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Culture - Correspondance

« The Priests » à «L’Orient-Le Jour»: Un message d’espérance grâce à la musique

La longue file d'admirateurs attend patiemment, CD en main, tandis qu'elle écoute les voix graves et sereines entonner le « Te Deum » dans les haut-parleurs de La Procure. La grande librairie catholique de la rue de Mézières est en effervescence. Elle attend le trio de chanteurs le plus étonnant qui soit.

Notre collaboratrice, Carole Dagher, en compagnie des «Priests».

Ils arrivent bientôt, tout sourire, dans leur tenue noire et leur col blanc reconnaissable entre mille, saluent les personnes présentes et prennent place pour une séance de signature de leur nouvel album.
Ils sont trois prêtres catholiques, le père Eugen O'Hagan, son frère Martin et leur ami d'enfance, David Delargy, venus de leur verte et douce Irlande natale, de leur diocèse de Down et Connor où ils officient. Deux voix de ténors et une voix de baryton qui ont conquis le monde avec un premier CD vendu à 2 millions d'exemplaires dans 40 pays en six mois, et figurant déjà dans le Guinness des records comme premier album classique le plus vendu et nominé au Classical Brit Award.
Ils sont en tournée parisienne pour 24h, rançon de leur succès foudroyant. En l'espace d'un an, leur vie de curés de paroisses tranquilles dans la campagne irlandaise a été bouleversée par le succès mondial de leur aventure musicale. Célébrés comme des vedettes internationales, ceux qui sont désormais connus comme « The Priests » (du nom de leur 1er album) ont été propulsés sur le devant de la scène médiatique en un temps record. Ce soir, ils viennent signer leur 2e album, Harmony, qui sort à un mois de Noël.
Après les médias et la télévision anglo-saxonne, la presse française s'emballe à son tour. Elle les érige au rang de «pop stars », parle du contrat impressionnant, digne des plus grandes stars du rock, que la maison de disques Sony-BMG leur a signé (2 millions de dollars) sur les marches de la cathédrale de Westminster, et salue les « voix angéliques » de ces prêtres qui ont battu des records de vente en prêchant la Bonne Nouvelle en musique.
Grands classiques de Noël, comme Panis Angelicus, Minuit chrétien, Holy Night, Hacia Belen, et chants religieux puisés dans le patrimoine mondial, irlandais et classique (l'Ave Maria est d'une beauté, mais aussi Pie Jesu, le Benedictus, le Te Deum ou encore ce psaume bouleversant dont Sibelius avait composé la musique, Be Still My Soul), «The Priests» ont enregistré leur premier CD avec les chanteurs de la basilique Saint-Pierre du Vatican. On se souvient que le pape Jean-Paul II n'avait pas hésité à enregistrer lui-même un CD pour les besoins de la cause. Benoît XVI sera-t-il sensible à cette forme d'engagement religieux dans le monde ?
Qu'ils chantent a cappella ou avec les Orchestres philharmoniques d'Irlande ou de Rome, il faut se laisser porter par la pureté de leurs voix et toucher sensoriellement ce quelque chose de transcendant qui habite leur chant et qui s'appelle la grâce, cette « amazing grace » qu'ils interprètent sobrement.
Pour L'Orient-Le Jour, ils se sont laissés enlever de leurs sièges de signature et emmener dans le bureau du PDG de La Procure, Jean-François Rod, un homme convivial qui ne cache pas son enthousiasme pour avoir ouvert à Beyrouth une branche de La Procure en association avec la Librairie orientale.

