Des combattants fidèles aux Houthis scandent des slogans lors d’un rassemblement pour recruter davantage de combattants, à Sanaa, le 10 septembre 2026. (Crédit : Mohammed Huwais/AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait rencontré, pendant sa visite le week-end dernier aux Émirats arabes unis, des représentants de plusieurs pays du Golfe et arabes, dont certains n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël, notamment l’Arabie saoudite.
Selon le quotidien israélien Yedioth Aharonoth, citant des sources au fait de la réunion, des représentants du Maroc, de la Libye, de la Jordanie et du Qatar ont participé aux discussions. Aucun de ces pays n’a officiellement confirmé. Benjamin Netanyahu s’était rendu secrètement dimanche à Abou Dhabi pour rencontrer le président émirati, Mohammad ben Zayed al-Nahyane (MBZ). Selon les médias israéliens, cette visite était la première du Premier ministre israélien à être officiellement confirmée par la partie émiratie.
D’après le journal, la rencontre a été « organisée par le chef du Mossad, Roman Goffman, à la suite d’une demande saoudienne d’assistance face aux attaques des Houthis dans la région de la mer Rouge ». Les discussions ont principalement porté sur l’Iran et les rebelles yéménites. Le quotidien ajoute que les représentants arabes ont été informés de « la disposition d’Israël à aider les pays de la région en matière de systèmes de défense aérienne, comme il l’avait déjà fait pour les Émirats arabes unis dans le cadre du conflit avec l’Iran ».
Les combats au Yémen se sont intensifiés en septembre, les Houthis ayant lancé une offensive éclair qui leur a permis de s’emparer de l’ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge, notamment du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, un passage essentiel pour le commerce maritime. Les rebelles ont également imposé un blocus aux exportations énergétiques saoudiennes et frappé le royaume à plusieurs reprises.
L’Arabie saoudite aurait sollicité une assistance militaire auprès des États-Unis pour combattre les Houthis. Washington a refusé de frapper directement ces derniers, mais s’est dit disposé à fournir des renseignements et une aide au ciblage.
Netanyahu aurait fait pression sur MBZ
Revenant sur cette même visite, le quotidien israélien Jerusalem Post rapporte que Benjamin Netanyahu a passé six heures dimanche aux Émirats arabes unis, l’Iran ayant constitué le principal sujet de ses discussions avec MBZ. Citant des sources au fait du dossier, le journal affirme que la visite est intervenue après que « Netanyahu a exercé de fortes pressions sur les Émiratis afin d’organiser une rencontre avant les élections israéliennes du 27 octobre ».
De son côté, l’agence américaine Associated Press (AP), citant un responsable ayant une connaissance directe de la rencontre, rapporte que la visite de M. Netanyahu visait notamment à demander à MBZ de démentir des informations selon lesquelles il aurait averti le Premier ministre israélien d’une menace imminente du Hamas avant l’attaque du 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël. Le bureau de M. Netanyahu a aussitôt démenti ces informations, selon les médias israéliens. « Fausse information. La visite était exclusivement consacrée au renforcement des relations entre les deux pays et aux défis régionaux », a-t-il affirmé. Le quotidien Haaretz avait précédemment rapporté que MBZ avait personnellement averti le Premier ministre, environ dix jours avant le 7 octobre, que le Hamas préparait une opération d’envergure.
Ces révélations alimentent le débat sur les informations dont disposaient les dirigeants israéliens avant l’attaque du 7-Octobre, qui a fait plus de 1 200 morts en Israël. La guerre lancée ensuite par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 74 000 morts. Le 25 septembre, le média américain The Atlantic avait en outre rapporté qu’Israël avait reçu une seconde alerte des renseignements égyptiens concernant l’imminence d’une attaque du Hamas avant le 7 octobre 2023.