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Moyen-Orient - guerre au moyen-orient

Trump suspend les frappes américaines contre l'Iran

Les contacts se sont intensifiés pour éviter un retour à la confrontation militaire, notamment avec un appel du prince héritier saoudien au chef de la Maison Blanche.

Le président américain Donald Trump descend d'Air Force One à son arrivée à l'aéroport municipal de Morristown, dans le New Jersey, le 31 juillet 2026. Photo Aaron Schwartz / AFP

Le président Donald Trump a déclaré dimanche matin que les États-Unis et Israël avaient convenu de suspendre les nouvelles frappes prévues contre l'Iran à la demande de Téhéran et d'autres pays de la région, à condition qu'un accord soit rapidement conclu. Vendredi, le milliardaire républicain avait menacé lors d'un conseil des ministres de frapper l'Iran « très fort », quelques jours après une énième visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison-Blanche. Dans la foulée, les États-Unis avaient appelé leurs ressortissants à « envisager de quitter » le Moyen-Orient en raison d'une possible « escalade » du conflit régional.

Dans un message publié dimanche sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a affirmé que les États-Unis étaient « prêts à frapper la République islamique d'Iran, à des niveaux de terreur militaire, de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale ». « Malgré cela, nous venons d'être priés par l'Iran, et par d'autres pays du Moyen-Orient, de suspendre toute attaque », a-t-il cependant indiqué. « Sur la base de cette demande, j'ai accepté… d'annuler l'attaque, sous réserve de pouvoir conclure rapidement un ACCORD. Israël se joint à moi dans cet engagement », a-t-il dit.

Intervention saoudienne et avancées sur le détroit d'Ormuz

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end. D'après CBS News, les États-Unis et Israël préparaient des frappes conjointes, visant les raffineries de pétrole et les centrales électriques comptant parmi les cibles possibles. Entre-temps, le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, a appelé Donald Trump pour lui faire part de ses inquiétudes quant à une nouvelle campagne de frappes massives, et demander des précisions sur les opérations envisagées, craignant une escalade sans précédent et des représailles sur son territoire, a rapporté le média Axios. Un positionnement qui fait écho au message porté plus tôt dans la semaine à la Maison Blanche par son frère Khaled ben Salmane, ministre de la Défense, indiquant que le royaume favorisait la désescalade malgré sa participation à des frappes conjointes avec les États-Unis contre des factions pro-iraniennes en Irak.

Riyad avait pour sa part reçu un appel du chef de la diplomatie iranienne, qui avait aussi contacté les médiateurs pakistanais et turcs. « Toute action hostile de la part des États-Unis ou d’Israël — ou toute participation ou coopération des pays de la région à de telles actions — se heurterait à une riposte décisive et proportionnée de la part des puissantes forces armées iraniennes », avait ainsi mis en garde Abbas Araghchi son homologue saoudien, selon un communiqué publié sur sa chaîne Telegram. En parallèle, des discussions se sont tenues entre les médiateurs qataris et leurs interlocuteurs iraniens, omanais, ainsi qu'avec l'envoyé américain Steve Witkoff pour avancer sur un accord concernant le détroit d'Ormuz.

Islamabad avait affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade, en particulier concernant le détroit verrouillé par Téhéran. Dans son message dimanche, le président américain a déclaré que l'accord avec l'Iran devrait inclure l'ouverture « COMPLÈTE ET TOTALE DU DÉTROIT D'ORMUZ, ainsi qu'une fin de la menace nucléaire iranienne ». Selon des diplomates cités par la chaîne israélienne Channel 12, le ministre iranien des Affaires étrangères aurait accepté une proposition qataro-américaine pour assurer la réouverture du passage maritime stratégique. Une percée qui aurait permis de suspendre les frappes américaines prévues par la Maison-Blanche. Les informations non vérifiées qui circulent jusqu'à présent font état d'un passage empruntant les eaux territoriales iraniennes puis omanaises pour sortir du détroit vers le Golfe, sachant que les gardiens de la révolution n'auraient pas encore donné leur approbation formelle.

Éviter une expansion de la guerre pour une victoire incertaine

Dans une interview publiée sur Fox News avant l'annonce du président américain, son secrétaire d’État Marco Rubio a assuré que les capacités militaires de l'Iran ont été amoindries et que les responsables iraniens « sont maintenant disposés, et dans certains cas semblent impatients, à conclure un accord sur la dénucléarisation ». Téhéran dément cependant avoir demandé à Washington de suspendre ses frappes, alors qu'il semblait prêt ces derniers jours à la confrontation. Suite à la rencontre de Benjamin Netanyahu et Donald Trump mardi, des tirs iraniens avaient visé des intérêts américains en Jordanie, sans qu'il s'agisse de représailles à un incident particulier, comme c'était jusque-là l'habitude. Un message qui n'entendait pas pousser à l'escalade, les missiles utilisés étant selon des observateurs anciens et peu dangereux pour les systèmes de détection et d'interception américains, mais qui signalait que l'Iran était prêt à la bataille.

La République islamique a par ailleurs étendu le conflit à travers ses mandataires régionaux. En mer Rouge, les rebelles yéménites houthis ont annoncé avoir imposé un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume. Ils seraient en outre impliqués dans les récentes frappes contre le royaume en provenance d'Irak, aux côtés de milices pro-iraniennes. Mercredi, un drone a par ailleurs frappé un navire gazier appartenant à une société américaine amarré dans un port égyptien. L'Égypte mène une enquête mais n'a, à ce stade, accusé aucun groupe d'être à l'origine de l'attaque. De quoi faire planer des menaces sérieuses sur le détroit de Bab el-Mandeb comme sur le canal de Suez, et étrangler un peu plus l'économie mondiale et les pays du Golfe, bien que les Houthis aient démenti samedi vouloir imposer des droits de passage dans le détroit en mer Rouge, comme ils en ont été accusés par un ministre yéménite.

Outre une expansion accrue du conflit et les retombées négatives attendues sur le marché des hydrocarbures, d'autres raisons rendent une escalade risquée pour les États-Unis. Une victoire tranchée semble tout aussi improbable aujourd'hui au vu de la résilience iranienne face aux attaques et à la volonté de Téhéran d'y répondre pour augmenter le coût de la guerre pour ses adversaires et leurs partenaires. Par ailleurs, si des responsables sécuritaires ont alerté plusieurs fois sur une diminution importante des stocks de munitions et d'intercepteurs, le chef du commandement militaire européen, le général Alexus Grynkewich, a indiqué qu'il manquait de navires de guerre pour protéger Israël, a révélé le Washington Post. Donald Trump avait précédemment balayé les informations quant à des pénuries de munitions. Reste que les réserves stratégiques de pétrole américaines n'ont jamais été aussi basses, réduisant la marge de manœuvre de Washington en cas de flambée des prix des hydrocarbures, et ce à quelques mois des élections de mi-mandat.

Le président Donald Trump a déclaré dimanche matin que les États-Unis et Israël avaient convenu de suspendre les nouvelles frappes prévues contre l'Iran à la demande de Téhéran et d'autres pays de la région, à condition qu'un accord soit rapidement conclu. Vendredi, le milliardaire républicain avait menacé lors d'un conseil des ministres de frapper l'Iran « très fort », quelques jours après une énième visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison-Blanche. Dans la foulée, les États-Unis avaient appelé leurs ressortissants à « envisager de quitter » le Moyen-Orient en raison d'une possible « escalade » du conflit régional.Dans un message publié dimanche sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a affirmé que les États-Unis étaient « prêts à frapper la...
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