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Société - Justice

Biens mal acquis : Riad Salamé conteste les saisies réalisées par la justice française à l'étranger

Les saisies, réalisées au Royaume-Uni et en Belgique, s'élèvent à 37 millions d'euros.

L'ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, à Beyrouth, le 20 décembre 2021. Photo Joseph Eid / AFP

Les avocats de l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise Riad Salamé ont contesté jeudi devant la cour d'appel de Paris la compétence de la justice française pour saisir des biens à l'étranger, ont indiqué des sources proches du dossier à l'AFP.

Les saisies, réalisées au Royaume-Uni et en Belgique, sur des biens liés à M. Salamé et ses proches, s'élèvent à 37 millions d'euros, d'après l'une des sources. La chambre de l'instruction rendra sa décision le 26 novembre. Ces saisies s'inscrivent dans le cadre d'une information judiciaire, suivie par le parquet national financier (PNF), dans le dossier dit des biens mal acquis libanais.

L'ancien gouverneur (1993-2023) est visé par un mandat d'arrêt international depuis mai 2023. Il est soupçonné de s'être constitué un riche patrimoine immobilier et bancaire en Europe et aux Etats-Unis via un détournement massif de fonds publics libanais. Son frère Raja Salamé est poursuivi depuis août 2024, sous contrôle judiciaire. Au total, dix mises en examen ont été prononcées à Paris, dont celle de HSBC Private Bank Suisse, filiale du géant bancaire britannique, soupçonnée d'avoir aidé l'ancien gouverneur à détourner près de 330 millions de dollars de la banque centrale libanaise.

Volonté de « retarder la tenue du procès » ?

Interrogés jeudi par l'AFP sur l'examen des saisies pénales, Mes William Bourdon et Vincent Brengarth, les avocats des associations Sherpa et CVPFCL, parties civiles, ont fustigé des « manœuvres procédurales dans le but manifeste de retarder la clôture de l'information judiciaire et la tenue du procès ».

« Cette audience technique s'inscrit en marge d'une situation humaine catastrophique au Liban, où le parquet général libanais s'est opposé à ce que nous rencontrions le 22 septembre notre client hospitalisé » dans le cadre de sa détention, ont de leur côté souligné les avocats de Riad Salamé, Mes Pierre-Olivier Sur, Clara Gérard Rodriguez et Sofia Bougrine.

Mis en cause par la justice libanaise, Riad Salamé avait été de nouveau arrêté en juillet dernier dans le cadre d'une plainte déposée par le nouveau gouverneur, Karim Souhaid. En juillet, la Banque du Liban (BDL) avait dénoncé des « fraudes massives » auprès de l'AFP. L'établissement, partie civile en France mais aussi « en Suisse et au Luxembourg », avait assuré qu'il entendait « poursuivre le recouvrement de la totalité des sommes détournées » pour en faire bénéficier les « déposants, durement affectés par la crise traversée par le pays et par son système financier ».

Les avocats de l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise Riad Salamé ont contesté jeudi devant la cour d'appel de Paris la compétence de la justice française pour saisir des biens à l'étranger, ont indiqué des sources proches du dossier à l'AFP.Les saisies, réalisées au Royaume-Uni et en Belgique, sur des biens liés à M. Salamé et ses proches, s'élèvent à 37 millions d'euros, d'après l'une des sources. La chambre de l'instruction rendra sa décision le 26 novembre. Ces saisies s'inscrivent dans le cadre d'une information judiciaire, suivie par le parquet national financier (PNF), dans le dossier dit des biens mal acquis libanais. On vous explique Au Liban et en Europe, où en sont les affaires judiciaires contre Riad Salamé ? L'ancien gouverneur (1993-2023)...
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