« Rester proches de nos paroissiens »
Les pères Eugen, Martin et David se plient aux exigences de la promotion de leur nouveau CD avec une simplicité de pasteurs, un peu étourdis par tout ce succès et le battage médiatique qui l'accompagne. Sont-ils conscients du charisme qu'ils dégagent ? C'est un mélange de douceur, de joie et de disponibilité aux autres.
Le succès a-t-il changé leur vie ? Sont-ils encore disponibles pour leurs paroissiens? «Martin a été transféré dans une paroisse plus proche de Belfast », répond en riant son frère Eugen. «Notre emploi du temps est devenu plus chargé aussi. La musique et notre travail paroissial se partagent notre planning. Nous avons besoin d'être proches et disponibles pour nos paroissiens. Le contrat avec Sony était spécifique: pour continuer à remplir notre fonction de prêtres, nous avons exigé de ne consacrer que quatre jours par mois à la promotion (des disques).»
Un véritable défi à tenir: depuis le succès de leur 1er album, «The Priests» ont voyagé en Europe, aux États-Unis, au Canada et à Sidney, en Australie, en l'espace d'un an.
Le début de l'aventure
«Tout a commencé quand un représentant d'une maison de disques a contacté mon frère Martin disant qu'il était à la recherche d'un prêtre pour chanter une messe en latin, raconte père Eugen, qui semble être un peu le porte-parole du trio. Il nous a donné rendez-vous à Belfast, nous a écoutés tous les trois, séparément puis ensemble, et, deux jours plus tard, nous a contactés pour nous proposer un contrat. »
L'enregistrement de l'album s'est fait au Vatican, avec la participation du chœur de l'Académie philharmonique de Rome, et le succès a été immédiat. Les trois prêtres avaient connu le pape Jean-Paul II quand ils étaient étudiants à Rome. « Nous espérons rencontrer Sa Sainteté Benoît XVI », précise le père Martin.

« Notre mission s'est élargie »
Comment gèrent-ils leur renommée et que leur a-t-elle apporté en tant que prêtres ? Ils répondent qu'ils ne s'attendaient pas à ce que leur aventure prenne une telle envergure.
Sur le plan matériel, les royalties tirées de leur album sont entièrement versées à un fonds qu'ils ont créé, «The Priests Charitable Trust», ayant pour mission de venir en aide aux prêtres démunis, qui sont à la retraite dans leur diocèse en Irlande, de financer les soins aux enfants malvoyants du tiers-monde, d'aider les sans-abri et, enfin, de promouvoir l'éducation. C'est ainsi qu'ils construisent déjà une école au Cambodge, en Ouganda, en Thaïlande.
Sur le plan spirituel, « la musique a toujours fait partie de notre existence, précise le père David, mais, à ce niveau, elle a élargi notre mission et notre engagement dans le monde en tant que prêtres. »
«La musique est un pont entre nous et le monde, elle nous permet de délivrer un message d'espérance et de paix, renchérit le père Martin. Ce qui est beau, c'est cette ouverture qu'elle permet. La musique touche tout le monde. Nous rencontrons des gens qui ne partagent pas notre foi, et même des gens qui n'ont jamais rencontré de prêtre. C'est une conséquence heureuse de ce que nous faisons. Dans ce voyage de la foi, nous avons juste posé un jalon. Avec la musique, nous espérons apporter de la joie, de l'espoir et rendre grâce à Dieu. »
Leurs plans d'avenir ? Des concerts en Europe, le 4 juin à Paris, à l'église de la Madeleine, puis à Madrid. Et d'autres lieux encore...
Et le Liban ? Ils sourient chaleureusement, l'idée leur plaît.
Pour le reste, comme dit le merveilleux proverbe irlandais qu'ils chantent avec ferveur: «Jusqu'à notre prochaine rencontre, que Dieu te tienne dans le creux de sa main. »
Ils arrivent bientôt, tout sourire, dans leur tenue noire et leur col blanc reconnaissable entre mille, saluent les personnes présentes et prennent place pour une séance de signature de leur nouvel album.Ils sont trois prêtres catholiques, le père Eugen O'Hagan, son frère Martin et leur ami d'enfance, David Delargy, venus de leur verte et douce Irlande natale, de leur diocèse de Down et Connor où ils officient. Deux voix de ténors et une voix de baryton qui ont conquis le monde avec un premier CD vendu à 2 millions d'exemplaires dans 40 pays en six mois, et figurant déjà dans le Guinness des records comme premier album classique le plus vendu et nominé au Classical Brit Award. Ils sont en tournée parisienne pour 24h, rançon de leur...
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