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Politique - Diplomatie

À Beyrouth, Barrot espère un « nouveau cadre international » après le départ de la Finul

Aoun, Berry et Salam ont tous les trois mis en garde contre le « vide » au Liban-Sud.

À Beyrouth, Barrot espère un « nouveau cadre international » après le départ de la Finul

Le Premier ministre Nawaf Salam accueille la délégation française conduite par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, au Grand Sérail, le 18 octobre 2026. Photo Grand Sérail

À moins de deux mois et demi de la fin du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu samedi et dimanche avec les responsables libanais lors d’une visite à Beyrouth. Accompagné de la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, Alice Rufo, il a appelé à un « nouveau cadre international » pour soutenir la souveraineté libanaise après le départ des Casques bleus, dont le mandat expire à la fin de l’année. De leur côté, les trois pôles du pouvoir ont, à l’unanimité, exprimé leur soutien à la Finul, tout en appelant à une mission internationale au Liban-Sud. Le Liban craint notamment qu’à défaut d’une force multinationale, l’armée se retrouve obligée de traiter directement avec les Israéliens au Sud. Il redoute aussi le déploiement d’une force ne dépendant pas de l’ONU, qui pourrait donc être plus alignée sur les intérêts des Israéliens et des Américains.

Recevant samedi le chef de la diplomatie française, le président de la République, Joseph Aoun, a appelé à ce que le mandat de la Finul soit prolongé ou qu’elle continue d’assurer des missions de sécurité en 2027. Si cela s’avérait impossible, le Liban serait favorable à « toute formule garantissant une présence internationale dans le Sud et empêchant l’instauration d’un vide » dans cette région en guerre, a déclaré M. Aoun, mettant en garde contre le fait de laisser l’armée libanaise seule face aux forces israéliennes dans les zones occupées. À ce propos, il a appelé la France à apporter son soutien auprès des Nations unies et du Conseil de sécurité afin d’aider à prévenir un tel vide. Le chef de l’État a également déclaré que l’armée libanaise et les autres forces de sécurité « mettaient en œuvre les décisions du gouvernement visant à étendre l’autorité de l’État, à empêcher les manifestations armées et à saisir les armes et les munitions », ajoutant que les contrevenants étaient déférés devant la justice. Ces déclarations interviennent après que le Hezbollah a revendiqué la propriété de plusieurs centaines de kilogrammes d’explosifs saisis par les autorités entre la Békaa et Beyrouth.

M. Aoun a également appelé à « renforcer et équiper l’armée et les forces de sécurité », exprimant l’espoir qu’une conférence internationale visant à les soutenir se tienne prochainement, à la suite d’une réunion préparatoire qui s’est tenue à Paris en septembre dernier. En outre, il a remercié le président français Emmanuel Macron pour sa décision de reprendre les vols commerciaux à destination de Beyrouth, pour son soutien à l’intégration des ports de Beyrouth et de Tripoli dans le réseau portuaire du Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), ainsi que pour son rôle dans la mise en place d’une mission européenne chargée de conseiller et soutenir l’armée libanaise et les Forces de sécurité intérieure pendant trois ans. M. Barrot, pour sa part, a réaffirmé le soutien de la France à la souveraineté, la stabilité et la sécurité du Liban, ainsi que son engagement en faveur de la mise en œuvre intégrale de l’accord de cessez-le-feu et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, selon le communiqué de la présidence.

Paris appelle au respect de l’intégrité territoriale du Liban

La délégation française a été reçue le lendemain à Aïn el-Tiné par le président du Parlement, Nabih Berry, qui a lui aussi exprimé son attachement au maintien de la Finul. « Le Liban officiel et tous les Libanais sont unis autour de la nécessité de garder la force onusienne au Sud, et aspirent à un rôle français, européen, international et régional pour éviter le vide qui résulterait de son retrait avant que la résolution 1701 ne soit complètement appliquée. » Il a estimé que cette résolution est respectée par le Liban « et violée par Israël, qui poursuit ses agressions et son occupation de larges parties de cette région ».

Même son de cloche du côté du Premier ministre Nawaf Salam, qui a reçu la délégation française au Grand Sérail. M. Salam a évoqué avec M. Barrot « les dispositions internationales pour l’après-Finul ». Il a insisté sur « la nécessité d’éviter tout vide de surveillance dans le Sud et de garantir le maintien d’une présence internationale chargée de missions d’observation, d’information et de communication, dans le cadre d’une résolution adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies ». Les deux parties ont évoqué la nécessité de soutenir l’armée libanaise et de renforcer ses capacités afin qu’elle puisse étendre son autorité sur l’ensemble du territoire. L’entretien au Grand Sérail a également porté sur les perspectives de reconstruction dans le Sud et les réformes en cours, notamment économiques et financières.

La délégation française s’est également entretenue avec le ministre de la Défense, Michel Menassa, et le commandant en chef de l’armée, Rodolphe Haykal, pour examiner les alternatives possibles pour l’après-Finul et les moyens de renforcer la coopération militaire entre les deux pays. Dans un communiqué, le commandement de la troupe a précisé que les deux parties ont souligné que la présence des Casques bleus contribue à préserver la stabilité, en particulier face aux attaques et aux violations israéliennes. Le communiqué ajoute que la délégation française a salué les efforts de l’armée libanaise et son rôle dans la « préservation de la sécurité et de la stabilité ».

À l’issue de leur tournée, les deux ministres ont publié un communiqué conjoint, affirmant « la nécessité de mettre en place une architecture internationale de soutien à la souveraineté du Liban, indispensable pour éviter un vide sécuritaire, soutenir le redéploiement des forces armées libanaises et accompagner ainsi la mise en œuvre de l’accord-cadre du 26 juin 2026 et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies ». Ils ont aussi salué l’adoption par l’Union européenne, le 12 octobre, de la décision établissant une mission de l’UE pour soutenir l’armée libanaise, affirmant que celle-ci avait « vocation à constituer un élément important de cette nouvelle architecture ». La délégation française a enfin rappelé « la nécessité du respect du cessez-le-feu, de la préservation des populations civiles et des infrastructures, ainsi que du respect de l’intégrité territoriale du Liban », réaffirmant « le soutien de la France aux efforts engagés par les autorités libanaises pour parvenir à une solution politique durable ».


À moins de deux mois et demi de la fin du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu samedi et dimanche avec les responsables libanais lors d’une visite à Beyrouth. Accompagné de la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, Alice Rufo, il a appelé à un « nouveau cadre international » pour soutenir la souveraineté libanaise après le départ des Casques bleus, dont le mandat expire à la fin de l’année. De leur côté, les trois pôles du pouvoir ont, à l’unanimité, exprimé leur soutien à la Finul, tout en appelant à une mission internationale au Liban-Sud. Le Liban craint notamment qu’à défaut d’une force multinationale, l’armée se retrouve obligée de traiter directement avec les Israéliens...
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