Des Palestiniens déplacés reçoivent de la nourriture distribuée par une cuisine caritative dans le camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 21 mai 2026. Photo Eyad BABA / AFP
Le Haut représentant pour Gaza du « Conseil de paix » créé par Donald Trump a mis en garde jeudi contre le risque que le « statu quo » actuel, d'un cessez-le-feu imparfait dans un territoire divisé et ravagé, devienne « permanent ».
Nikolaï Mladenov a présenté devant le Conseil de sécurité de l'ONU le premier rapport du « Conseil de paix » qui décrit comme « principal obstacle » au plan de paix le refus du mouvement palestinien Hamas de désarmer et de céder son contrôle. « Si je continue à appeler le Hamas et les autres groupes palestiniens à revenir à la table des négociations » et à respecter leurs engagements, « je dois également dire clairement que la mise en oeuvre (du plan de paix) ne peut pas progresser seulement via les obligations palestiniennes », a déclaré le haut représentant lors d'une intervention par vidéo.
Le nombre de morts, qui continue à augmenter en raison d'un cessez-le-feu « loin d'être parfait », et les restrictions israéliennes à l'aide humanitaire « ne sont pas des questions abstraites », a-t-il insisté, notant que cette situation pesait sur la confiance des Palestiniens. « Je veux être clair concernant les risques d'inaction des parties. Le risque est que le statu quo en train de se détériorer devienne permanent, Gaza divisée, le Hamas gardant le contrôle militaire et administratif sur plus de deux millions de personnes sur moins de la moitié du territoire », a-t-il mis en garde.
« Ces gens resteraient probablement piégés dans les décombres, dépendant de l'aide, sans reconstruction significative parce que les fonds de reconstruction n'arriveront pas tant que les armes ne sont pas déposées ». « Pas d'investissement. Pas de mouvement. Pas d'horizon. Et comme résultat, une autre génération d'enfants palestiniens grandissant dans des tentes, dans la peur, le désespoir étant pour eux le sentiment le plus rationnel, pas de sécurité pour Israël et pas de chemin viable vers l'autodétermination des Palestiniens », a-t-il décrit.
Le cessez-le-feu est entré officiellement en vigueur le 10 octobre, quelques jours après le deuxième anniversaire du début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël. La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages du 7-Octobre qui restaient détenus à Gaza, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne (qui contrôle encore plus de 50% de la bande de Gaza) apparaît complètement grippé depuis des semaines.

