Une jeune mère allaitant son nouveau-né. Photo d'illustration d’archives/L'Orient-Le Jour
Le 3 août dernier, à l’occasion du lancement d’un programme national pour l’allaitement naturel entre le ministère de la Santé et l’Unicef, la députée Inaya Ezzeddine, présidente de la Commission parlementaire de la femme et de l’enfant, en a profité pour remettre sur le tapis une proposition de loi qu’elle avait présentée en juillet 2023 et qui dort toujours dans les tiroirs du Parlement : l’augmentation de la durée des congés de maternité – et de paternité – ainsi que des recommandations pour le retour au travail lors des premiers mois de l’enfant. Elle explique à L’Orient-Le Jour pourquoi de telles lois sont aussi indispensables pour les femmes actives que pour toute la société.
Que comporte cette proposition de loi ?
Le texte stipule une augmentation de la durée du congé de maternité de 10 à 14 semaines, ce qui est plus conforme aux standards internationaux. Il évoque aussi le congé de paternité, introduit récemment dans la législation libanaise et rarement appliqué, le prolongeant de trois à dix jours.
Lors du retour au travail, et durant la période de la petite enfance et de l’allaitement, la proposition indique que la mère devrait pouvoir profiter d’une heure par jour pour l’allaitement ou le pompage de lait, ou que son horaire soit raccourci d’une heure pour la même raison, sans réduction de salaire. Le texte recommande également aux lieux de travail, publics et privés, de créer des crèches en leur sein, si le nombre de salariés le permet, ou de payer une subvention pour la garde d’enfants afin de permettre aux parents de les placer en crèche.
Quelle importance revêt ce texte pour les femmes en particulier et la société en général ?
Cette proposition intervient sur une période excessivement importante pour l’enfant et la mère. Pour la femme active, il ne faut plus que la maternité soit vue comme une punition ou un frein dans le cadre de son travail. Un changement dans la mentalité des employeurs est également utile : ils devraient cesser de considérer le congé de maternité comme un problème, mais y voir un investissement de toute la société dans les soins et l’éducation des générations futures. Il en va de même pour le congé de paternité : il lance un message essentiel à la société, celui de la participation du père dans l’éducation des enfants.
Il ne faut pas oublier non plus une vérité fondamentale : ce temps passé par les parents avec l’enfant qui vient de naître est un droit. Or, aujourd’hui, les femmes sont loin de jouir de tous leurs droits dans la maternité. Étant donné la situation précaire des ménages, elles sont souvent obligées de travailler sans filet de sécurité social, sachant que 65 % d’entre elles évoluent dans des secteurs informels. Nous sommes en pourparlers avec la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) afin de mieux adapter les conditions aux besoins des femmes.
Où en est l’adoption de ce texte ?
Il a été transféré par le président de la Chambre des députés, Nabih Berry, aux commissions mixtes depuis juillet 2023 et n’a encore jamais été mis à l’ordre du jour de leurs réunions par le vice-président du Parlement, Élias Abou Saab. Ce qui concerne les femmes et les enfants est rarement considéré comme prioritaire et c’est pour cela que j’ai soulevé cette question récemment lors du lancement de la campagne sur l’allaitement naturel.

