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Société - guerre au liban 2026

« Demander la protection d’un État ennemi ? Certainement pas ! » : au Liban-Sud, des villages chrétiens rejettent les propos de Netanyahu

Dimanche, le Premier ministre israélien avait affirmé que certaines de ces localités ont « demandé à être annexées à Israël » par peur du Hezbollah.

« Demander la protection d’un État ennemi ? Certainement pas ! » : au Liban-Sud, des villages chrétiens rejettent les propos de Netanyahu

Le village chrétien de Aïn Ebel, au Liban-Sud, pris en photo le 31 mai 2026. Photo Lucile Wassermann/L’Orient-Le Jour

Le démenti n’aura pas tardé : suite aux propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dimanche soir, selon lesquels certains villages chrétiens du Liban-Sud auraient « demandé à être annexés à Israël », par crainte du Hezbollah, les réactions de la part des principaux intéressés ont fusé.

Parmi les « villages chrétiens au Liban, certains ont même demandé à être annexés à Israël, parce que nous les protégeons contre les fanatiques du Hezbollah qui veulent les tuer. Et nous faisons la même chose avec les chrétiens partout », a déclaré Benjamin Nentayahu dans l’émission The Sunday Briefing, alors que son pays occupe environ 620 km² du sud du Liban, le long de la frontière. Le Premier ministre israélien n’a toutefois pas nommé les villages qu’il évoque.

« Aucun village du Sud n’a formulé une telle demande », assure à L’Orient-Le Jour, lundi, Hanna el-Amil, président de la municipalité de Rmeich, le plus grand des villages chrétiens frontaliers. Les allégations israéliennes ont été démenties en bloc dans un communiqué signé par 15 villages du Liban-Sud (notamment Rmeich), les localités qualifiant les propos du Premier ministre israélien de « totalement fabriqués, sans rapport avec la réalité ». « Les habitants des villages chrétiens frontaliers sont fiers de leur appartenance nationale et considèrent le Liban comme leur patrie définitive (…). Nous demeurons attachés à l’État libanais et à sa légitimité, sans avoir jamais dévié de cette position malgré les conditions extrêmement difficiles imposées par la guerre, et rejetons toute tentative de déformer nos positions ou d’exploiter nos souffrances au service d’agendas qui nous sont étrangers », indique le texte. Parmi ces villages, plusieurs ne comptent pas que des chrétiens, mais aussi des minorités druzes et sunnites.

L’hommage de Nabih Berry

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël en soutien à l’Iran, visé par une offensive américano-israélienne. Israël a répliqué par d’intenses bombardements, qui ont fait plus de 4 300 morts, et l’invasion de dizaines de villages. Depuis le début de la guerre, les bombardements israéliens ont fait des centaines de milliers de déplacés. Mais dans la plupart des villages chrétiens du Sud, parmi les habitants, beaucoup sont restés sur place malgré les graves pénuries alimentaires et sanitaires, et en dépit des ordres d’évacuation israéliens. L’armée israélienne avait mis en demeure plusieurs villages à majorité chrétienne de ne laisser ni entrer ni rester des déplacés d’autres localités, pour leur propre sécurité. L’armée libanaise, sous-équipée et en manque d’effectifs, s’est, pour sa part, retirée de plusieurs villages chrétiens du Sud depuis l’invasion israélienne. Quant aux riverains, ils sont nombreux à s’estimer pris en tenailles entre le Hezbollah et l’armée israélienne.

Le démenti catégorique de ces villages en réaction aux propos de Benjamin Netanyahu a été salué par le président du Parlement, Nabih Berry, allié chiite du Hezbollah. Le chef du législatif a rendu hommage à « leur résilience et l’attachement à leur terre et à leur identité, qui reflètent l’authenticité de leur appartenance nationale qu’ils ne négocieront sous aucun prétexte ». Quant à Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, il a estimé que ces localités « font partie intégrante du tissu national et social du Liban-Sud », fustigeant les autorités libanaises qui ont gardé le silence sur les propos du Premier ministre israélien.

Ghenwa Farah, une habitante de Aïn Ebel contactée par téléphone, affirme que les riverains des villages chrétiens ont été « surpris » par cette déclaration. « Ce sont des allégations sans aucune base de vérité », martèle-t-elle. « Dans toutes nos déclarations à la presse et sur les réseaux sociaux, nous demandons exclusivement la protection de l’État libanais et de l’armée libanaise, insiste Ghenwa. Nous avons toujours dit que cette guerre nous a été imposée et que nous voulons la paix pour notre pays et nos enfants. Nous sommes aussi adeptes du monopole des armes aux mains de l’État, mais demander l’aide et la protection d’un État ennemi ? Certainement pas ! D’autant plus qu’à Aïn Ebel, trois de nos compatriotes sont tombés en martyrs dans cette guerre. » Georges, Élie et Chadi avaient été tués le 12 mars dans une frappe israélienne de drone, alors qu’ils réparaient une antenne internet sur le toit d’une maison.

