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Culture - Unesco

La sauvegarde du patrimoine en péril au cœur de la première visite de Khaled el-Enany au pays du Cèdre

Pour la première fois au Liban depuis sa prise de fonctions, le directeur général de l’Unesco a multiplié les rencontres et les annonces officielles, plaçant sa tournée sous le signe du soutien au relèvement culturel du pays.

La sauvegarde du patrimoine en péril au cœur de la première visite de Khaled el-Enany au pays du Cèdre

Khaled El-Enany (2e à gauche), directeur général de l'Unesco, accompagné du ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé (à gauche), visite le site archéologique d'Al-Bass, inscrit au patrimoine mondial de l'Uensco, dans la ville côtière de Tyr au Liban-Sud, le 20 août 2026. Photo Kawnat Haju/AFP

Pour sa première visite officielle au Liban depuis son élection, le directeur général de l’Unesco, Khaled el-Enany, a choisi de mettre en avant l’un des domaines dans lesquels l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture entend renforcer son action : la sauvegarde et la valorisation du patrimoine libanais.

Dans un geste d’une forte portée symbolique, le directeur général de l’agence onusienne a remis au président Joseph Aoun le certificat officialisant l’inscription sur la liste du patrimoine mondial et du patrimoine en péril de l’Unesco des cinq forteresses croisées de Jabal Amel* – parmi lesquelles Chqif, également appelée château de Beaufort, actuellement sous le feu des bombardements israéliens.

Le directeur général de l’Unesco entouré du Premier ministre et de membres du gouvernement libanais lors de la signature du mémorandum d’accord, qui fixe jusqu’en 2029 un cadre de coopération renforcée. Photo fournie par le bureau de l’Unesco à Beyrouth
Le directeur général de l’Unesco entouré du Premier ministre et de membres du gouvernement libanais lors de la signature du mémorandum d’accord, qui fixe jusqu’en 2029 un cadre de coopération renforcée. Photo fournie par le bureau de l’Unesco à Beyrouth

Reçu par le président Aoun ainsi que par le président de la Chambre Nabih Berry, le Premier ministre Nawaf Salam, le ministre de la Culture Ghassan Salamé et plusieurs membres du gouvernement, le directeur général de l’Unesco a également signé avec les autorités libanaises concernées un nouveau mémorandum d’accord, qui fixe jusqu’en 2029 un cadre de coopération renforcée.

« Alors que le Liban continue de faire face à des crises évolutives, l’Unesco se montre solidaire de son peuple et reconnaît l’extraordinaire patrimoine culturel du Liban », a déclaré Khaled el-Enany, réaffirmant la volonté de l’organisation de soutenir les priorités nationales en matière de patrimoine, d’éducation et d’accès à une information fiable.

Tyr, priorité à l’urgence patrimoniale

Autre point fort de sa visite : le déplacement à Tyr, dont le site archéologique vient d’être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Khaled el-Enany y a annoncé une contribution de 100 000 dollars du fonds d’urgence pour le patrimoine. Destinée à répondre aux besoins les plus immédiats, cette enveloppe doit permettre d’évaluer les dégâts, de consolider les structures fragilisées et de protéger les vestiges archéologiques et les mosaïques. Elle contribuera également à la formation de jeunes professionnels libanais du patrimoine et au soutien d’initiatives de reconstruction portées par les communautés locales.

Visite du site de Tyr inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, en compagnie notamment du ministre de la Culture Ghassan Salamé. Photo fournie par le bureau de l’Unesco à Beyrouth
Visite du site de Tyr inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, en compagnie notamment du ministre de la Culture Ghassan Salamé. Photo fournie par le bureau de l’Unesco à Beyrouth

Une manière, pour l’Unesco, d’associer intervention d’urgence et transmission des savoir-faire, dans un pays où la préservation du patrimoine est directement liée aux perspectives de relèvement et de développement local.

Le directeur général s’est également rendu dans le nord du pays. À Tripoli, il a visité Khan al-Askar, dont il a souligné le potentiel pour accueillir des programmes de formation professionnelle et de développement des compétences orientés vers l’emploi. Il a ensuite visité l’emblématique Foire internationale Rachid Karamé, conçue dans les années 1960-1970 par l’architecte moderniste Oscar Niemeyer et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Un site dont l’organisation entend poursuivre son soutien à la conservation, à travers notamment la mise en œuvre d’un plan de gestion de la conservation, le renforcement des compétences des experts libanais et le financement, à hauteur de 76 000 dollars, de la restauration du château d’eau.

Éducation et liberté des médias

L’action de l’Unesco au Liban ne se limite toutefois pas au patrimoine bâti. Khaled el-Enany l’a souligné lors de sa visite de l’école primaire publique mixte Mohammad Chamel, à Beyrouth, où il a rencontré élèves et enseignants participant au Programme d’apprentissage d’été, destiné à aider les enfants affectés par les conflits et les déplacements à rattraper leur retard scolaire.

Le directeur général a annoncé, à cet effet, une nouvelle subvention d’un million de dollars du Partenariat mondial pour l’éducation qui devrait contribuer à renforcer la planification nationale et la résilience du système éducatif. Elle portera ainsi à 1,8 million de dollars le soutien ciblé de l’organisation à la relance de l’éducation au Liban.

Autre volet de cette visite : l’engagement de l’Unesco en faveur de l’intégrité de l’information et de la liberté des médias. Le directeur général s’est félicité du lancement, le 13 août, de la Campagne nationale contre les discours de haine, menée par le ministère de l’Information avec le soutien de l’organisation. Il a également annoncé une nouvelle contribution de la Fondation Loops à l’initiative Bibliothèques pour la résilience, qui a mobilisé 650 000 dollars avec le concours de la Fondation MCN Build et de la Norvège.

De Tyr à Tripoli en passant par Beyrouth, la visite de Khaled el-Enany aura ainsi dessiné les contours d’un engagement qui entend conjuguer sauvegarde du patrimoine, transmission des savoirs et résilience des communautés. Un soutien que le directeur général de l’Unesco veut inscrire dans la durée, au moment où le Liban cherche à préserver ses lieux de mémoire plus que jamais menacés d’effacement.

*Il s’agit du château de Beaufort (Chqif), situé près de Yohmor el-Chqif, dans le caza de Nabatiyé, de ceux de Toron, à Tebnine (Bint Jbeil) et Doubié, à Chaqra, dans le caza de Bint Jbeil, des châteaux de Maron, à Deir Kifa, et de la citadelle de Chamaa, dans le caza de Tyr.

Pour sa première visite officielle au Liban depuis son élection, le directeur général de l’Unesco, Khaled el-Enany, a choisi de mettre en avant l’un des domaines dans lesquels l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture entend renforcer son action : la sauvegarde et la valorisation du patrimoine libanais.Dans un geste d’une forte portée symbolique, le directeur général de l’agence onusienne a remis au président Joseph Aoun le certificat officialisant l’inscription sur la liste du patrimoine mondial et du patrimoine en péril de l’Unesco des cinq forteresses croisées de Jabal Amel* – parmi lesquelles Chqif, également appelée château de Beaufort, actuellement sous le feu des bombardements israéliens.Le directeur général de l’Unesco entouré du Premier ministre et de...
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