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Société - Justice

Procès de Fadl Chaker : l’audience reportée au 3 février

Le report a été décidé suite à une demande de l’avocate du chanteur qui a sollicité un délai supplémentaire pour mieux prendre connaissance du dossier.

Procès de Fadl Chaker : l’audience reportée au 3 février

Le palais de justice de Beyrouth, dans le quartier de Adlieh. Photo d'archives P.H.B.

L’audience du procès du chanteur libanais Fadl Chaker, qui s’est tenue mardi, à 12h15, devant le tribunal militaire présidé par le général Wassim Fayad, n’a duré qu’environ 5 minutes, avant d’être reportée au 3 février 2026. Ce report a fait suite à une demande de Me Amata Moubarak, avocate de l’artiste poursuivi dans quatre affaires liées notamment à un soutien présumé à des groupes armés terroristes et à l’implication supposée dans les affrontements meurtriers contre l’armée, en juin 2013.

Ayant sollicité un délai pour « prendre connaissance du dossier », Me Moubarak a vu sa demande acceptée par le président du tribunal. Toutefois, la fixation de l’audience dans plus de deux mois ne semble pas l’avoir satisfaite. Elle a tenté d’obtenir une date plus rapprochée, mais le général Fayad lui a indiqué qu’aucune autre date n’était disponible avant cette échéance.

L’annonce du report a surpris les journalistes présents qui s’attendaient à un interrogatoire de plusieurs heures en raison de nombreux chefs d’accusation dont Fadl Chaker fait l’objet. Parmi ceux-ci, tels qu’ils figurent dans la citation à comparaître consultée dans une salle annexe du tribunal : organisation de groupes armés en vue de commettre des crimes ; atteinte au prestige et à l’autorité de l’État ; atteinte à l’institution militaire ; insurrection armée contre les institutions constitutionnelles ; port d’armes illégales ; incitation aux dissensions confessionnelles ; tentative d’assassinat d’officiers et de soldats de l’armée dans l’exercice de leurs fonctions, participation à des infractions de possession de matières explosives et à des actes terroristes à travers la fourniture de services logistiques ; entrevue télévisée et propos de nature à détériorer les relations du Liban avec un pays arabe ; financement du groupe armé d’Ahmad el-Assir – un cheikh salafiste détenu depuis 2015 pour des attaques meurtrières contre la troupe à Abra, en juin 2013.

Réfugié dans le camp de Aïn el-Heloué (Saïda) depuis 2013, Fadl Chaker avait été condamné par contumace en 2020 à 22 ans de prison pour les actes qui lui sont imputés. Le 4 octobre, il s’est livré au service de renseignements de l’armée à l’entrée du camp, après y avoir séjourné pendant 12 ans. Il a été transféré au ministère de la Défense où il est toujours détenu.

Verres foncés

Alors que les procès devant le tribunal militaire sont habituellement publics, le général Fayad a limité l’accès de la salle d’audience aux seuls journalistes – rejetant ainsi une demande de Me Moubarak de leur en restreindre également l'accès. Après avoir été délestés de leurs téléphones portables pour empêcher tous enregistrements et photographies, ces derniers ont été introduits dans la salle par plusieurs soldats mobilisés sur place, à peine quelques minutes avant l’arrivée des membres de l’instance, composée outre Wassim Fayad, de quatre assesseurs. Présidé par le commissaire du gouvernement auprès du tribunal militaire, Claude Ghanem, le parquet était représenté par le juge Nidal Chaër, commissaire adjoint.

Au moment où le général Fayad demande de faire entrer l'accusé, une petite porte s’ouvre au milieu de la salle, laissant apparaître le chanteur, les mains libres, vêtu d’une chemise blanche à manches longues et d’un pantalon sombre. Il porte des lunettes à verres foncés. Le président du tribunal lui demande de les retirer. Les agents qui l’entourent et son avocate répondent de manière concordante : « Elles sont médicales ; il ne peut pas voir sans elles. » Fadl Chaker avance d’un pas léger, en dirigeant son regard vers le président et les assesseurs, sans s’attarder sur le public. Arrivé à la barre, il salue les officiers d’un « bonjour » respectueux, avec une voix posée. Le chanteur écoute alors l’interpellation du général Fayad : « Fadl Abdel Rahman Chmandar Chaker, alias Fadl Chaker. » Il acquiesce. « Nom de la mère : Tharouat, date de naissance : 1er avril 1969 », ajoute le président du tribunal.

C’est alors que l’avocate du chanteur intervient, demandant le report de l’audience pour avoir la latitude d’examiner le dossier. Interrogée par L’Orient-Le Jour aussitôt après la clôture de la séance sur les raisons pour lesquelles elle n’a pas encore eu accès à tout le dossier, Me Moubarak a décliné tout commentaire. Une source intéressée à l’affaire estime, à cet égard, que les données de l’enquête sont multiples et requièrent un certain temps pour leur examen. L’avocate poursuit la collecte d’éléments pouvant servir à la défense de son client, ajoute-t-on de même source.

L’audience du procès du chanteur libanais Fadl Chaker, qui s’est tenue mardi, à 12h15, devant le tribunal militaire présidé par le général Wassim Fayad, n’a duré qu’environ 5 minutes, avant d’être reportée au 3 février 2026. Ce report a fait suite à une demande de Me Amata Moubarak, avocate de l’artiste poursuivi dans quatre affaires liées notamment à un soutien présumé à des groupes armés terroristes et à l’implication supposée dans les affrontements meurtriers contre l’armée, en juin 2013.Ayant sollicité un délai pour « prendre connaissance du dossier », Me Moubarak a vu sa demande acceptée par le président du tribunal. Toutefois, la fixation de l’audience dans plus de deux mois ne semble pas l’avoir satisfaite. Elle a tenté d’obtenir une date plus rapprochée, mais le général Fayad...
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