« Il est sûr que personne dans nos villages n’a demandé de protection aux Israéliens », assure un habitant du village voisin de Debel, sous le couvert de l’anonymat. Pour lui, « l’intention derrière cette déclaration est d’inciter à la discorde au Liban », un avis que partagent d’autres personnes interrogées.

Le 4 mai dernier, la radio israélienne KAN évoquait une réunion entre des habitants de Debel et des officiers israéliens suite à la profanation d’une statue dans le village. Une information catégoriquement démentie par plusieurs sources contactées par notre rédaction à l’époque.

Netanyahu et les négociations avec le Liban

Pour Verena el-Amil, avocate du conseil municipal de Rmeich dont elle est originaire, le Premier ministre israélien « chercherait à améliorer ses chances dans les négociations avec le Liban, par une menace à peine voilée d’annexion de territoires ». Elle ajoute : « Il cherchait aussi probablement à convaincre l’intérieur israélien, en période électorale, que sa guerre est ‘‘juste’’ et qu’elle donne des résultats. »

Quant au politologue Sami Nader, il estime que Benjamin Netanyahu lance des messages dans plusieurs directions, principalement à l’adresse de l’administration du président américain Donald Trump. « Le Premier ministre israélien sait bien à quel point la base électorale de Trump et les membres de son administration, à l’instar de son vice-président JD Vance, issus d’une communauté de sionistes chrétiens, sont sensibles à la question des chrétiens, et des chrétiens d’Orient particulièrement », explique-t-il. Pour lui, Benjamin Netanyahu voudrait montrer au président américain qu’« il défend les intérêts de cette catégorie de la population libanaise ». Le Premier ministre israélien, dont la relation avec Donald Trump s’est détériorée depuis la guerre contre l’Iran, devrait être reçu par le locataire de la Maison-Blanche cette semaine.

Le deuxième message, selon Sami Nader, est celui qui consiste à surfer sur la fibre des alliances de minorités, « comme si Netanyahu voulait dire que les minorités en danger trouvent en Israël un soutien ». Il évoque à titre d’exemple les incidents de Soueida dans le sud de la Syrie en 2025, où un influent cheikh druze et ses partisans, en conflit avec le nouveau pouvoir syrien, avaient fait appel aux Israéliens pour contrer les troupes du gouvernement de Damas. Mais le politologue note toutefois des différences essentielles entre les cas syrien et libanais.

Le troisième message, poursuit Sami Nader, serait adressé à l’intérieur libanais, dans le prolongement de l’accord-cadre signé à Washington en juin entre les délégations libanaise et israélienne. Selon lui, Benjamin Netanyahu chercherait ainsi « une manière de justifier un maintien (des troupes israéliennes) au Liban-Sud ».



Le démenti n’aura pas tardé : suite aux propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dimanche soir, selon lesquels certains villages chrétiens du Liban-Sud auraient « demandé à être annexés à Israël », par crainte du Hezbollah, les réactions de la part des principaux intéressés ont fusé. Parmi les « villages chrétiens au Liban, certains ont même demandé à être annexés à Israël, parce que nous les protégeons contre les fanatiques du Hezbollah qui veulent les tuer. Et nous faisons la même chose avec les chrétiens partout », a déclaré Benjamin Nentayahu dans l’émission The Sunday Briefing, alors que son pays occupe environ 620 km² du sud du Liban, le long de la frontière. Le Premier ministre israélien n’a toutefois pas nommé les villages qu’il évoque. « Aucun village du Sud n’a...
commentaires (1)

Le echteuz nabaih devrait prendre exemple sur ces Libanais pour faire allégeance au Liban et non à l'Iran ... alors ses compliments il peut se les garder au chaud, on s'en fiche royalement de son avis.

Zeidan

18 h 29, le 06 juillet 2026

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Commentaires (1)

  • Le echteuz nabaih devrait prendre exemple sur ces Libanais pour faire allégeance au Liban et non à l'Iran ... alors ses compliments il peut se les garder au chaud, on s'en fiche royalement de son avis.

    Zeidan

    18 h 29, le 06 juillet 2026

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