catholiques de rite oriental en France, des religieuses de Saint-François Xavier et des membres de la communauté libanaise à Paris. Celui qui fut recteur de l'USEK, fondateur de l'institut de musicologie de l'UNSEK et directeur de sa chorale, était le grand absent de cette cérémonie organisée en son honneur par l'Association d'entraide franco-libanaise, présidée par le père Fouad Zouein (OLM), supérieur de la Maison Saint-Charbel à Suresnes. Retenu au Liban pour des raisons de santé, le père Louis Hage a mandaté le père Badih el-Hajj, docteur en musicologie de la Sorbonne comme lui et directeur de l'hôpital de Beit-Chabab, afin de prononcer en son nom l'allocution préparée pour l'occasion.
Tour à tour, l'ambassadrice Fadlallah, le père Fouad Zouein et Mme Claude Achkar, auteur d'une biographie du père Louis Hage, devaient prendre la parole pour honorer le travail accompli par le grand musicologue. Avec la passion qui caractérise les novateurs et les réformateurs, le père Hage a renouvelé et restructuré le chant maronite traditionnel et le patrimoine musical syriaque antiochien. Comme l'a souligné Mme Fadlallah, « il est parti de la tradition ancestrale maronite, une des plus anciennes traditions musicales au monde, et l'a structurée pour en faire une discipline à part entière ». « On n'écrira plus l'histoire du chant maronite sans passer par le père Louis Hage », devait affirmer pour sa part le père Zouein.
La projection d'un film a suivi. Réalisé par Claude Achkar et retraçant la vie et l'œuvre du père Hage, à la fois poète et musicologue (25 ouvrages et plus de 40 CD), grand prix de l'Académie française pour le rayonnement de la langue française, il devait rendre plus familière au public la figure de cet homme inspiré. Et, pour mieux identifier son œuvre musicale, le musicien Imad Morcos a fait vibrer la salle aux accents du qanun, sur des notes de chants maronites.
Prenant ensuite la parole au nom du principal concerné, le père Badih el-Hajj a présenté un brillant exposé sur le chant maronite traditionnel, illustré par des séquences musicales où l'on reconnaissait les principales pièces du répertoire spirituel syriaque maronite. On peut repérer cinq groupes bien distincts du chant maronite : le chant syro-maronite, le chant syro-maronite arabe, les mélodies improvisées, les mélodies étrangères et les mélodies personnelles. Soulignant que « le groupe syro-maronite est le chant maronite par excellence et remonte dans sa majorité au 1er siècle du christianisme », le père Louis Hage précise que ce chant se transmet oralement. « La transmission orale du chant syro-maronite ne se fait pas de maître à élèves, d'après des méthodes pédagogiques, mais d'emblée au milieu de l'assemblée liturgique qui chante. C'est en se mettant à chanter avec l'assemblée que progressivement on apprend ce chant », ajoute-t-il.
Chant « archaïque », syllabique et monodique, d'une pureté et d'une beauté austères et quasi mystiques, le chant syro-maronite ne relève ni de la musique occidentale ni de la musique arabe, il leur est antérieur.
La mondialisation contribuera-t-elle à l'extinction de ce patrimoine millénaire exceptionnel ou bien permettra-t-elle sa préservation et sa diffusion par les moyens modernes ? La question, posée en conclusion de la conférence, sonne comme un cri d'alarme et interpelle les consciences.

La cérémonie s'est déroulée en présence des ambassadeurs de Syrie, d'Irak, de Pologne, de l'observateur du Saint-Siège auprès de l'Unesco, Mgr Francesco Follo, de Mgr Brossolette, vicaire général de l'Ordinariat pour les catholiques de rite oriental en France, des religieuses de Saint-François Xavier et des membres de la communauté libanaise à Paris. Celui qui fut recteur de l'USEK, fondateur de l'institut de musicologie de l'UNSEK et directeur de sa chorale, était le grand absent de cette cérémonie organisée en son honneur par l'Association d'entraide franco-libanaise, présidée par le père Fouad Zouein (OLM), supérieur de la Maison Saint-Charbel à Suresnes. Retenu au Liban pour des raisons de...
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