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Politique - Liban

Devant des élus américains, Aoun et Berry ont le même message : faire pression sur Israël

Au cours de son entretien avec Tarek Mitri, Nabih Berry a réaffirmé que « poursuivre Israël pour ses crimes est un droit souverain du Liban auquel il ne saurait renoncer sous quelque forme que ce soit ».

Devant des élus américains, Aoun et Berry ont le même message : faire pression sur Israël

Le drapeau libanais flotte au-dessus des bâtiments en ruines à Mansouri, vus depuis Henniyé, au Liban, le 29 septembre 2026. REUTERS/Mohamed Azakir

Le président Joseph Aoun et le président de la Chambre Nabih Berry ont appelé mardi Washington à faire pression sur Israël pour qu’il respecte ses engagements et mette fin à ses attaques contre le Liban, au cours de deux rencontres séparées à Beyrouth avec les élus américains Darin LaHood et Josh Gottheimer. Le chef de l’État a notamment exhorté les États-Unis à contraindre Israël à appliquer l’accord-cadre conclu entre les deux pays, tandis que M. Berry a estimé que le « principal obstacle » à la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu résidait dans le « non-respect » par Israël de ses obligations.

Recevant les deux membres du Congrès et la délégation qui les accompagnait, Joseph Aoun a affirmé que « le Liban compte beaucoup sur les États-Unis pour faire pression sur Israël afin de le contraindre à mettre en œuvre l’accord-cadre », accusant l’État hébreu de continuer à refuser d’en appliquer les dispositions, « alors que le Liban s’est engagé à l’appliquer pleinement ».

Pour le chef de l’État, l’application de l’accord doit désormais avancer « rapidement » sur plusieurs dossiers : le retour des détenus libanais, le règlement des points litigieux le long de la Ligne bleue, le retrait progressif des forces israéliennes des territoires libanais et le déploiement de l’armée jusqu’à la frontière internationalement reconnue. Tout retard dans l’exécution de cet accord, a-t-il estimé, contribuera à maintenir les tensions au Liban-Sud et empêchera l’État d’y étendre son autorité, d’« éliminer les manifestations armées » et de permettre aux déplacés de regagner leurs villages et localités. Le président Aoun a dans ce cadre appelé à l'arrêt « des opérations de dynamitage, de nivellement et de destruction » dans les villages du Liban-Sud dont des dizaines ont été rasés, tandis que les troupes israéliennes occupent toujours une superficie de plus de 600 km2.


Le président a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de l’armée libanaise afin de permettre à l’État d’exercer pleinement son autorité. Il a rappelé que l’institution militaire doit, au-delà de son déploiement dans le Sud, lutter contre le terrorisme et la contrebande, contrôler les frontières, préserver la paix civile et protéger les institutions. Sur le plan intérieur, Joseph Aoun a assuré à ses interlocuteurs que le gouvernement restait engagé dans la mise en œuvre des réformes financières, économiques et judiciaires. Il a notamment cité la modification de la loi sur le secret bancaire, la restructuration du secteur bancaire et la loi sur les médias.

De son côté, Darin LaHood a salué les efforts du président Aoun pour « préserver la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale du Liban » et étendre l’autorité de l’État. Il a également évoqué les résultats obtenus après la rencontre du chef de l’État avec Donald Trump, estimant que le Liban se trouvait face à « une occasion de rétablir la stabilité dans le pays et dans l’ensemble de la région » qu’il ne fallait pas laisser passer.

Berry : Washington « seul capable » de faire pression sur Israël

À Aïn el-Tiné, où il a reçu les deux élus américains en présence du chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis Keith Hanigan, Nabih Berry a lui aussi appelé Washington à intervenir auprès d’Israël.« Le principal obstacle à la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu au Liban réside dans le non-respect par Israël de ses obligations découlant de tous les accords conclus pour mettre fin à la guerre », a-t-il déclaré. Le chef du Législatif, allié du Hezbollah, a estimé que « l’administration américaine et le président Donald Trump sont les seuls capables d’exercer des pressions afin de contraindre l’État hébreu à mettre fin à sa guerre contre le Liban ». Il a averti que la poursuite des hostilités « réduirait à néant tous les efforts déployés pour permettre à l’État et à ses institutions d’assumer leurs responsabilités à tous les niveaux ».

Nabih Berry a aussi réaffirmé son attachement au maintien de la Finul au cours de cette rencontre avec les élus américains comme pendant son entretien avec une délégation britannique conduite par le chef adjoint de l’état-major britannique de la Défense, Charlie Collins. Le président de la Chambre a estimé qu’« il est encore temps d’éviter de commettre l’erreur de ne pas renouveler » le mandat de la force onusienne au Liban-Sud, qui expire à la fin de l’année. Sous pression américaine, le Conseil de sécurité de l’ONU avait décidé en août 2025 de fixer à décembre 2026 la fin du mandat de la force internationale.

Devant la délégation britannique, M. Berry a également souligné « l’importance de maintenir une couverture internationale, sous le drapeau des Nations unies, pour toute force appelée à soutenir l’armée libanaise après le retrait israélien des territoires libanais occupés ». Les responsables britanniques ont de leur côté présenté les programmes de coopération militaire et d’aide à l’armée libanaise auxquels participent plusieurs pays.

Le droit de poursuivre Israël

Nabih Berry a enfin reçu le vice-Premier ministre Tarek Mitri, qui lui a présenté un rapport « détaillé et documenté » sur les « crimes commis et qui continuent de l’être par les forces d’occupation israéliennes au Liban-Sud contre les personnes et les biens ». À cette occasion, il a réaffirmé que « poursuivre Israël pour ses crimes est un droit souverain du Liban auquel il ne saurait renoncer sous quelque forme que ce soit ».

Une déclaration qui fait directement écho à l’article 13 de l’accord-cadre libano-israélien conclu le 26 juin sous médiation américaine, qui prévoit la renonciation du Liban à toute poursuite contre Israël pour les actes commis durant le conflit. M. Berry avait déjà exprimé son opposition à cette disposition, estimant qu’une telle renonciation porterait atteinte à la souveraineté du Liban.

Le président Joseph Aoun et le président de la Chambre Nabih Berry ont appelé mardi Washington à faire pression sur Israël pour qu’il respecte ses engagements et mette fin à ses attaques contre le Liban, au cours de deux rencontres séparées à Beyrouth avec les élus américains Darin LaHood et Josh Gottheimer. Le chef de l’État a notamment exhorté les États-Unis à contraindre Israël à appliquer l’accord-cadre conclu entre les deux pays, tandis que M. Berry a estimé que le « principal obstacle » à la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu résidait dans le « non-respect » par Israël de ses obligations.Recevant les deux membres du Congrès et la délégation qui les accompagnait, Joseph Aoun a affirmé que « le Liban compte beaucoup sur les États-Unis pour faire pression sur Israël afin de le...
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