Les sources diplomatiques arabes affirment que les développements en Iran ne sont donc pas à prendre à la légère et que désormais, « le ver est dans le fruit », ou si on veut être plus positif, le processus est déclenché, et il serait irréversible. Ce ne serait donc plus qu'une question de temps, avant que le changement ne se traduise concrètement dans la politique générale du pays. Les mêmes sources ajoutent que le Hezbollah a pris note de ce qu'on qualifie pour l'instant de « changement d'humeur populaire » en Iran, et il suit de très près l'évolution de la situation dans ce pays. D'autant qu'au plus fort des manifestations des opposants, certaines voix se sont élevées pour réclamer la suspension de l'appui au Hezbollah sous prétexte que le pays traverse une grave crise économique et que les efforts doivent se concentrer sur la scène intérieure, au lieu d'appuyer le Hezbollah et le Hamas ou d'autres mouvements étrangers. Les mêmes sources précisent qu'en dépit des déclarations rassurantes et confiantes des dirigeants du parti, celui-ci aurait pris brusquement conscience des conséquences d'un changement éventuel dans la politique iranienne à son égard. Bien entendu, la dimension religieuse n'est pas remise en question, mais plutôt l'ampleur des aides et de l'appui sous toutes ses formes de la République islamique au Hezbollah. Ses noyaux de réflexion étudieraient déjà des options de rechange, notamment davantage d'ancrage au Liban et dans le monde arabe. Toutefois, les sources diplomatiques arabes estiment que l'affaiblissement du régime iranien a des conséquences directes sur le Hezbollah, et vice-versa. Elles précisent donc que ce n'est pas un hasard si les rumeurs sur une éventuelle implication de ce parti dans l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri ont commencé à circuler simultanément avec le déclenchement de manifestations contestataires en Iran. Elles voient donc un lien entre la multiplication des rumeurs sur une réédition de l'article de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel et la situation en Iran. Il s'agirait du même plan visant à affaiblir ces deux forces : d'un côté, l'Iran serait empêtré dans ses problèmes internes, et de l'autre, le Hezbollah devrait se justifier devant les parties libanaises et internationales et assurer sa défense. Les sources diplomatiques arabes pensent qu'il n'y aurait pas véritablement une implication directe dans l'acte d'accusation du Tribunal spécial pour le Liban, annoncé dans les deux prochains mois, mais une simple convocation de cadres du Hezbollah (on parle de quatre personnes), dont les noms auraient été cités au cours des investigations. À ce sujet, le président de la Chambre Nabih Berry aurait récemment rencontré une personnalité européenne qui aurait abordé cette question avec lui. Très intéressé par le sujet, il aurait sollicité plus d'informations et il aurait obtenu une confirmation de cette hypothèse, ainsi que l'annonce que l'origine de l'information serait israélienne. Ce qui aurait augmenté son inquiétude, le poussant à recouper ainsi les thèses de Walid Joumblatt, sur « un second Der Spiegel ». Il aurait d'ailleurs aussitôt informé les parties concernées des éléments en sa possession. Les sources diplomatiques arabes concluent cet exposé en précisant que si le Hezbollah affirme ne pas craindre une guerre avec Israël dans le proche avenir, c'est une autre forme de guerre qu'il pourrait avoir à affronter, un encerclement à la fois interne et politique, le temps que les développements en Iran se précisent et que le TSL annonce sa couleur... Et le gouvernement dans tout cela ? Chaque partie choisit la cause qui lui convient, mais l'attente semble appelée à se prolonger.
Législatives : juin 2009 - Pour aller plus loin
L’Iran et l’affaiblissement du Hezbollah…
OLJ / Par Scarlett HADDAD, le 21 août 2009 à 00h00
Les sources diplomatiques arabes affirment que les développements en Iran ne sont donc pas à prendre à la légère et que désormais, « le ver est dans le fruit », ou si on veut être plus positif, le processus est déclenché, et il serait irréversible. Ce ne serait donc plus qu'une question de temps, avant que le changement ne se traduise concrètement dans la politique générale du pays. Les mêmes sources ajoutent que le Hezbollah a pris note de ce qu'on qualifie pour l'instant de « changement d'humeur populaire » en Iran, et il suit de très près l'évolution de la situation dans ce pays. D'autant qu'au plus fort des manifestations des opposants, certaines voix se sont élevées pour réclamer la suspension de l'appui au Hezbollah sous prétexte que le pays traverse une grave crise économique et que les efforts doivent se concentrer sur la scène intérieure, au lieu d'appuyer le Hezbollah et le Hamas ou d'autres mouvements étrangers. Les mêmes sources précisent qu'en dépit des déclarations rassurantes et confiantes des dirigeants du parti, celui-ci aurait pris brusquement conscience des conséquences d'un changement éventuel dans la politique iranienne à son égard. Bien entendu, la dimension religieuse n'est pas remise en question, mais plutôt l'ampleur des aides et de l'appui sous toutes ses formes de la République islamique au Hezbollah. Ses noyaux de réflexion étudieraient déjà des options de rechange, notamment davantage d'ancrage au Liban et dans le monde arabe. Toutefois, les sources diplomatiques arabes estiment que l'affaiblissement du régime iranien a des conséquences directes sur le Hezbollah, et vice-versa. Elles précisent donc que ce n'est pas un hasard si les rumeurs sur une éventuelle implication de ce parti dans l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri ont commencé à circuler simultanément avec le déclenchement de manifestations contestataires en Iran. Elles voient donc un lien entre la multiplication des rumeurs sur une réédition de l'article de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel et la situation en Iran. Il s'agirait du même plan visant à affaiblir ces deux forces : d'un côté, l'Iran serait empêtré dans ses problèmes internes, et de l'autre, le Hezbollah devrait se justifier devant les parties libanaises et internationales et assurer sa défense. Les sources diplomatiques arabes pensent qu'il n'y aurait pas véritablement une implication directe dans l'acte d'accusation du Tribunal spécial pour le Liban, annoncé dans les deux prochains mois, mais une simple convocation de cadres du Hezbollah (on parle de quatre personnes), dont les noms auraient été cités au cours des investigations. À ce sujet, le président de la Chambre Nabih Berry aurait récemment rencontré une personnalité européenne qui aurait abordé cette question avec lui. Très intéressé par le sujet, il aurait sollicité plus d'informations et il aurait obtenu une confirmation de cette hypothèse, ainsi que l'annonce que l'origine de l'information serait israélienne. Ce qui aurait augmenté son inquiétude, le poussant à recouper ainsi les thèses de Walid Joumblatt, sur « un second Der Spiegel ». Il aurait d'ailleurs aussitôt informé les parties concernées des éléments en sa possession. Les sources diplomatiques arabes concluent cet exposé en précisant que si le Hezbollah affirme ne pas craindre une guerre avec Israël dans le proche avenir, c'est une autre forme de guerre qu'il pourrait avoir à affronter, un encerclement à la fois interne et politique, le temps que les développements en Iran se précisent et que le TSL annonce sa couleur... Et le gouvernement dans tout cela ? Chaque partie choisit la cause qui lui convient, mais l'attente semble appelée à se prolonger.


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