Le Premier ministre Ali al-Zaïdi (au centre) assistant à une cérémonie marquant la « Journée de la souveraineté » — célébrant la fin de la présence des forces de la coalition dirigée par les États-Unis contre l'État islamique en Irak — à Bagdad, le 30 septembre 2026. Photo du bureau de presse du Premier ministre irakien via AFP
L'info du jour
Le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi a annoncé jeudi avoir fixé au 30 juin 2027 la nouvelle date butoir pour le désarmement des factions pro-iraniennes présentes sur le sol irakien, au lendemain du retrait des dernières troupes de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis du pays.
« Le 1er octobre doit marquer le point de départ pour s'attaquer au problème des armes échappant au contrôle de l'État (...) selon une feuille de route claire et une échéance le 30 juin 2027 au plus tard », a déclaré M. al-Zaïdi dans un communiqué, alors que le gouvernement avait initialement fixé la date au 30 septembre 2026.
En parallèle, Ahmad al-Hamidawi, chef des Kataëb Hezbollah, l'une des principales milices pro-iraniennes en Irak, a appelé jeudi ses combattants à mettre fin à leurs activités militaires, « à l’exception du ciblage des aéronefs hostiles violant l’espace aérien du pays », a rapporté l’agence Associated Press, en marge des célébrations du départ des dernières troupes américaines encore présentes en Irak.
Pourquoi c'est important
Ce nouvel ultimatum envoyé par le gouvernement de Bagdad aux tenants de l'axe pro-iranien en Irak intervient à l'expiration de la précédente date butoir fixée à cette fin par le Premier ministre Ali al-Zaïdi, sous forte pression américaine pour entériner le monopole des armes dans les mains de l'État. Une date qui coïncide également avec l'officialisation du retrait des derniers soldats américains de la base aérienne d'Erbil, bastion de la coalition internationale contre le groupe État islamique (EI) dans le Kurdistan irakien autonome. Déjà parties de Syrie, les troupes américaines positionnées en Irak avaient été prises pour cible à plusieurs reprises par des tirs iraniens ou des alliés irakiens de Téhéran depuis le début de la guerre régionale lancée par l'attaque israélo-américaine le 28 février contre l'Iran.
Leur mission s'est officiellement achevée mercredi, et le pouvoir irakien estime que ce retrait prive ces factions pro-iraniennes du prétexte qu'elles invoquaient pour conserver leur arsenal. D'autres responsables irakiens, convaincus que l'Iran n'acceptera pas leur désarmement, craignent cependant qu'elles n'en sortent renforcées et plongent un peu plus le pays dans le conflit régional au Moyen-Orient.
Ce sur quoi il faut garder un œil
Les Émirats arabes unis ont annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête pour déterminer si l'attaque présumée survenue la veille à bord d'un vol Flydubai à destination de Tel-Aviv était de nature « terroriste », comme l'affirme Israël. D'après le récit livré par des passagers et les autorités israéliennes, le copilote a poignardé le commandant de bord pour faire s'écraser l'avion dans lequel se trouvaient 174 personnes, provoquant une soudaine perte d'altitude avant que des passagers se ruent dans le cockpit pour maîtriser l'assaillant et qu'un atterrissage en urgence soit effectué dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite.
Riyad, qui n'entretient pas de relations diplomatiques officielles avec Israël, aurait alors rejeté plusieurs demandes israéliennes visant à envoyer des avions pour rapatrier les passagers israéliens, a également indiqué jeudi à l'AFP une source saoudienne proche du dossier. « Ils ont demandé à envoyer des avions militaires, deux ou trois, directement à l'aéroport de Tabuk », a déclaré cette source à l'AFP. « Cela a été refusé. (...) Ils ont ensuite demandé à envoyer un avion commercial. Cela a également été refusé », a-t-elle précisé, ajoutant que des échanges avaient eu lieu par l'intermédiaire des Emirats arabes unis, et non directement avec Israël.
Dans le reste de l'actualité
- Un nouveau détenu, un homme d'une quarantaine d'années qui se trouvait dans le « bâtiment D » de la prison de Roumieh, est décédé dans la nuit d'un « problème de santé » dont les circonstances ne sont pas encore claires, a annoncé le Comité des familles de détenus. « Le défunt souffrait d’insuffisance rénale, était sous dialyse et nécessitait une prise en charge médicale et hospitalière particulière », selon ce comité, qui fait pression sur les autorités pour que la loi d'amnistie générale, actuellement suspendue, soit finalement appliquée, près de deux mois après son adoption par le Parlement libanais.
- Les corps et restes de 105 Palestiniens, retrouvés sous les décombres d'immeubles résidentiels de Gaza-ville bombardés par Israël en octobre 2023, ont été inhumés lors de funérailles collectives organisées jeudi matin par la Défense civile avec des proches des victimes. Dans ses deux derniers bilans officiels, le ministère local de la Santé a indiqué avoir enregistré 16 tués supplémentaires au cours des dernières 48 heures, auxquels s'ajoutent 57 blessés. Selon plusieurs médias palestiniens locaux, plusieurs bombardements israéliens ont eu lieu mercredi et jeudi dans le camp de réfugiés Jabalia et Gaza-ville, dans le nord de l'enclave, ainsi qu'à Khan Younès, dans le sud.
- L’armée israélienne a poursuivi jeudi matin ses frappes et ses destructions quotidiennes dans le sud du Liban, après une nuit marquée par plusieurs frappes aériennes et des dynamitages. L'une des localités les plus touchées a encore été Mansouri, au sud de Tyr, où des dynamitages de grande ampleur sont menés par l'armée israélienne depuis plus d'un mois.
- Au moins sept personnes ont été tuées mercredi « par des tirs » contre un bus dans la province de Homs, dans le centre de la Syrie, a rapporté l'agence de presse officielle Sana, tandis qu'une explosion survenue près d'un gazoduc mercredi soir près dans la Ghouta orientale, à proximité de Damas, a mis hors service trois stations électriques, dont l'une des plus importantes du pays.




