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Société - Rétrospective

Ces dix Libanais qui ont fait l’année 2025

Cette liste est subjective et loin d’être exhaustive.

Ces dix Libanais qui ont fait l’année 2025

Les Libanais qui ont fait et défait l'année 2025 au Liban. Montage Céline Bejjani/L'Orient-Le Jour

Artistes, responsables politiques, sportifs, cuisiniers, journalistes ou entrepreneurs : nombreux sont les Libanais, au pays ou à l’étranger, à avoir marqué l’année 2025. Comme chaque année, il fallait en choisir dix. Voici la sélection de L’Orient-Le Jour.

Le duo Aoun-Salam

L’élection de Joseph Aoun à la tête de l’État le 9 janvier, après plus de deux ans de vacance présidentielle, puis la formation d’un gouvernement dirigé par Nawaf Salam un mois plus tard ont été perçues comme un tournant par une large partie des Libanais et de la communauté internationale.

Ancien commandant en chef de l’armée libanaise, Joseph Aoun arrive à Baabda fort du soutien de plusieurs puissances étrangères, dont les États-Unis et l’Arabie saoudite. Considéré comme une figure impartiale, il promet dans son discours d’investiture de consacrer le monopole des armes aux mains de l’État, d’œuvrer pour l’indépendance de la justice et de reconstruire les institutions publiques.

À ses côtés, Nawaf Salam, ancien ambassadeur à l’ONU et juge à la Cour internationale de justice, s’engage à restaurer la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire. Pour la première fois depuis les accords de Taëf en 1989, la déclaration ministérielle ne mentionne pas la « résistance », terme employé par le Hezbollah pour justifier son arsenal. En août, le cabinet adopte le plan de l’armée visant au désarmement du parti chiite, suite au cessez-le-feu conclu avec Israël en novembre 2024.

Rodolphe Haykal

Nommé commandant en chef de l’armée en mars 2025, le général Rodolphe Haykal est confronté à un défi de taille : réaffirmer l’autorité de l’État sur tout le territoire. En septembre, la troupe présente un plan en cinq étapes pour désarmer le Hezbollah. Un défi non dépourvu d’entraves : en novembre, Washington annule une visite officielle de Rodolphe Haykal pour dénoncer la lenteur de l’application du plan. Les tensions s’apaisent toutefois après la nomination (réclamée par Israël) d’un négociateur civil, Simon Karam, au comité de supervision du cessez-le-feu. En décembre, la France, les États-Unis et l’Arabie saoudite annoncent une conférence de soutien à l’armée à Paris en février 2026, destinée à accompagner concrètement la mise en œuvre du plan de désarmement.

Tom Barrack

Lorsqu’il est nommé émissaire américain au Liban et en Syrie, son origine libanaise est perçue comme un facteur rassurant. Mais Tom Barrack, homme d’affaires influent proche des cercles du pouvoir à Washington, a très vite multiplié les apparitions controversées.

En août, il admoneste des journalistes au palais de Baabda qui le bousculaient de questions. « Vous voulez savoir ce qui se passe, soyez civilisés », a-t-il lancé, provoquant une vague d’indignation et contraignant la présidence à présenter des excuses. En septembre, il réduit le Moyen-Orient à « des tribus et des villages » puis, début décembre, il appelle à « réunir et aligner » le Liban et la Syrie, suscitant de vives critiques sur la scène locale.

Ziad Rahbani

Ziad Rahbani, fils de Feyrouz et du compositeur Assi Rahbani, était une voix libre et engagée que certains ne voulaient pas entendre et que d’autres n’oublieront jamais. Fervent partisan du Parti communiste libanais, il était un critique acerbe du confessionnalisme au Liban. Ses pièces, telles que Bil nisbé la boukra chou ? ou Film amériké tawil, mêlent satire politique, critique sociale et jazz engagé.

Né en 1956 à Antélias (Metn), Ziad Rahbani a lancé sa carrière artistique au début des années 1970 avec sa pièce Sahriyé. À 17 ans, il compose sa première chanson, Sa’alouni el-nass, chantée par sa mère. Il en écrira ensuite plusieurs pour elle, comme Kifak enta et Bektoub esmak. Ces dernières années, Ziad Rahbani s’était retiré de la scène artistique. L’artiste s’est éteint le 26 juillet, laissant derrière lui un précieux héritage musical et artistique.

