Une femme libanaise déplacée originaire du village de Khiyam, dans le sud du pays, près de la frontière avec Israël, jette de l’eau de douche usagée à l’extérieur de son abri dans un campement de fortune, au milieu d’un cessez-le-feu temporaire entre le Liban et Israël, à Beyrouth, Liban, le 27 avril 2026. Photo Zohra Bensemra / Reuters
Une mère dormant dans sa voiture avec ses enfants. Un vieil homme abandonné dans la file d’un hôpital saturé. Un enfant implorant de l’eau dans une salle de classe devenue abri. Ces images ne sont plus des instantanés de crise : elles sont devenues la norme.
Face à cette situation, le réseau LebNet, association à but non lucratif qui soutient les professionnels et entrepreneurs libanais dans le monde entier — dont plus de 4 500 professionnels en Amérique du Nord — a lancé une campagne d’envergure visant à lever 10 millions de dollars d’aide au Liban, pris en étau par la guerre qui fait rage entre le Hezbollah et Israël depuis le 2 mars, et dont le bilan humain a déjà dépassé les 2 500 morts, sans compter plus d’un million de déplacés, dont une partie avait dû fuir les bombardements israéliens lors de la précédente guerre.
Objectif : court-circuiter les lenteurs, concentrer l’effort et acheminer immédiatement des ressources vers les organisations déjà à pied d’œuvre au Liban. Pensée comme une opération de choc, du 28 avril au 7 mai 2026, l’initiative impose un tempo d’urgence et une logique d’impact maximal, rapportent ses organisateurs. Après l’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, LebNet — aux côtés de LIFE et SEAL — avait pu lever plus de 9 millions de dollars en six semaines avec une approche similaire.
La plateforme en ligne déployée par LebNet permet de relier directement les donateurs aux acteurs humanitaires. « Les besoins sont documentés, les organisations sont vérifiées et le modèle est simple », tranche Jeanine Akiki, directrice exécutive de LebNet. « “YOUR TURN” supprime chaque obstacle entre celui qui veut aider et ceux qui agissent déjà », assure-t-elle, avant d’ajouter qu’il n’y a « pas d’intermédiaire ni de frais généraux ».
En un clic, la plateforme oriente vers dix organisations sélectionnées pour leur capacité d’intervention immédiate et leur ancrage opérationnel au Liban. Parmi les organisations ciblées figurent l’UNICEF, le fonds des Nations unies pour l'enfance, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Médecins Sans Frontières, Save the Children, la Croix-Rouge libanaise, mais aussi World Central Kitchen, Anera, Direct Relief, Beit el-Baraka ou GlobalGiving, soit une coalition d’acteurs capables d’agir maintenant, pas demain. Chaque contributeur est appelé à activer trois autres personnes.
Enfin, « YOUR TURN » ne s’adresse pas uniquement à la diaspora. « Il ne s’agit pas de connaître le Liban. Il s’agit de reconnaître une crise humanitaire et d’agir », insiste Mona Ghandour Flores, membre de LebNet, chirurgienne cardiaque, puis ancienne responsable mondiale de l’intelligence artificielle médicale chez NVIDIA avant de fonder HealthAI Strategies. Les universités, entreprises, réseaux professionnels et organisations arabo-américaines sont invités à relayer l’initiative.
LebNet assure enfin la transparence du processus. Aucune donnée personnelle n’est collectée, aucun flux financier n’est centralisé et chaque don est traité exclusivement par l’organisation bénéficiaire. Un compteur en temps réel expose la progression vers les 10 millions de dollars.


