Législatives : juin 2009 - Pour aller plus loin

Le déblocage attend le bon vouloir du tandem Damas-Téhéran

Pas d'éclaircie à l'horizon. L'axe syro-iranien continue à jouer sur les contradictions internes libanaises, mises au service de ses intérêts régionaux. Ainsi, Téhéran attend un arrangement sur son nucléaire en se gaussant des sanctions dont les Occidentaux le menacent. Sauf frappe militaire, exclue pour le moment, l'Iran ne changera pas de comportement, ni en Irak, ni en Palestine occupée, ni en Afghanistan, ni au Liban.

Et Damas n'est pas disposé à y mettre du sien, avant d'être rassuré pour ce qui est du tribunal international, plus précisément au sujet de l'acte d'accusation attendu dans les prochains mois. Le régime syrien ne modifiera pas non plus sa ligne de conduite, du moment qu'il sait que nul ne tentera de le balayer du tableau. On sait en effet que les autres régimes arabes, les modérés proches de Washington, défendent qu'on touche à ce régime par peur d'un effet boule de neige.
Le Liban a toujours été perméable aux bruines extérieures. Mais il s'en est rarement trouvé paralysé. Jadis, en effet, quand les puissances étrangères s'immisçaient dans ses affaires intérieures, c'était toujours pour faire pencher la balance interne en faveur d'un des camps en présence. Et non pour qu'ils se neutralisent réciproquement, statufiant le pays. Ainsi, en 1943, les Anglais ont eu raison des Français et leurs amis du cru ont pris le pouvoir. Londres a également soutenu, après les élections frauduleuses de 1947, l'opposition du Front progressiste libanais qui a réussi en 1952 à forcer le président Béchara el-Khoury à abdiquer. En 1958, les nassériens seraient sans doute parvenus à venir à bout du régime du président Camille Chamoun n'eût été l'intervention de la VIe flotte US. Les Américains, déçus par le président Fouad Chéhab, trop proche des Français à leurs yeux, ont appuyé le Helf tripartite et ses alliés, qui ont raflé la mise en pays chrétien aux élections de 1968. Et sans le soutien actif de la Syrie ainsi que d'autres pays arabes, les Palestiniens n'auraient pas pu s'incruster à partir de 1970, se forger un État dans l'État au Liban et provoquer la guerre de 1975. Inversement, ou collatéralement, les Israéliens n'auraient pas pu envahir le Sud en 1978 et Beyrouth en 1982 sans le feu vert et les encouragements pressants de Washington. De même, sans la pression occidentale, il est probable que la révolution du Cèdre n'aurait pas suffi à faire déguerpir l'occupant syrien, qui a pris sa revanche politique à Doha pour tout bloquer, comme on le constate encore avec la présente impasse ministérielle.
À ce propos, un haut dignitaire religieux se demande pourquoi l'on ne formerait pas le gouvernement avec cette majorité que les consultations parlementaires sont venues certifier derechef. Et pourquoi le pays ne retrouverait-il pas une vie démocratique normale, avec une majorité qui gouverne et une minorité qui s'oppose ? Un rôle de contestation qu'elle confirme elle-même avec éclat quand elle s'abstient de désigner une personnalité pour le poste de Premier ministre. En adoptant cette attitude négative, elle déroge encore une fois à la bonne règle. Car dans les pays à régime démocratique parlementaire, l'opposition prend toujours soin de faire acte de présence, de préciser qu'elle entend concurrencer la majorité en présentant un candidat, même si ses chances sont nulles. Ce respect du principe démocratique a été assumé jadis par Raymond Eddé face à Fouad Chéhab à l'issue des événements de 1958. Le Amid avait tenu à faire acte de candidature à la présidence de la République, bien que le général fût pratiquement désigné d'avance, par suite d'un accord parrainé aussi bien par Eisenhower que par Nasser.
Enfin, autre élément, encore plus important : en démocratie, qu'il y ait ou non coalition, le principe démocratique veut que l'on s'entende, avant dire droit, sur le cap à prendre, sur le programme du gouvernement. Et non, en priorité, sur les quotas et la répartition des portefeuilles.

Et Damas n'est pas disposé à y mettre du sien, avant d'être rassuré pour ce qui est du tribunal international, plus précisément au sujet de l'acte d'accusation attendu dans les prochains mois. Le régime syrien ne modifiera pas non plus sa ligne de conduite, du moment qu'il sait que nul ne tentera de le balayer du tableau. On sait en effet que les...