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Société - Rapport De L'unicef

Au Liban, dans 22% des familles, les enfants se sont couchés en ayant faim

« Sans une action urgente et soutenue, toute une génération risque de porter les stigmates de cette crise jusqu’à l’âge adulte », a averti Marcoluigi Corsi, représentant de l’ONG.

Au Liban, dans 22% des familles, les enfants se sont couchés en ayant faim

Des bénévoles de l’ONG Basmeh & Zeitooneh chargent des colis d’aide, en mars 2026, destinés aux personnes déplacées par la guerre entre Israël et le Hezbollah. Photo fournie par Basmeh & Zeitooneh

Faim, abandon de la scolarité et travail des enfants, incapacité d'accéder aux soins de santé : l'Unicef dresse mercredi un sombre rapport des conséquences de la crise au pays du Cèdre. Selon l'agence onusienne pour la protection des enfants, quatre foyers sur cinq peinent à couvrir leurs besoins essentiels dans le pays, ce qui impacte la vie des enfants dans le pays.

Le rapport, intitulé « Un cauchemar persistant », révèle que 22 % des foyers interrogés déclarent que leurs enfants se sont couchés en ayant faim, tandis que seulement 10 % des foyers avec des enfants de moins de cinq ans parviennent à leur fournir une alimentation suffisamment nutritive. Par ailleurs, 31 % des foyers indiquent que leurs enfants n’ont pas reçu les soins de santé nécessaires, le plus souvent parce que leur famille ne pouvait pas se le permettre, tandis que 14 % signalent qu’au moins un enfant travaille — soit plus du double de la proportion enregistrée en janvier 2025.

« Les enfants et les jeunes du Liban se voient imposer un fardeau qu’aucun enfant ne devrait avoir à porter », a affirmé dans le texte Marcoluigi Corsi, représentant de l’Unicef au Liban. « Les familles sont poussées à bout, tandis que les enfants sont privés de soins de santé et d’éducation, forcés de travailler et subissent une détresse psychologique profonde. Sans une action urgente et soutenue, ces pressions façonneront leur vie pendant de nombreuses années à venir. »

La guerre entre Israël et le Hezbollah a particulièrement frappé les enfants libanais. Depuis le 2 mars, les frappes israéliennes ont tué au moins 261 enfants et blessé 1 056 autres, selon l’Unicef, soit en moyenne sept enfants tués ou blessés chaque jour sur six mois. L’agence estime que 12 % des enfants blessés vivent désormais avec un handicap.

L’éducation gravement perturbée

Au niveau du système éducatif, l'Unicef fait état de 436 écoles endommagées ou détruites, laissant quelque 100 000 enfants privés d'éducation. Israël a également tué ou blessé 86 enseignants. Parallèlement, 46 % des familles interrogées affirment avoir réduit les dépenses consacrées à l’éducation et 17 % indiquent que leurs enfants ont cessé d’aller à l’école. Parmi les enfants qui continuent d’y aller, 29 % n’arrivent pas à se concentrer sur leur apprentissage, souvent en raison de difficultés de concentration et de détresse émotionnelle.

L’Unicef avait déjà averti en juillet qu’au moins 100 000 élèves libanais risquaient de ne pas pouvoir reprendre les cours, faute de mesures urgentes pour réhabiliter les écoles endommagées par la guerre. L’organisme cite une enquête du ministère de l’Éducation recensant 340 bâtiments scolaires endommagés, dont 17 entièrement détruits. La nouvelle évaluation de l’Unicef estime également que 770 000 enfants auraient souffert de détresse psychologique au cours des six derniers mois.

Plus de la moitié des foyers sondés déclarent que le bien-être émotionnel de leurs enfants s’est détérioré, tandis que 63 % signalent que leurs enfants sont anxieux ou nerveux. Les jeunes font également face à une diminution des perspectives d’avenir. Une précédente enquête de l’Unicef cette année a révélé que seulement 22 % des 18-25 ans étaient inscrits à l’école ou à l’université, principalement pour des raisons financières, tandis que 67 % étaient au chômage au moment de l’enquête.

« C’est toute une génération » qui est en danger

L’Unicef affirme avoir intensifié sa réponse humanitaire depuis janvier, en soignant notamment les enfants blessés, en livrant des fournitures aux abris et aux établissements de santé, et en apportant une aide aux familles déplacées.

« Sans une action urgente et soutenue, toute une génération d’enfants et de jeunes risque de porter les stigmates de cette crise jusqu’à l’âge adulte », a averti Marcoluigi Corsi, soulignant que « le redressement du Liban dépend de la protection des enfants dès aujourd’hui, ainsi que du respect de leur droit à la santé, à l’éducation, à la protection et aux opportunités nécessaires à la construction de leur avenir ».

Faim, abandon de la scolarité et travail des enfants, incapacité d'accéder aux soins de santé : l'Unicef dresse mercredi un sombre rapport des conséquences de la crise au pays du Cèdre. Selon l'agence onusienne pour la protection des enfants, quatre foyers sur cinq peinent à couvrir leurs besoins essentiels dans le pays, ce qui impacte la vie des enfants dans le pays.Le rapport, intitulé « Un cauchemar persistant », révèle que 22 % des foyers interrogés déclarent que leurs enfants se sont couchés en ayant faim, tandis que seulement 10 % des foyers avec des enfants de moins de cinq ans parviennent à leur fournir une alimentation suffisamment nutritive. Par ailleurs, 31 % des foyers indiquent que leurs enfants n’ont pas reçu les soins de santé nécessaires, le plus souvent parce que leur famille ne pouvait...
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