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Politique - Justice

L’amnistie a ouvert la voie à la libération d’« Abou Omar » et du cheikh Oraymet

Les deux hommes ont été remis en liberté sans versement de caution par la Cour criminelle de Beyrouth, qui devrait, selon toute vraisemblance, clôturer mercredi les poursuites engagées à leur encontre.

L’amnistie a ouvert la voie à la libération d’« Abou Omar » et du cheikh Oraymet

Le cheikh sunnite Khaldoun Oraymet. Photo ANI

La Cour criminelle de Beyrouth, présidée par le juge Bilal Dennaoui, a ordonné, lundi, la remise en liberté sans versement de caution, de Moustapha Hessiane et du cheikh sunnite Khaldoun Oraymet, détenus dans le cadre de l’affaire dite « Abou Omar ».

Moustapha Hessiane, qui utilisait le pseudonyme d’Abou Omar, est soupçonné de s’être fait passer pour un membre de la cour royale saoudienne afin de convaincre des responsables politiques et des hommes d’affaires libanais qu’il pouvait intervenir en leur faveur auprès de l’Arabie saoudite, notamment pour obtenir des nominations ou des soutiens politiques, en échange de sommes d’argent. Le cheikh Khaldoun Oraymet était suspecté, quant à lui, d’avoir joué un rôle-clé en lui facilitant les contacts avec les personnalités concernées.

Jointe par L’Orient-Le Jour, une source judiciaire indique que les décisions de remise en liberté rendues, lundi, par la Cour criminelle de Beyrouth laissent entendre que les faits qui sont reprochés aux deux hommes entrent dans le champ d’application de la loi d’amnistie générale – entrée en vigueur le 15 octobre, après sa validation par le Conseil constitutionnel.

Arrêtés en décembre 2025, « Abou Omar » et le cheikh Oraymet auront passé dix mois en détention provisoire. En mai dernier, la chambre d’accusation de Beyrouth les avait renvoyés devant la Cour criminelle pour « atteinte aux relations avec un État étranger », en l’occurrence l’Arabie saoudite. L’article 288 du code pénal punit d’emprisonnement quiconque commet le « crime d’exposer le Liban au risque d’actes hostiles, troublant ses relations avec un État étranger ». Or, selon la source judiciaire interrogée, un tel acte est couvert par la loi d’amnistie générale, puisqu’il ne figure pas expressément parmi les infractions exclues de son champ d’application. Dès lors, estime cette source, la Cour criminelle n’aura plus à déterminer si les faits reprochés à Abou Omar et au cheikh Oraymet constituent effectivement des actes hostiles à un État étranger, dans la mesure où il s’agit d’infractions qui sont en tout état de cause couvertes par l’amnistie.

La même source note, par ailleurs, que les faits reprochés aux deux hommes ayant été commis avant le 1er mars 2026, ils remplissent la condition temporelle requise pour bénéficier de l’amnistie.

Délits amnistiés

La chambre d’accusation de Beyrouth avait en outre inculpé les deux hommes d’« usurpation d’identité » et de « manœuvres frauduleuses ». Ces infractions sont amnistiables, la loi couvrant les délits dans leur ensemble, puisqu’ils ne figurent pas parmi les exclusions.

Selon la source précitée, la Cour criminelle de Beyrouth devrait rendre mercredi une décision constatant que les faits reprochés aux deux hommes bénéficient de l’amnistie et prononçant, en conséquence, l’extinction de l’action publique engagée à leur encontre.

D’autres décisions de la Cour criminelle sont attendues prochainement, concernant de nombreuses affaires de délits et de crimes, notamment les dossiers de trafic de stupéfiants. Ces infractions entrent également dans le champ de l’amnistie lorsqu’elles ont été commises avant le 1er mars 2026, à condition que les personnes concernées ne soient pas en état de récidive, c’est-à-dire qu’elles n’aient pas fait l’objet de deux condamnations définitives.

La Cour criminelle de Beyrouth, présidée par le juge Bilal Dennaoui, a ordonné, lundi, la remise en liberté sans versement de caution, de Moustapha Hessiane et du cheikh sunnite Khaldoun Oraymet, détenus dans le cadre de l’affaire dite « Abou Omar ».Moustapha Hessiane, qui utilisait le pseudonyme d’Abou Omar, est soupçonné de s’être fait passer pour un membre de la cour royale saoudienne afin de convaincre des responsables politiques et des hommes d’affaires libanais qu’il pouvait intervenir en leur faveur auprès de l’Arabie saoudite, notamment pour obtenir des nominations ou des soutiens politiques, en échange de sommes d’argent. Le cheikh Khaldoun Oraymet était suspecté, quant à lui, d’avoir joué un rôle-clé en lui facilitant les contacts avec les personnalités concernées.Jointe par L’Orient-Le...
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