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Politique - Liban

Fosse profonde découverte près de Fanar : « pas un tunnel », mais les réactions abondent

Selon le maire de Fanar, Michel Salamé, la fosse a été creusée par des orpailleurs.

Fosse profonde découverte près de Fanar : « pas un tunnel », mais les réactions abondent

L'entrée de la fosse découverte dans une zone boisée entre Zaatariyé et Sabtiyé, dans le Metn, le 18 octobre 2026. Photo X / @Lebarmy

Une fosse profonde a été découverte dimanche dans une zone boisée située entre Zaatariyé et Sabtiyé, dans le caza du Metn au nord de Beyrouth, ce qui a conduit l’armée libanaise à inspecter les lieux lundi, selon un communiqué de l'armée, une source militaire et le chef de la police municipale de Fanar. Cette découverte a provoqué un concert de réactions, certains s'empressant de voir dans cette structure une installation du Hezbollah, dans une zone à majorité chiite du Metn, même si la troupe a affirmé n'y avoir trouvé ni arme ni matériel militaire.

« Le 19 octobre, des unités spécialisées de l'armée ont procédé l'inspection du tunnel découvert dans la région de Fanar », a écrit la troupe. « Sa longueur totale était d’environ 13 mètres, dont 5 mètres à la verticale et 8 mètres à l’horizontale, et il ne contenait aucune arme ni aucun équipement militaire mais des équipements utilisés pour creuser », a-t-elle ajouté. Un homme suspecté d'avoir participé à l'excavation a été arrêté et l'enquête se poursuit pour découvrir à quoi servait ce tunnel.

« Pas destinée à un usage militaire »

De son côté, Hussein Amhaz, le chef de la police municipale, qui a également inspecté le site, a expliqué à L'Orient-Le Jour que la « fosse » comportait bien une entrée étroite, mais pas d'issue, « donc il ne s'agit pas à proprement parler d'un tunnel », selon lui. Il a précisé que les seuls objets retrouvé à l'intérieur sont des outils d'excavation.

Une source militaire a également précisé que cette fosse n'était « pas destinée à un usage militaire », alors que des craintes avaient rapidement surgi sur un lien avec le Hezbollah, qui a construit de vastes réseaux de tunnels dans le sud du Liban — dont certains ont été détruits par l’armée israélienne — et a déjà été suspecté de disposer d'infrastructures similaires dans d'autres régions. La théorie d'un tunnel du parti a également été alimentée du fait de la présence du groupe à Zaatariyé. Contactée par notre rédaction, une source proche du Hezbollah a assuré que le mouvement n’a rien à voir avec la fosse découverte.

Dans ce contexte, le maire de Fanar, Michel Salamé, a affirmé à la chaîne de télévision locale al-Jadeed avoir été informé par les services de renseignement de l’armée libanaise que la fosse avait été creusée à des fins de prospection d'or. « Nous allons la sceller », a-t-il ajouté. Des tunnels avaient déjà été retrouvés, notamment dans la Békaa, après avoir été creusés par des orpailleurs et autres chasseurs de trésors œuvrant illégalement.

Plus tôt lundi, une autre hypothèse étudiée était celle d’un lien avec un réseau de narcotrafic, et que le tunnel aurait été utilisé pour y dissimuler de la drogue. Ces dernières années, des affrontements armés liés au trafic de drogue avaient eu lieu dans le quartier de Zaatariyé. M. Salamé a également évoqué, sur la chaîne MTV, la possibilité que ce trou soit lié à des « activités de contrebande », sans plus de précision. Il avait aussi précédemment affirmé sur la chaîne de télévision MTV que la fosse pouvait être liée à « des contrebandiers qui auraient cherché à construire un passage pour s’enfuir ».

Réactions en cascade

Malgré des éléments d'enquête excluant tout usage militaire, plusieurs responsables politiques affiliés à des partis opposés au Hezbollah ont rapidement évoqué un lien potentiel avec le parti.

Le député des Forces libanaises Melhem Riachi a évoqué, à la MTV, chaîne connue pour son opposition au parti-milice, un tunnel « suspect » et dit avoir contacté le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal, qui « fera tout pour que les responsables soient arrêtés. »

Le chef du parti Kataëb Samy Gemayel de son côté dit sur X avoir demandé au ministre de la Défense, Michel Menassa, que « l’armée et les forces de sécurité effectuent une fouille complète de la zone Roueissat–Jdeideh et de ses alentours », ce que le responsable aurait accepté. « Un tunnel dans le Metn, une cargaison d’explosifs à Dahr el-Baïdar et des affrontements avec les Forces de sécurité intérieure dans la banlieue sud de Beyrouth… Autant de signaux inquiétants qui exigent la fin définitive de la structure parallèle d’armes et militaire du Hezbollah sur l’ensemble du territoire libanais », a-t-il plaidé.

Les autorités libanaises ont saisi, début octobre, plusieurs centaines de kilos de C-4 et de TNT appartenant au Hezbollah sur la route de Dahr el-Baïdar reliant la Békaa à Beyrouth. Après avoir reconnu que les explosifs lui appartenaient, le Hezbollah a indiqué qu’ils étaient destinés à être utilisés contre l’armée israélienne. Certains observateurs avaient toutefois craint une utilisation dans des attentats.

Quelques jours plus tard, l’affaire dite de la « Galerie Semaan » a éclaté dans un quartier de la banlieue sud de Beyrouth — fief du Hezbollah — où des forces de sécurité ont été brièvement encerclées par des hommes armés lors d’une perquisition dans un entrepôt pharmaceutique. Le Hezbollah a alors déclaré que cette opération avait été menée « sans respecter le mécanisme convenu entre Hezbollah et les services de sécurité ». À la suite de cet incident, l’armée libanaise a entamé un déploiement « renforcé » dans la banlieue sud de Beyrouth.

Une fosse profonde a été découverte dimanche dans une zone boisée située entre Zaatariyé et Sabtiyé, dans le caza du Metn au nord de Beyrouth, ce qui a conduit l’armée libanaise à inspecter les lieux lundi, selon un communiqué de l'armée, une source militaire et le chef de la police municipale de Fanar. Cette découverte a provoqué un concert de réactions, certains s'empressant de voir dans cette structure une installation du Hezbollah, dans une zone à majorité chiite du Metn, même si la troupe a affirmé n'y avoir trouvé ni arme ni matériel militaire. « Le 19 octobre, des unités spécialisées de l'armée ont procédé l'inspection du tunnel découvert dans la région de Fanar », a écrit la troupe. « Sa longueur totale était d’environ 13 mètres, dont 5 mètres à la verticale et 8 mètres...
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