Les fenêtres d’un immeuble résidentiel sont recouvertes de couvertures de survie pour se protéger du soleil, alors que les températures grimpent à Paris, en pleine vague de chaleur touchant une grande partie du pays, le 25 juin 2026. Photo Gonzalo Fuentes/Reuters
Nous sommes le 22 juin 2026. Le Boeing de la Royal Air Maroc se pose sur le tarmac brûlant de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Assise côté hublot, Olivia admire le paysage. Ces deux semaines passées à siroter des cocktails sur les transats de Marrakech lui ont fait un bien fou, mais elle n’est pas malheureuse de rentrer dans la capitale française. Un peu d’air frais après tous ces bains de soleil, « ça ne peut pas faire de mal », narre avec ironie la Franco-Libanaise au bout du fil.
Descendue de l’avion, la vingtenaire empoigne ses bagages et se dirige vers la sortie du terminal. À peine a-t-elle franchi les portes automatiques qu’un souffle chaud la gifle au visage. Sous ses pieds, l’asphalte fume. C’est la douche (pas vraiment) froide : en France, il fait plus chaud qu’au Maroc, bien plus chaud qu’à Dubaï ou même qu’au Sénégal… C’est la canicule et, dans l’Hexagone, chaque jour bat le record du précédent. Les températures n’ont jamais été aussi élevées depuis le début des relevés météorologiques en 1947.
Au moins, Olivia n’aura pas été dépaysée. « Ma chambre sous les combles, c’est un hammam », plaisante-t-elle. Dès le premier soir, pour y survivre, l’étudiante a dû ruser. Couvertures de survie collées aux fenêtres, débranchement des appareils électriques qui génèrent de la chaleur… Sa solution préférée pour trouver le sommeil reste de dormir avec, sous son T-shirt, une bouteille d’eau glacée coincée qu’elle enlace toute la nuit entre deux gorgées.
La clim, le Graal interdit
Comme elle, de nombreux Libanais tentent de trouver des alternatives à la sacro-sainte climatisation, alors que seulement 25 % des foyers français en étaient équipés en 2025, selon l’agence de la transition écologique (Ademe), un chiffre qui avait cependant bondi de 7 points en seulement deux ans. Si son utilisation fait débat de l’autre côté de la Méditerranée, notamment pour des raisons écologiques, l’incompréhension règne parmi la diaspora libanaise. « En France, ils consomment énormément d’énergie, polluent, mais la clim, c’est leur ligne rouge. Au moins nous, au Liban, on n’est pas hypocrite. Si tu me donnes de l’électricité trois heures par jour, j’allume mon AC trois heures et une minute, juste pour le plaisir », rigole Kassem. L’ingénieur, qui n’avait initialement pas prévu de rentrer au Liban pour l’été, s’est récemment surpris à regarder le prix des billets, de peur que les températures n’explosent à nouveau durant les prochains mois.
Car, pour une fois, le Liban semble être un pays où il fait bon vivre aux yeux de la diaspora. « Mes proches vivant à Beyrouth me disent qu’ils n’ont toujours pas besoin d’allumer la climatisation pour dormir, le début de l’été étant plutôt doux », explique Cynthia, résidente en banlieue parisienne. Jour et nuit, elle envoie des messages sur le groupe WhatsApp familial pour trouver un peu de soutien auprès de sa famille restée au pays. « J’ai chaud », « je suffoque », « aidez-moi », ironise-t-elle à longueur de journée. « Tiens bon », « c’est bientôt fini », lui répondent son père et sa mère, un retournement de situation qui fait sourire la trentenaire, après plusieurs mois de guerre ouverte entre le Hezbollah et Israël au Liban particulièrement anxiogènes pour les Libanais de l’étranger.
Si elle en plaisante, Cynthia s’estime chanceuse face aux personnes plus démunies ou aux personnes âgées alors que l’épisode caniculaire – dont le bilan n’est pas encore connu – est déjà meurtrier : trois enfants sont décédés dans des voitures et une quarantaine de personnes ont péri par noyade.
Passion courses et rayons surgelés
En attendant que le mercure rechute, les Libanais se sont découvert de nouvelles passions, comme la salle de sport ou les longues balades dans les magasins. « Avant, si j’allais au Franprix pour m’acheter une bricole, j’allais directement au rayon adéquat et je ressortais tout aussi vite. En ce moment, je prends mon temps, je parcours les allées, regarde les produits », raconte Cynthia, dont l’intérêt soudain pour le rayon surgelé n’est pas passé inaperçu auprès d’un des employés, qui lui a demandé sans détour – mais avec beaucoup d’humour – si elle était là pour profiter de l’air frais.
Les personnes interrogées ont aussi opté pour la suspension complète du télétravail, alors que leurs bureaux offrent le Graal absolu, peu importent les horaires. Quoi qu’il en soit, pour aller au boulot ou pour aller s’amuser, tous sont d’accord : une erreur à ne pas commettre est de prendre les transports en commun, et notamment le métro ou le RER. « On leur préfère le bus, le vélo ou la trottinette, quitte à prendre un peu plus de temps », explique Kassem.
« En raison des fortes chaleurs, il est conseillé de s’hydrater et de se rafraîchir », martèle la RATP (transports en commun parisiens). « Il est conseillé, voire même obligatoire, de prendre une douche et de mettre un peu de déodorant, par pitié ! » rajoute un Libanais. À bon entendeur...




Et dire qu’il y a encore des « experts » qui passent à la télévision française affirmer que la climatisation n’est pas une solution à la canicule. Il est incontestable que les cons sont partout dans le monde alors que le système médical en France est au bord de l’effondrement. Bien entendu ces experts s’expriment et travaillent dans des locaux bien climatisés
16 h 28, le 26 juin 2026