À Cannes, le rideau est tombé sur le cinéma ; chez nous, le voile se lève sur le cirque. Tous les quatre ans, même
spectacle, même guignolade : le concours « ma binette
partout » qui bat son plein sur les panneaux et les torchis, les clampins de la politique qui font leur numéro devant les
caméras, index levé pour un curetage express, et des
promesses comme s’il en pleuvait avec à la clé la certitude définitive d’améliorer le système solaire.
Comme d’habitude, on fera voter les morts en faisant tourner les tables, du moins celles que Mongénéral n’aura pas
renversées. Enfin, tradition oblige, et faute de pouvoir
bourrer les urnes because le regard indiscret des
observateurs internationaux, on achètera les voix des gueux. L’argent n’a peut-être pas d’odeur, mais il est des bulletins qui sentent beaucoup trop l’argent.
À Beyrouth, dimanche, pas de problème. Ne cherchez pas le programme, il n’y en a pas. Théoriquement, Barbichu devra mener sa liste les doigts dans le nez. Idem au Liban-Sud, mais avec beaucoup plus d’ambition sur le plan des idées, puisque Nasrallah et ses barbus drainent un système pileux plus consistant. On ne peut pas en dire autant chez les
imberbes des autres régions dont les cobayes se préparent à
voter dans un salmigondis sauce béchamel peu ragoûtant. Entre la bande à Kornet calfeutrée dans les soutanes, l’Amer Michel qui est bien le seul à trouver le peuple libanais
grandiose, et Murr Papa qui en revanche connaît le prix de chacun, les électeurs devraient à peu près être protégés du rire comme des larmes.
Finalement, le seul spectacle digne d’intérêt réside dans le salutaire coup de balai écartant quelques caciques calcifiés du landernau : le Tripolichinelle qui raccroche la tête basse pour échapper à la baffe électorale ; Zaher el-Khatib qui fait sa propre épitaphe, histoire de rappeler son existence ; Nasser Kandil, dont la lanterne a été soufflée par le dernier soldat syrien au moment où il claquait la porte.
Allez, on tire la chasse, on attend le flux et on n’en parle plus…
Gaby NASR
À Cannes, le rideau est tombé sur le cinéma ; chez nous, le voile se lève sur le cirque. Tous les quatre ans, même
spectacle, même guignolade : le concours « ma binette
partout » qui bat son plein sur les panneaux et les torchis, les clampins de la politique qui font leur numéro devant les
caméras, index levé pour un curetage express, et des
promesses comme s’il en pleuvait avec à la clé la certitude définitive d’améliorer le système solaire.
Comme d’habitude, on fera voter les morts en faisant tourner les tables, du moins celles que Mongénéral n’aura pas
renversées. Enfin, tradition oblige, et faute de pouvoir
bourrer les urnes because le regard indiscret des
observateurs internationaux, on achètera les voix des gueux. L’argent n’a peut-être pas d’odeur, mais il est des bulletins qui sentent...
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