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Nos lecteurs ont la parole

Le serment du cèdre, de l’olivier, de la vigne et du jasmin

Comme il est beau l’été au Liban quand les journées ensoleillées et la brise marine apportent avec elles une promesse de bien-être et de sérénité.

Le ciel bleu sans limite pénètre au fond de nos cœurs et la nuit se pare d’un ciel de velours constellé de mille étoiles scintillantes, vertige d’infini.

Cet été, le pays semble reposer dans un linceul doré. Le velours du ciel est glacé et les étoiles ressemblent à des larmes de solitude argentées. Sommes-nous morts, sommes-nous vivants, on ne le sait plus...

L’humanité est désormais pour nous un terme qui sonne creux, triste reflet d’un décalage décevant entre les valeurs morales présumées et la réalité vécue. S’agit-il d’un effacement programmé de notre identité ?

Ils ont leurs missiles, nous avons nos vignes dont chaque bourgeon est une promesse de vie, nos oliviers, poèmes de résilience, nos cèdres plantés par une main divine.

Ils ont leurs discours de haine, nous avons les chansons de Feyrouz et les poèmes de Gibran.

Ils ont le vrombissement continu des drones au-dessus de nos têtes, nous avons le silence sacrée de la vallée de Qadisha.

Et si nos ruines sont sauvagement bombardées, les pierres gardent en elles notre histoire. Le jasmin refleurira sur les murs détruits et ses senteurs subtiles recouvriront l’odeur âcre des explosifs.

Nous avons des richesses invisibles dont ils ne peuvent pas nous déposséder, des rituels simples transmis de génération en génération. L’arôme du café fumant au réveil, le parfum réconfortant des manakishs dorées au zaatar, les effluves des fleurs d’oranger... Ce sentiment de plénitude sous la caresse de la lumière du jour quand la famille se réunit autour de la table, l’amour indéfectible des expatriés dont le cœur reste ancré au pays malgré les distances... Toutes ces belles choses qui font la différence défieront la noirceur de leurs cœurs et la fumée de leurs bombes.

Nous resterons ici. Notre destin est scellé à la terre de nos ancêtres.

Nous resterons ici fiers de porter le Liban dans nos cœurs comme une étincelle d’éternité.

Nous resterons debout, riches de la noblesse de nos origines. Il y a dans chaque Libanais une dignité que nul ne peut briser.

Nous resterons et la vie retrouvera pour nous, un jour, le chemin de la lumière au sortir des ténèbres.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Comme il est beau l’été au Liban quand les journées ensoleillées et la brise marine apportent avec elles une promesse de bien-être et de sérénité.Le ciel bleu sans limite pénètre au fond de nos cœurs et la nuit se pare d’un ciel de velours constellé de mille étoiles scintillantes, vertige d’infini.Cet été, le pays semble reposer dans un linceul doré. Le velours du ciel est glacé et les étoiles ressemblent à des larmes de solitude argentées. Sommes-nous morts, sommes-nous vivants, on ne le sait plus...L’humanité est désormais pour nous un terme qui sonne creux, triste reflet d’un décalage décevant entre les valeurs morales présumées et la réalité vécue. S’agit-il d’un effacement programmé de notre identité ?Ils ont leurs missiles, nous avons nos vignes dont chaque bourgeon est une promesse de...
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