La secrétaire générale du Parti authenticité et modernité (PAM), Fatima Ezzahra El Mansouri (d), également ministre marocaine de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville et maire de Marrakech, participe à un rassemblement de son parti à Tanger, le 16 septembre 2026, dans le cadre de la campagne électorale du PAM en vue des élections législatives marocaines. Photo Abdel Majid BZIOUAT / AFP
Le roi du Maroc Mohammed VI a nommé mardi Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement après la victoire de son parti aux élections législatives de la semaine dernière, marquant la première accession d'une femme à ces fonctions dans le pays.
Le monarque a reçu Mme El Mansouri, coordinatrice nationale du Parti Authenticité et Modernité (PAM), au palais royal de Rabat et « l'a chargée de former le nouveau gouvernement », a indiqué un communiqué du cabinet royal.
« Il s'agit d'un moment véritablement historique », a salué la dirigeante de 50 ans auprès de médias publics à l'issue de la réception royale. « Pour la première fois dans l'histoire de notre pays, une femme assume la responsabilité de diriger le gouvernement. Ce n'est pas seulement une source de fierté pour moi, mais pour toutes les femmes marocaines », a-t-elle ajouté.
De centre-droit, le PAM, qui faisait partie de la coalition au pouvoir sortante, a décroché 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants lors d'un scrutin marqué par un taux de participation de 38%, au plus bas depuis près de 20 ans. Sans majorité absolue, Mme El Mansouri devra composer avec d'autres partis pour former une coalition gouvernementale pour cinq ans, même si les grandes orientations des secteurs stratégiques demeurent l'apanage du roi.
« Le travail commence dès aujourd'hui. Nous entamerons d'abord les consultations internes au sein de notre parti, avant de mener des concertations avec l'ensemble des formations politiques », a-t-elle indiqué. L'avocate avait rejoint le PAM à sa création en 2008 par l'actuel conseiller du roi, Fouad Ali El Himma. Ce proche de Mohammed VI s'en est toutefois retiré en 2011. Sous les couleurs de cette formation, elle avait marqué l'histoire de Marrakech en devenant, à 33 ans seulement, la première femme maire de la ville touristique en 2009. Un poste qu'elle occupe actuellement pour un deuxième mandat depuis 2021.
Elle a également été ministre de l'Habitat au sein du gouvernement sortant d'Aziz Akhannouch et a été élue députée lors des élections du 23 septembre. Au Parlement, elle sera remplacée par le numéro 2 de sa liste mais gardera son poste de maire jusqu'aux prochaines municipales, prévues en 2027.
Rétablir la confiance
Les législatives se sont tenues sur fond de défiance envers la classe politique et d'inquiétudes autour de la hausse du chômage et des inégalités, en particulier chez les jeunes. Le manque de perspectives chez une partie de la jeunesse marocaine est revenu au premier plan après l'afflux massif de migrants vers l'enclave espagnole de Ceuta fin juillet.
« Nous sommes pleinement conscients que cette période sera importante et marquée par de fortes attentes de la part des Marocains, en particulier les jeunes. C'est pourquoi nous aurons un programme proposant des solutions concrètes et réalistes aux préoccupations des citoyens », a souligné la Première ministre. Mme El Mansouri devra s'attaquer à des problèmes socio-économiques persistants tout en s'efforçant de restaurer la confiance des citoyens dans l'action publique.
Son parti a promis pendant la campagne une croissance moyenne de 5% par an, le maintien de l'inflation à 2% pour préserver le pouvoir d'achat et la création d'au moins un million d'emplois durant son mandat. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), dont est issu le chef de gouvernement sortant Aziz Akhannouch, est arrivé deuxième avec 66 sièges, perdant une trentaine d'élus par rapport aux dernières législatives de 2021. Le Parti de l'Istiqlal, également présent dans la coalition sortante, est troisième avec 65 sièges.
Dans l'opposition, le Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste), qui a notamment fait campagne sur la lutte contre la corruption, a quadruplé le nombre de ses sièges, à 54, contre 13 lors des dernières législatives. Au lendemain du scrutin, son secrétaire général Abdelilah Benkirane a écarté l'idée de rejoindre la majorité.