Des Israéliens commémorant les victimes de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, au kibboutz Kfar Aza, dans le sud d'Israël, le 7 octobre 2026. Photo Ilia YEFIMOVICH / AFP
L'info du jour
Israël rend hommage ce mercredi aux victimes de l'attaque du Hamas il y a trois ans, le 7 octobre 2023, journée la plus meurtrière de l'histoire du pays et dont les défaillances sécuritaires n'ont toujours pas fait l'objet d'une enquête indépendante. Plusieurs cérémonies sont organisées tout au long de la journée dans différents endroits ayant connu des assauts et massacres du mouvement palestinien, pour rendre hommage aux victimes de cette attaque sans précédent qui a entraîné la mort de 1.221 personnes, selon un décompte de l'AFP. Ce jour-là, 251 personnes avaient aussi été enlevées et emmenées à Gaza, dont 44 corps.
Dans l'enclave palestinienne, pilonnée depuis trois ans par l'armée israélienne et malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis près d'un an, deux personnes ont été tuées dans des frappes ce matin. L'hôpital al-Chifa de la ville de Gaza a fait état de deux personnes tuées lors d’une frappe. La Défense civile a identifié l'une d'elles comme étant un bénévole au sein de cette agence.
Outre les hommages rendus en Israël, le Hezbollah et le Hamas ont commémoré l'attaque, appelée « déluge d'al-Aqsa » par « l'axe de la résistance ». Le parti libanais pro-iranien a dénoncé le « génocide » mené par l'Etat hébreu dans l'enclave israélienne, tout en critiquant la « complaisance » des dirigeants du Moyen-Orient face à Israël. De son côté, le mouvement palestinien a estimé que le 7-Octobre avait été une « bataille héroïque », qui a permis de faire entendre au monde « la voix du peuple palestinien opprimé ».
Pourquoi c'est important
L'attaque du 7 octobre 2023 a marqué un tournant majeur pour Israël et la région, après que l'Etat hébreu a riposté massivement sur Gaza, y tuant plus de 74 200 personnes, et a lancé une offensive dévastatrice contre le Hezbollah, après l'ouverture d'un « front de solidarité » depuis le Liban-Sud, le 8 octobre 2023. Les attaques israéliennes au Liban ont, depuis, fait plus de 9.000 morts. Ces fronts, ainsi que ceux en Cisjordanie, au Yémen, et en Iran, ouverts dans la foulée, ont mis Israël en état de vigilance accrue, et les autorités israéliennes ont fait état mardi de renseignements sur de possibles nouvelles attaques du Hamas contre ses forces. Au Liban, la crainte d'une nouvelle escalade se fait également de plus en plus forte.
Ces commémorations interviennent en outre en pleine campagne électorale, à l'approche des élections législatives prévues en Israël le 27 octobre, - les premières depuis le 7-Octobre -, et sont aussi les premières depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza, le 11 octobre 2025. Avant le scrutin, les appels se poursuivent en Israël en faveur de la création d'une commission d'enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires ayant marqué cette journée.
Ce sur quoi il faut garder un oeil
Les rebelles yéménites houthis ont revendiqué de nouveaux tirs de missiles et drones sur l'aéroport de la capitale saoudienne, interceptés selon Riyad qui tente également de contrer ces combattants pro-iraniens dans le Yémen voisin. Les houthis pro-iraniens ont également bombardé l'aéroport d'Aden, ville où siège le gouvernement internationalement reconnu, a affirmé mercredi l'agence gouvernementale Saba, en pleine intensification des hostilités entre les deux camps.
Le conflit entre les houthis, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa et de vastes pans du pays depuis plus d'une décennie, et le gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par Riyad, s'est réveillé en juillet après des années d'accalmie, devenant le nouveau front de la guerre au Moyen-Orient. Une offensive éclair des houthis en septembre leur a permis de prendre le contrôle de l'ensemble du littoral yéménite donnant sur la mer Rouge, et de renforcer leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l'Asie à l'Europe via le canal de Suez. Les forces gouvernementales, appuyées par des avions de combat saoudiens, ont lancé une contre-offensive le week-end dernier, revendiquant « des victoires sur plusieurs fronts », notamment sur le littoral de la mer Rouge. Mais les houthis réfutent ces avancées.
Dans le reste de l'actualité
- Guerre Iran-Etats-Unis : Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a affirmé lors d'une visite officielle à Athènes que « l'Iran a perdu le contrôle intégral » du détroit d'Ormuz. La veille, le vice-président américain JD Vance a affirmé, dans une interview à l'agence Reuters, que l’Iran devait réduire de manière « significative » sa capacité d’enrichissement nucléaire pour satisfaire aux exigences américaines et mettre fin à la guerre qui dure depuis sept mois entre les deux pays, tout en reconnaissant avoir des difficultés à comprendre comment les décisions sont prises à Téhéran.
- Liban-Sud : les attaques israéliennes se poursuivent sur la « zone tampon » occupée par l'armée israélienne dans le sud du Liban, avec notamment des frappes nocturnes sur la vallée stratégique de Wadi Slouki et des tirs d'artillerie et de mitrailleuse sur plusieurs secteurs.
- Electricité au Liban : le président libanais, Joseph Aoun, a reçu le ministre de l'Energie Joe Saddi, afin de discuter avec lui des raisons l'ayant poussé à bouder toute future séance du Conseil des ministres. M. Saddi avait annoncé hier qu'il ne participerait plus aux réunions du gouvernement, tout en continuant d'assumer ses autres responsabilités ministérielles, pour protester contre le projet de budget pour 2027, approuvé jeudi dernier, et dans un contexte plus général de grogne populaire de plus en plus audible contre la gestion du secteur de l’électricité.
- Colère des lycéens en France : Au lendemain d'une journée de mobilisation importante dans les rues de toute la France, les cours ont repris dans la majorité des lycées avec toutefois quelques blocages, après une tentative du gouvernement d'apaiser la crise en proposant une demi-journée banalisée consacrée à des échanges sur les difficultés rencontrées par les élèves.
- Cisjordanie : Un photo-journaliste de l'Agence France-Presse a été blessé hier soir par des colons israéliens qui l'ont roué de coups et ont tiré des coups de feu dans sa direction alors qu'il était en reportage en Cisjordanie occupée. Jaafar Ashtiyeh, photographe palestinien expérimenté de 58 ans, a été blessé à la tête et au torse et a été emmené à l'hôpital en ambulance, selon son collègue John Wessels, chef photo de l'AFP pour Israël et les Territoires palestiniens qui se trouvait avec lui au moment de l'attaque.
- Tentative d'attaque du vol flydubai : Au moins 1 240 membres d’équipage aérien originaires d'États qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël, dont le Liban, la Syrie et Oman, ont atterri dans le pays en 2026, selon des informations révélées lors d'une réunion d'une commission du Parlement israélien, obtenues par le Haaretz.





