Le chanteur libanais Fadl Chaker devenu salafiste en 2013. Après des années de cavale, il s'était rendu à l'armée libanaise en octobre 2025. Photo ANI
Le chanteur libanais Fadl Chaker, converti au salafisme, a été entendu jeudi par le président du tribunal militaire, le général Wassim Fayad, sur quatre dossiers sécuritaires dans lesquels il serait impliqué. Au cours de la prochaine audience, fixée par le juge au 12 février, des témoins sont convoqués, dont le cheikh Ahmad el-Assir, prédicateur islamiste emprisonné et condamné à mort pour des combats contre l’armée libanaise à Abra (caza de Saïda) en 2013, qui ont fait 29 morts dont 18 soldats.
Fadl Chaker était un disciple du cheikh Assir et avait été condamné par contumace en 2020 à 22 ans de prison pour avoir soutenu et financé le groupe du prédicateur. Il était en cavale, retranché dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué au Liban-Sud, avant de se rendre aux autorités le 5 octobre dernier.
L’audience de jeudi était initialement prévue le 3 février, ayant été ajournée le 25 novembre 2025 à la demande de l’avocate du prévenu, qui « avait déclaré n’avoir pas pris connaissance du dossier ». Selon nos informations, Me Amata Moubarak avait ensuite demandé au tribunal militaire que les audiences de l’artiste se déroulent à huis clos. La date a été rapprochée au 8 janvier, et l’audience a bien eu lieu loin des projecteurs.
Le correspondant de l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), présent sur place, rapporte que « les journalistes ont été empêchés d’assister à l’audience, tout comme les avocats non chargés de l’affaire ». «L’audience a duré deux heures et demi au cours desquelles Chaker a été interrogé sur les différents chefs d’inculpation sécuritaires dont il fait l’objet», poursuit-il.
Fadl Chaker est visé par quatre chefs d’inculpation sur la base desquels il a été condamné par contumace : le premier concerne l’organisation de groupes armés en vue de commettre des crimes, atteinte au prestige et à l’autorité de l’État, atteinte à l’institution militaire, insurrection armée contre les institutions constitutionnelles, port d’armes illégales, incitation aux dissensions confessionnelles, tentative d’assassinat d’officiers et de soldats de l’armée dans l’exercice de leurs fonctions. Le deuxième est lié à sa participation à des infractions de possession de matières explosives et à des actes terroristes à travers la fourniture de services logistiques à des terroristes. Le troisième découle d’une entrevue télévisée donnée à Aïn el-Héloué dans laquelle il a tenu des propos de nature à détériorer les relations du Liban avec un pays arabe. Le quatrième enfin concerne son financement du groupe armé d’Ahmad el-Assir.
Par ailleurs, une audience de Fadl Chaker et d’Ahmad el-Assir devant la Cour criminelle de Beyrouth est prévue le vendredi 9 janvier, dans le cadre de l’affaire de la tentative d’assassinat de Hilal Hammoud, un des responsables du Hezbollah, en 2013. Un face-à-face y est prévu entre les deux hommes.



L’économie libanaise devrait se contracter d’au moins 7 %, selon le ministre des Finances
Désarmement du Hezbollah : négocier avec l’Iran est-il réaliste ?