Dès lors, les gouvernements étrangers, dont celui des États-Unis, tentent de cerner la position du Liban par rapport aux formules de paix sous étude. Comme, et peut-être surtout, par rapport aux projets de certaines parties. Avant et après Hillary Clinton, plus d'un officiel américain a effectué une visite d'exploration à Beyrouth et l'on attend vendredi David Hale, bras droit de Mitchell, qui viendra lui-même avant la fin du mois. Et l'on se doute que cette échéance cruciale en termes d'orientation du Liban préoccupe les Américains, car, pour ce qui est des options libanaises concernant le dossier régional, il y a longtemps qu'ils sont fixés. Les officiels locaux n'ont jamais cessé de leur répéter que le Liban est attaché à l'initiative arabe forgée par Abdallah d'Arabie saoudite ainsi qu'aux préceptes de la conférence de Madrid et à la résolution 1701 de l'ONU, qui prévoit un mécanisme de négociation de paix. Il a également été redit aux Américains que le Liban refuse de conclure une paix séparée et rejette toute procédure qui ne serait pas placée sous l'égide de l'ONU, avec garantie des États-Unis, qui sont les seuls à pouvoir faire pression sur Israël.
Cette ligne libanaise, les Américains sont loin de la désapprouver. Mais ils craignent manifestement qu'elle ne se trouve modifiée, dans un sens négatif à leurs yeux, en cas de victoire des prosyriens aux élections du 7 juin. D'autres Occidentaux s'inquiètent également et dépêchent des missions d'observation pour s'assurer que le scrutin sera régulier, libre et sans intimidation.
À cet effet, le ministère de l'Intérieur envisage de suspendre les permis de port d'armes du 15 mai au 15 juin. Une mesure qui va de soi, surtout que des agressions visant les partisans d'un candidat libertaire se répètent tous les jours. D'autres postulants ont informé la commission de supervision électorale qu'ils ont été prévenus que leurs scrutateurs ne seraient pas autorisés dans des bureaux de vote déterminés. Situés, bien évidemment, au sein des fameuses cités interdites (à la police), également appelées périmètres ou îlots de sécurité.
Retour aux inquiétudes de l'extérieur. Elles se trouvent attisées, ces jours-ci, par les attaques de démolition de la justice, après d'autres menées contre diverses institutions. Ainsi que par les promesses, qui sont autant de menaces, que répandent les cadres du Hezbollah. Ils affirment en effet que tout ce que l'État libanais a pu réaliser, ou décider, sous l'égide du 14 Mars serait tout de suite annulé après une victoire du 8 Mars aux élections. Et surtout, actualité oblige, ils soutiennent que la libération des quatre généraux n'est pas le début mais bien la fin du TSL. Or, pour les démocraties, la question relève des fondamentaux quand il s'agit de traiter avec le Liban. Comme les loyalistes le soulignent, on voit mal comment une aide occidentale ou arabe modérée pourrait se porter vers un Liban qui aurait été happé par l'axe d'acier syro-iranien.


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