Le Premier ministre Nawaf Salam (à gauche) et le ministre de la Défense Michel Menassa dans la caserne Benoit Barakat de l'armée libanaise, à Tyr, le 21 août 2026. Photo ANI
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, et le ministre de la Défense, Michel Menassa, ont choisi le Liban-Sud, où se poursuivent les attaques israéliennes, pour faire front uni dix jours après leur dispute au Parlement. Ils ont participé côte à côte à une visite et un briefing militaire dans une caserne de Tyr, où, M. Salam, insistant sur la « solidarité » de son gouvernement, a mis en avant l'importance de renforcer l'armée et de garantir son unité, afin de pouvoir restaurer l'État et rétablir sa souveraineté sur la totalité du territoire.
Il y a dix jours, une séance parlementaire sur la question de l'amnistie générale avait tourné à la dispute amère entre les deux hommes. M. Menassa, proche du président de la République Joseph Aoun, avait prévu de s’adresser à l’Hémicycle notamment pour dénoncer la libération d’islamistes accusés d’avoir tué des membres de l’armée libanaise. M. Salam s’y est opposé, estimant qu’il lui revenait à lui seul de s’exprimer au nom du gouvernement. Un vif échange et des éclats de voix s'en étaient ensuivis. Le 13 août, au lendemain de l’adoption du texte, M. Menassa avait dénoncé le fait que « l’armée avait été empêchée de parler ». M. Salam, lui, s’est justifié en mettant en avant la nécessité de cohésion de l’équipe gouvernementale, se basant sur ses propres prérogatives constitutionnelles. Une source au sein du Grand Sérail avait peu après affirmé à L'Orient-Le Jour qu'il n'y avait pas de tensions latentes entre les deux responsables. À leur arrivée à la caserne, et interrogé par la presse sur leurs dissensions, M. Salam a répondu, avec le sourire, à la question d'un journaliste à ce sujet : « On a l'air en froid ? »
Le renforcement et l'unité de l'armée
Cette tournée commune vient donc estomper non seulement l’impression de divisions au sein du pouvoir exécutif, mais également de dissensions entre le Premier ministre et l’armée. Dans ce contexte, M. Salam a affirmé que son gouvernement reste « solidaire comme l’exige la Constitution » et « continue de mobiliser tout le soutien arabe et international possible en vue de développer les capacités humaines et technologiques de l’armée, et améliorer les conditions financières et sociales de ses membres ».
Pour le Premier ministre, « le développement des capacités de l’armée n’est pas une affaire secondaire pour le gouvernement, ni une question purement technique, mais un choix stratégique au cœur de notre projet de restitution de l’État ». L’armée libanaise est appelée à jouer un rôle crucial dans la mise en place de l’accord-cadre signé par le Liban et Israël en juin, en vue de se déployer dans les zones évacuées par les Israéliens et d'y désarmer le Hezbollah. « Je réalise l’ampleur des défis que vous rencontrez au Sud du fait des agressions israéliennes, mais je sais aussi que le recouvrement de la souveraineté ne peut se faire que par les fils de l’État, et l’État ne peut y parvenir que par le biais d’une armée forte et unie », a-t-il poursuivi.
M. Salam a encore estimé que « la présence de l’armée au Sud n’est pas qu’un déploiement militaire : c'est la présence de l’État ». « Chaque position où l’armée est déployée est une position où l’État recouvre sa souveraineté, son autorité et son prestige. Et chaque drapeau libanais hissé au-dessus d’une position de l’armée est le symbole de la légitimité de l’État », a-t-il insisté, affirmant que l'État veut revenir dans le Sud avec « des écoles, hôpitaux, routes, de l'électricité et de l'eau, des administrations, la justice, des opportunités d’emploi et la reconstruction. »
Affirmant que « la restauration de la souveraineté ne peut passer que par la construction d’un État capable et qu’un État capable ne peut exister sans une armée unique et forte », il a appelé les militaires à rester unis et « ne pas permettre aux considérations politiques de vous diviser ».
Menassa : Les négociations sont la meilleure solution
Pour sa part, le ministre de la Défense a réaffirmé « la détermination claire (du gouvernement) à recouvrer la souveraineté de l’Etat sur l’intégralité du territoire » et récupérer « jusqu'au dernier centimètre carré du Sud », dont plus de 600 km2 sont occupés par Israël.
« Le retrait complet de l’armée d’occupation israélienne est le premier objectif des négociations » entre le Liban et Israël, a ajouté le ministre de la Défense, soulignant qu'elles constituent « la meilleure voie disponible pour sortir du tunnel et de cette guerre dévastatrice. »
De son côté, le commandant du secteur sud du Litani, le général Nicolas Tabet, a souligné que l'armée place « la sécurité des citoyens, la protection du territoire et la préservation de la souveraineté de l’État au premier rang de ses priorités, malgré la difficulté de la situation sur le terrain ». Il a salué la visite de MM. Salam et Menassa, estimant qu'elle constitue un « message de soutien et de confiance envers l’institution militaire et témoignait de l’attention portée par l’État aux habitants du Sud et à leurs sacrifices ».
Les forces israéliennes continuent de dynamiter et démolir habitations, infrastructures et quartiers complets de villages du Liban-Sud. Lors de la visite des responsables libanais à Tyr, de puissantes détonations ont d'ailleurs été entendues après des explosions provoquées par les Israéliens à Mansouri et Majdel Zoun, dans la même région. L'aviation israélienne a en outre bombardé une maison de Baraachit (Bint Jbeil), après que des tirs d'artillerie ont visé tour à tour depuis la matinée la vallée de Wadi Slouki, entre Meis el-Jabal et Houla (caza de Marjeyoun), les abords de Mayfadoun (Nabatiyé), Wadi el-Jamal (entre Meis el-Jabal et Houla), ainsi que Chebaa, dans le caza de Hasbaya. Pendant la nuit, la colline stratégique de Ali Taher, site dans lequel les Israéliens accusent le Hezbollah d'avoir des installations militaires stratégiques, avait été une nouvelle fois pilonnée, à coups d'artillerie et de frappes.




Ils parlent à l’armée comme en utilisant le même langau qu’avec la milice diabolique. Toujours quémander et supplier jamais exiger et sanctionner. Une armée est là pour défendre son pays que ça lui plaise ou non, sinon aucun de se membres ne devraient toucher un salaire ni même des indemnités ni retraite si l’envie de la trahir lui traverse l’esprit, avec en prime des sanctions et la prison au bout. Ça suffit cette mollesse ou tout le monde se croit légitime à menacer le pays et ses citoyens sans jamais être inquiétés. Où est l’autorité de cet état en carton pâte?
14 h 16, le 21 août 2026