L’Iran et Oman œuvrent à la conclusion d’un accord concernant une route de navigation maritime dans le détroit d’Ormuz, principal passage pour environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et autres matières premières essentielles, afin de garantir la sécurité du passage des navires. La proposition stipule que la voie nord, près des côtes iraniennes, sera réservée aux navires entrant dans le détroit, et la voie sud, près des côtes omanaises, à leur sortie. Les autorités iraniennes affirment qu’aucun droit de transit ne sera imposé, mais que l’accord prévoit des « frais de service » destinés à couvrir l’impact environnemental du transport maritime, la sécurité des cargos et des pétroliers, ainsi que les coûts liés à l’emploi. Ces frais seront partagés entre les deux pays.
L’administration Trump et le Pentagone rejettent ces dispositions, les considérant comme une atteinte à la liberté de navigation internationale. Cela laisse présager une instabilité et des menaces réciproques entre l’Iran et les États-Unis. L’administration américaine insiste sur la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et affirme gérer des routes alternatives, tandis que l’Iran conditionne l’ouverture complète du détroit à la levée du blocus naval, au versement de compensations et à la cessation des hostilités sur tous les fronts, notamment au Liban. Il apparaît donc que le mémorandum d’entente entre les deux parties est fragile et qu’il expirera si l’accord entre l’Iran et Oman n’est pas amendé.
Le détroit d’Ormuz demeure un point de discorde majeur dans les efforts de résolution du conflit irano-américain. Trump est confronté à un dilemme : reprendre des opérations militaires douloureuses contre l’Iran pour imposer ses conditions ou accepter une paix inacceptable.
Concernant l’accord-cadre entre le Liban et Israël, l’horizon semble sombre. Même en cas d’accord entre l’Iran et Oman, l’administration américaine dissocie de fait ces deux dossiers, et ses efforts et pressions sur Netanyahu ne sont ni sérieux ni à la hauteur des enjeux nécessaires pour mettre un terme à ses actions hostiles contre le Liban et permettre la mise en œuvre de l’accord-cadre. Les ambitions de Netanyahu prévalent : il poursuit sa guerre pour contrôler la colline Ali Taher, puis s’étend vers Jabal Rihan et la région d’Iqlim al-Touffah afin d’imposer son contrôle sur tout le Sud-Liban et de couper les lignes de ravitaillement du Hezbollah depuis la vallée de la Békaa.
Docteur en sciences politiques
Général de brigade à la retraite
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