Rechercher
Rechercher

Politique - Rencontre

Pour Bassil, c'est le moment pour un dialogue sur la stratégie de défense


Entre la nouvelle loi sur l’information et la situation générale dans le pays, le conseil du syndicat des rédacteurs a fait un tour d'horizon avec le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. Une partie de l’entretien entre les membres du conseil syndical, mené par Joseph Kossayfi, et le chef du CPL, en présence du député Jimmy Jabbour, a porté sur les amendements à apporter à la loi sur les médias, avant d’aborder les questions politiques.

Selon des milieux politiques, le projet amendé, issu d’une réunion préalable entre les députés et les ordres de la presse et des rédacteurs, n’avait pas été distribué aux députés avant la séance plénière de mardi. Ceux-ci ont donc pris connaissance des 23 amendements à leur entrée dans l’hémicycle. Or, s’il fallait les lire et les discuter avant de voter, cela aurait pu prendre des heures. Le président du Parlement, Nabih Berry, a alors décidé de soumettre le projet initial au vote afin d'éviter que le sujet ne soit renvoyé aux calendes grecques. Cela ne signifie pas pour autant que les amendements réclamés par le secteur ne puissent pas figurer dans un nouveau projet visant à modifier les dispositions contestées de la nouvelle loi, y compris l'article 104, qui ouvre la voie à l'emprisonnement des journalistes. Toutefois, il faut d’abord s’entendre sur ces nouvelles dispositions, et c’est ce à quoi s’emploient les deux syndicats, celui des rédacteurs et celui de la presse, pour unifier les revendications dans un projet susceptible d’obtenir l’adhésion de la majorité des députés. Or il apparaît que de nombreuses forces politiques ne sont pas totalement opposées à la peine d’emprisonnement des journalistes, même si elles ne le reconnaissent pas ouvertement. Gebrane Bassil a déclaré être ouvert à toute discussion et s’est dit prêt à présenter un nouveau projet de loi qui tiendrait compte des amendements réclamés par le syndicat. Mais il faut d’abord attendre ce que proposeront les autres parties concernées, notamment le ministre de l’Information.

Concernant la situation générale du pays et de la région, Gebrane Bassil a expliqué que, selon lui, ni les États-Unis ni l’Iran ne veulent d’une reprise de la guerre à grande échelle, parce qu’aucun d’eux n’est en mesure de la gagner rapidement. Les Iraniens ont trouvé une carte maîtresse, ce qu’ils appellent « le nucléaire économique », avec le détroit d’Ormuz et, maintenant, grâce aux houthis du Yémen, ils menacent le détroit de Bab el-Mandeb et la circulation de l’énergie dans la mer Rouge. Seuls les Israéliens pourraient vouloir l’élargissement de la guerre s’ils étaient sûrs de la gagner sans subir de pertes considérables, estime le chef du CPL. Mais là aussi, ce n’est pas garanti. Les Israéliens préfèrent donc continuer à bombarder et à détruire les localités du Liban-Sud, sans être inquiétés, tout en cherchant à obtenir des gains sur le terrain. C’est pourquoi, selon lui, la situation pourrait rester telle quelle au Liban, et se prolonger indéfiniment, alors que les autorités du pays n’ont pas d’influence sur aucun des protagonistes, en particulier les Israéliens et le Hezbollah. Selon Bassil, les Israéliens peuvent donc continuer à mener cette guerre au Liban indéfiniment. Pour lui, la meilleure solution est de rester à l’écart de la grande division régionale et internationale. Mais cela semble très difficile dans le contexte actuel, car les États-Unis s’intéressent au Liban en raison de l’influence iranienne, et l’Iran pèse de tout son poids pour maintenir son influence sur le Liban.

Selon Bassil, il faut donc lancer un dialogue interne sur une véritable stratégie de défense nationale. « Ce dialogue aurait dû être entamé depuis quelque temps déjà », dit-il. Il y a quelques années, c’était le camp hostile au Hezbollah qui le réclamait, et aujourd’hui, c’est ce dernier qui le réclame. Pour Bassil, il faut le reconnaître : les armes du Hezbollah ne sont plus en mesure de protéger le Liban. Mais il considère qu’il ne faut pas accepter d’y renoncer sans contrepartie. Puisque les Israéliens veulent à tout prix s’assurer que ces armes sont devenues inutilisables, le Liban devrait exiger un prix en échange. Pour lui, il serait donc temps de chercher une entente avant qu’il ne soit trop tard et que la décision du Hezbollah ne passe totalement sous le contrôle de l’Iran.

La priorité pour Bassil, c’est d’éviter une discorde interne. Selon lui, les Libanais doivent agir vite, car la crise économique peut causer de graves dégâts, notamment sur l’unité. Malheureusement, dit-il, les Libanais s’habituent vite à toutes les situations, même aux plus difficiles. Il faut pourtant réagir contre cet état de fait. C’est d’ailleurs vers cela que pousse le CPL, qui se dit en dehors des alignements politiques actuels.

Entre la nouvelle loi sur l’information et la situation générale dans le pays, le conseil du syndicat des rédacteurs a fait un tour d'horizon avec le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. Une partie de l’entretien entre les membres du conseil syndical, mené par Joseph Kossayfi, et le chef du CPL, en présence du député Jimmy Jabbour, a porté sur les amendements à apporter à la loi sur les médias, avant d’aborder les questions politiques.Selon des milieux politiques, le projet amendé, issu d’une réunion préalable entre les députés et les ordres de la presse et des rédacteurs, n’avait pas été distribué aux députés avant la séance plénière de mardi. Ceux-ci ont donc pris connaissance des 23 amendements à leur entrée dans l’hémicycle. Or, s’il fallait les lire et les discuter avant de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut