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Politique - Gouvernement Libanais

Crise de l'électricité : Joe Saddi annonce « suspendre » sa participation au Conseil des ministres

Le gouvernement « persiste à faire supporter aux Libanais davantage de coûts engendrés dans leur vie par la corruption et les armes », estiment les Forces libanaises.

Crise de l'électricité : Joe Saddi annonce « suspendre » sa participation au Conseil des ministres

Un bureau des FL à Batroun, le jour des élections législatives de mai 2022. Ibrahim Chalhoub/Photo d'archives AFP

Les Forces libanaises passent à l'acte. Le ministre de l'Énergie, Joe Saddi (FL), a annoncé lors d'une conférence de presse mardi « suspendre » sa participation aux Conseils des ministres, à la suite d'un mécontentement du parti de Samir Geagea concernant le projet de budget pour 2027, approuvé jeudi dernier, et dans un contexte plus général de grogne populaire de plus en plus audible contre la gestion du secteur de l’électricité.

« J’annonce que je suspendrai, à ce stade, ma participation aux séances du Conseil des ministres, jusqu’à ce que le gouvernement assume ses responsabilités à l’égard du secteur de l’énergie, examine sérieusement les propositions présentées et réponde aux revendications légitimes visant à assurer la continuité de l’approvisionnement en électricité et à protéger les citoyens de charges supplémentaires », a annoncé le ministre. Tout en précisant que sa décision « ne constitue pas un abandon de mes responsabilités, mais au contraire une manière de les assumer et de faire entendre la voix des citoyens libanais, afin qu’ils ne supportent pas seuls le poids de la crise énergétique mondiale ».

Taxe de 300 000 livres

« La responsabilité ne se limite pas à assister à des séances du Conseil des ministres qui n’accordent pas au secteur de l’énergie l’attention qu’exigent la situation actuelle et la crise mondiale », a-t-il encore fustigé. Au Liban, le prix du mazout a quasiment doublé depuis fin février, à la suite des perturbations provoquées par la guerre dans le détroit d’Ormuz et des menaces qui pèsent sur Bab el-Mandeb, deux passages stratégiques pour le commerce mondial de l'or noir. « Le gouvernement alloue au ministère de la Santé (dirigé par Rakan Nassereddine, ministre affilié au Hezbollah, Ndlr) les budgets nécessaires pour prendre en charge les personnes touchées par la guerre et les déplacés, alors que le coût de l’électricité qui leur est fournie n’est pas couvert », a encore précisé M. Saddi. « Électricité du Liban est pourtant un établissement public, au même titre que les hôpitaux publics et les autres institutions de l’État », ajoute-t-il.

« Le gouvernement doit assumer ses responsabilités », a-t-il répété, au lendemain d'une réunion ministérielle qui n'a selon lui « débouché sur aucune réponse concrète aux propositions présentées ». Les principales propositions ont été rappelées dans un communiqué publié par le parti mardi matin, au lendemain d'une réunion des FL présidée par Samir Geagea : « un tarif d’électricité variable afin de libérer les Libanais de l’emprise et du coût élevé des générateurs privés, obliger les institutions de l’État à s’acquitter des sommes dues à Électricité du Liban, supprimer la taxe de 300 000 livres libanaises sur les carburants et faire prendre en charge par l’État le coût des exemptions qu’il a accordées à certaines régions ». La semaine dernière, le Premier ministre, Nawaf Salam, avait alors demandé la formation d’une commission ministérielle chargée d’examiner la requête de suspendre la taxe de 300 000 livres et son incidence sur les recettes.

« J’ai demandé aux ministères et aux institutions publiques de s’acquitter de leurs factures d’électricité impayées, mais la réponse n’a été que partielle et ponctuelle. Comment peut-on demander aux citoyens de régler intégralement leurs factures alors que les institutions de l’État elles-mêmes ne s’acquittent pas des sommes qu’elles doivent, ce qui nous empêche d’acheter du fioul ? », a encore dit Joe Saddi, qui précise avoir « demandé au gouvernement de régler le montant de la facture liée au soutien accordé aux personnes touchées par la guerre, afin de permettre à Électricité du Liban d’acheter du fioul et d’assurer l’approvisionnement en électricité ».

À l'issue de la conférence de presse de Joe Saddi, Georges Adwan, député et numéro deux des Forces libanaises, a déclaré à L'Orient-Le Jour que la décision du ministre de l'Énergie résulte du fait que « le gouvernement le pousse à s'endetter, c'est à-dire à puiser dans l'argent des déposants, comme le faisait le Courant patriotique libre (à la tête du ministère de l'Energie de 2008 à 2025), ce qu'il ne fera pas ». Dans leur communiqué, les FL fustigent encore le fait que « la vision qui domine la prise de décision financière au sein du gouvernement persiste à faire supporter aux Libanais davantage de coûts engendrés dans leur vie par la corruption et les armes ». « L’absence de réponse du gouvernement et du ministère des Finances, parallèlement à la facilité avec laquelle des crédits sont débloqués au profit de certains, soulève des interrogations criantes sur certaines intentions et décisions, sur lesquelles il est impossible de garder le silence », dénonce le parti de Samir Geagea.

Parallèlement à la conférence de presse, le député FL Melhem Riachi s'est entretenu avec le président de la République, Joseph Aoun, de la « la situation politique et socio-économique dans le pays, ainsi que des développements régionaux en cours », selon le communiqué de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Les Forces libanaises passent à l'acte. Le ministre de l'Énergie, Joe Saddi (FL), a annoncé lors d'une conférence de presse mardi « suspendre » sa participation aux Conseils des ministres, à la suite d'un mécontentement du parti de Samir Geagea concernant le projet de budget pour 2027, approuvé jeudi dernier, et dans un contexte plus général de grogne populaire de plus en plus audible contre la gestion du secteur de l’électricité. « J’annonce que je suspendrai, à ce stade, ma participation aux séances du Conseil des ministres, jusqu’à ce que le gouvernement assume ses responsabilités à l’égard du secteur de l’énergie, examine sérieusement les propositions présentées et réponde aux revendications légitimes visant à assurer la continuité de l’approvisionnement en électricité et à...
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