Des soldats israéliens tentent de remorquer un char enlisé dans la boue du côté israélien de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 21 mars 2026. Photo AFP
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’Israël resterait dans la « zone de sécurité au Liban-Sud jusqu’à ce que le Hezbollah soit désarmé », affirmant qu’il ne faisait pas confiance au gouvernement libanais pour mener à bien cette tâche, selon une interview accordée à Radio North 104.5 FM, publiée dimanche et rapportée par le quotidien israélien Maariv.
« Non, je ne leur fais pas confiance pour désarmer le Hezbollah », a déclaré M. Netanyahu. Et d’ajouter : « C’est pourquoi nous avons dit que tant qu’il ne sera pas désarmé, nous resterons dans cette zone qui a changé la donne dans le Nord. »
Le chef du gouvernement a décrit cette région comme une zone de sécurité « exempte de tout réseau terroriste », affirmant que de nombreux villages qui étaient auparavant des bastions du parti-milice pro-iranien ne l’étaient plus aujourd’hui. Il a également souligné qu’Israël poursuivrait ses opérations militaires contre le Hezbollah « autant que nécessaire » et s’est engagé à éliminer définitivement ce groupe, « même s’il est affaibli et n’est plus que l’ombre de lui-même ».
Israël a maintenu ses positions dans le sud du Liban malgré l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, qui prévoyait le retrait de ses forces du territoire libanais. Cet accord prévoyait aussi le déploiement de l’armée libanaise dans le sud et le démantèlement des infrastructures armées non autorisées dans la région.
Les propos de M. Netanyahu interviennent dans un contexte de tensions accrues entre Israël et l’Iran et de menaces israéliennes croissantes à l’encontre du Liban. Mercredi, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a menacé d’étendre l’occupation israélienne du sud du Liban et de frapper la banlieue sud de Beyrouth si le Hezbollah se joignait à une attaque iranienne contre Israël. Ces avertissements interviennent alors que le conflit régional plus large et les négociations sur les dispositions de sécurité au Liban se poursuivent, Israël maintenant des troupes dans certaines parties du Liban-Sud malgré les appels au retrait.
Au cours de l’interview, Benjamin Netanyahu a défendu sa gestion du conflit avec le Hezbollah et critiqué les responsables politiques de l’opposition, Gadi Eisenkot et Naftali Bennett, qui se sont tous deux présentés comme des alternatives à son leadership en vue des élections législatives du 27 octobre. « Bennett et (Yair) Lapid ont été au pouvoir pendant un an et demi et n’ont rien fait », a-t-il déclaré, accusant leurs gouvernements d’avoir fait des concessions au Hezbollah.
L’Iran veut s’ingérer dans les élections
Le Premier ministre israélien a également affirmé que l’Iran chercherait à influencer les prochaines élections israéliennes et à mener campagne contre lui.
Il a déclaré qu’Israël était désormais plus fort et l’Iran plus faible, mais a fait valoir que des mesures supplémentaires étaient nécessaires pour atteindre les objectifs de la campagne contre ce pays. « Le choix qui se pose ici est une question existentielle : c’est Israël ou la Palestine », a-t-il déclaré, affirmant qu’un gouvernement dirigé par l’opposition établirait un État palestinien.
Les élections législatives israéliennes sont prévues le 27 octobre prochain, et Netanyahu devra faire face à l’opposition de plusieurs personnalités politiques.
Interrogé sur l’agression de la photographe du Washington Post Heidi Levin, Netanyahu a « condamné la violence » et appelé « les personnes impliquées à cesser leurs agissements ».
Ces commentaires font suite à l’attaque, le 16 octobre, de la photojournaliste du Washington Post Heidi Levine par des colons israéliens masqués alors qu’elle couvrait la récolte d’olives par des Palestiniens à Abou Falah, près de Ramallah, en Cisjordanie occupée. Mme Levine a été frappée et blessée, tandis que son matériel photographique et d’autres effets personnels auraient été volés. Cet incident a suscité des condamnations et a ravivé l’attention sur les violences commises par des colons israéliens à l’encontre des Palestiniens et des journalistes couvrant le territoire occupé.
« Tout comportement violent et déchaîné est contraire à la loi, est inacceptable en soi et porte préjudice à l’État d’Israël », a affirmé M. Netanyahu. « J’appelle toutes les personnes impliquées dans ces faits à cesser immédiatement leurs agissements, et j’appelle les forces de l’ordre à intervenir en appliquant la loi avec toute la rigueur requise », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre israélien a également répondu aux prises de position de l’ancien chef du service de renseignement Shin Bet, Ronen Bar, qui a intenté un procès en diffamation contre lui au sujet d’allégations concernant la gestion par le gouvernement des alertes de sécurité avant l’attaque du mouvement Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre de Gaza.
Ronen Bar a affirmé que Netanyahu s'était à plusieurs reprises abstenu d'approuver l'assassinat du dirigeant du Hamas, Yahya Sinwar, par crainte de représailles à son encontre et à l'encontre de sa famille. Le Premier ministre a rejeté ces allégations, qualifiant l'ancien responsable de menteur et affirmant avoir transmis près de 1 000 documents au contrôleur général d'État israélien pour étayer sa propre version des faits.