Un Palestinien circule sur une charrette tirée par un âne au milieu des décombres de bâtiments détruits pendant la guerre, à Gaza, le 7 octobre 2026. REUTERS/Mahmoud Issa
Le Hezbollah a salué mercredi les actions du Hamas, à l'occasion du 3e anniversaire de l'attaque du 7-octobre à Gaza, tout en dénonçant le manque de soutien de la communauté internationale à la cause palestinienne, et a appelé les dirigeants de la région à ne pas faire preuve de « complaisance » face à l'État hébreu.
Le parti-milice pro-iranien n'est pas revenu, dans son communiqué, sur le « front de soutien » qu'il a ouvert au Liban-Sud dès le 8 octobre 2023, qui l'a opposé à Israël pendant près d'un an, avant un cessez-le-feu le 27 novembre 2024. Cette offensive, et celle menée après la reprise des affrontements en mars 2026, cette fois en soutien à l'Iran, a fait près de 9 000 morts et mené à l'occupation par Israël de plus de 600 km2 au Liban-Sud.
L'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.221 personnes, selon un décompte de l'AFP. L'offensive lancée en représailles par Israël à Gaza a fait plus de 74.200 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien.
« Fidèle à la cause palestinienne et résolu à soutenir son peuple résistant et opprimé, le Hezbollah réitère sa condamnation véhémente du génocide sioniste — qui met en lumière la fausseté des valeurs prônées par la communauté internationale — et tient pour responsables l'administration américaine ainsi que les pays occidentaux qui s'abstiennent de condamner les crimes sionistes », indique le parti chiite dans le communiqué. « Nous avertissons également les dirigeants de la région : le silence, la complaisance et les ménagements à l'égard de l'ennemi et de ses alliés ne feront que saper leur propre autorité, les affaiblir et permettre à l'ennemi de disposer de l'avenir de leurs pays et de leurs peuples », poursuit le Hezbollah.
Depuis 2020, plusieurs pays de la région ont normalisé leurs relations avec Israël, notamment les Emirats arabes unis et Bahreïn. D'autres, comme le Liban et la Syrie, mènent actuellement des discussions et négociations avec l'État hébreu. Damas a pour objectif de parvenir à un accord de sécurité avec Tel-Aviv. L'Arabie saoudite, qui avait engagé en 2023 des discussions en vue d'une normalisation, s'en était retirée après le début de la guerre à Gaza.
Le parti chiite a dans ce cadre estimé que l'attaque du 7-octobre « a déstabilisé les pays voisins de la Palestine, car elle allait à contre-courant de la dynamique de normalisation défaitiste prônée par les régimes politiques de la région ». « Malgré cette sauvagerie et ce génocide, l'ennemi n'est parvenu ni à anéantir le Hamas et les factions de la résistance, ni à briser la population de Gaza; il n'a instauré ni paix, ni même une trêve ou une stabilité temporaire. La situation reste ouverte à des évolutions dont les répercussions dépassent le cadre de la bande de Gaza pour affecter l'avenir de la région tout entière, la cause palestinienne ainsi que la sécurité et la paix internationales », souligne le Hezbollah.
10 200 tirs depuis Gaza et 20 000 en provenance du Liban
Revenant de son côté sur la guerre multi-fronts menée par Israël depuis octobre 2023, la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya, a publié sur X un récapitulatif en chiffres des actions militaires de l'État hébreu, trois ans après le 7-octobre, sur les fronts de Gaza, de Cisjordanie, du Liban, de Syrie et du Yémen.
Selon les chiffres publiés, l'armée israélienne a visé « environ 100 000 cibles : 65 000 dans la bande de Gaza, 28 000 au Liban et en Syrie, 4 500 en Iran et 80 au Yémen ». Israël a par ailleurs essuyé « environ 10 200 tirs depuis Gaza, environ 20 000 depuis le Liban, près de 1 200 depuis l'Iran, une cinquantaine en provenance de la Syrie et près de 90 depuis le Yémen ». Quant aux actions israéliennes en Cisjordanie occupée, l'armée a procédé à « l'arrestation d'environ 45 000 personnes recherchées, saisi plus de 3 800 armes et équipements de combat ainsi que plus de 46 millions de shekels destinés au financement du terrorisme ».