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Jusqu’au tréfonds des gorges


Des semaines que les tenants de cette République pour rire se triturent les méninges pour peaufiner un Budget 2027, véritable liste de courses surchargée de salaires, taxes et impôts divers. Faut voir comment les neurones de certains ministres surchauffent et étincellent des synapses, dès qu’il s’agit d’inventer l’entourloupe qui permettrait au gouvernement d’aller faire son marché jusqu’au tréfonds des gorges des Libanais.

Une fois n’est pas coutume, le Premier ministre a quand même fini par leur savonner la planche et renvoyer aux calendes bouffonnes leur projet tordu de mettre le grappin sur les installations de panneaux solaires. Une espèce d’usine à gaz matrice de corruption, qui allait forcer le vulgum pecus à recourir aux signatures vermicelles de deux ingénieurs, mendier les autorisations de plusieurs organismes publics, torcher un dossier complet constellé d’une foultitude de timbres fiscaux dont la valeur dépasse celle des emprunts russes du temps des tsars… Ouf ! Ça fait cher payé le chauffe-bain, quand on sait qu’EDL ne laisse suinter que 6 heures de jus d’électron par jour au tarif d’une turbine nucléaire flambant neuve.

Ce qui nous renvoie au fameux projet de taxe WhatsApp de sinistre mémoire du lumineux Mohammad Choucair, qui sévissait aux Télécoms en 2019. Il avait déclenché à l’époque une gigantesque jacquerie dans les rues, aussitôt suivie d’une ratonnade chiite exercée par les barbus et leurs pendentifs du mouvement Amal. Un glorieux souvenir et une belle cure de jouvence pour ceux qui s’en souviennent encore…

Après une longue hibernation au cours de laquelle on l’entendait à peine ronronner sur un coin de table du Conseil des ministres, ne voilà-t-il pas que le ministre du Pognon s’ébroue soudain pour phosphorer avec ses collègues sur une Loi de finances pondue en deux ou trois coups de cuillers à pot. La formule est facile, rapide et usée jusqu’à la corde : l’État a besoin d’argent ? C’est aux gueux de cracher au bassinet. Chapeau, l’artiste !

Les réformes structurelles dans les officines poubelles, la réduction des dépenses publiques, la privatisation des secteurs non rentables, ce n’est pas particulièrement son type d’orgasme à Yassine Jaber. Et puis fidèle à son mentor scotché sur le perchoir depuis près de 34 ans, faut pas s’étonner de le voir proposer bientôt une nouvelle augmentation des salaires des fonctionnaires, alors qu’il devrait en vidanger les trois quarts… Pendant que les budgets des ménages sont coupés à la hache, que les Libanais sont mis à la diète et que le pays vagit sous le poids de la crise.

Mais miracle ! Nous sommes au Liban, et ce n’est pas demain l’avant-veille que le budget du grand argentier de la République verra le jour. Et pour cause : les ministres râleurs devront se trouver fissa une nouvelle vache à traire fiscale, le Basileus fait une rechute de démangeaisons antigouvernementales, et le Parti des barbes épilées est trop occupé à organiser le sauve-qui-peut de son élevage milicien au Liban-Sud.

Constatation : à chaque nouvelle tuile, les ahuris se font plus nombreux ; mais cette fois, on a l’impression que les ahuris de l’année prochaine sont déjà là…

gabynasr@lorientlejour.com

Des semaines que les tenants de cette République pour rire se triturent les méninges pour peaufiner un Budget 2027, véritable liste de courses surchargée de salaires, taxes et impôts divers. Faut voir comment les neurones de certains ministres surchauffent et étincellent des synapses, dès qu’il s’agit d’inventer l’entourloupe qui permettrait au gouvernement d’aller faire son marché jusqu’au tréfonds des gorges des Libanais.Une fois n’est pas coutume, le Premier ministre a quand même fini par leur savonner la planche et renvoyer aux calendes bouffonnes leur projet tordu de mettre le grappin sur les installations de panneaux solaires. Une espèce d’usine à gaz matrice de corruption, qui allait forcer le vulgum pecus à recourir aux signatures vermicelles de deux ingénieurs, mendier les autorisations de plusieurs...
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