Hoda Chedid

Pendant plus de trente ans, elle a accompagné les Libanais dans les moments de joie et d’incertitude avant de s’éteindre le jour de la fête des Mères. Collaboratrice de longue date de L’OLJ et figure emblématique de la LBCI, Hoda Chedid incarnait un journalisme de rigueur. Mariée à 22 ans, elle perd son mari, Ziad Saadé, des suites d’un cancer. Elle-même diagnostiquée d’un cancer en 2014, elle enchaîne au fil des ans rémissions et rechutes. « Je vis sous morphine, il n’y a plus de remède », disait-elle dans une interview en début d’année.

Moins de trois semaines avant sa mort, Hoda Chedid est honorée par Joseph Aoun pour « ses accomplissements et sa persévérance face à la maladie ». Son dernier adieu a rassemblé bien au-delà du monde des médias. Collègues, responsables politiques, anonymes : tous ont salué la bonté, l’humilité et le caractère profondément rassembleur de cette femme qui appartenait à toutes les communautés sans jamais trahir son indépendance.

May Habib

Libano-Canadienne de 40 ans, May Habib s’est imposée comme l’une des figures montantes de l’intelligence artificielle. Cofondatrice et PDG de « Writer », un logiciel d’IA destiné aux entreprises, elle figure dans le classement Forbes des 50 start-up les plus prometteuses du secteur.

Née dans le Akkar (Liban-Nord), puis émigrée enfant au Canada, elle a étudié la finance à l’université de Harvard. Après un passage à Lehman Brothers et au fonds souverain Moubadala aux Émirats arabes unis, elle cofonde en 2015 une société de traduction automatique baptisée « Qordoba » qui devient « Writer » en 2020, après avoir développé son propre « LLM » (Large Language Model, grand modèle de langage en français). La plateforme se mue ensuite en « Palmyra » qui séduit aujourd’hui de grands groupes internationaux comme Uber, L’Oréal, Deloitte ou Salesforce.

Céline Haïdar

Grièvement blessée lors d’une frappe israélienne sur Chiyah, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 16 novembre 2024, Céline Haïdar s’est réveillée d’un coma le 6 janvier 2025. Depuis, la footballeuse de 20 ans subit un long parcours de rééducation afin de retrouver sa motricité et sa mémoire.

Ancien milieu de terrain de la sélection nationale et championne du Liban en 2024 avec la Beirut Football Academy, la sportive n’a pas encore retrouvé toutes ses capacités. Soutenue par son club et ses coéquipières, qui ont contribué à financer une partie de ses soins, Céline Haïdar espère rester liée au football, « pas forcément en tant que joueuse, mais comme entraîneuse, pour former une nouvelle génération ».

Alan Geaam

Vingt-six ans après son départ pour la France, Alan Geaam est rentré à Beyrouth. Seul chef libanais à avoir décroché une étoile Michelin, il a rejoint l’hôtel Le Gray et s’apprête à ouvrir trois enseignes : Padam, Qasti et le Restaurant Alan Geaam. Après avoir grandi entre le Liban et le Liberia, Azzam Abdallah al-Geaam avait pris un aller simple pour Paris en 1999, à 24 ans, avec ses maigres économies en poche.

En 2007, il devient chef propriétaire de l’Auberge Nicolas Flamel, avant d’ouvrir deux bistrots en 2010. Sept ans plus tard, il lance le Restaurant Alan Geaam, de la gastronomie française sous influence libanaise, et décroche peu après le prestigieux Michelin. En 2020, il développe le concept Qasti à Paris, qu’il exporte à Marseille et Lausanne. Il ouvre aussi le bistrot Ovun à Riyad.

John Achkar

Après avoir assuré la première partie du spectacle de Gad Elmaleh le 30 juin 2024, John Achkar est devenu en octobre 2025 le premier humoriste de stand-up en arabe à se produire sur la scène mythique de l’Olympia à Paris.

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De Beyrouth à Dubaï, en passant par Paris et l’Australie, l’humoriste de 34 ans s’est imposé ces dernières années comme une figure incontournable du stand-up. Divorce, exil, relations amoureuses, identité, absurdité du quotidien libanais : d’un humour du quotidien assumé, il a su transformer son expérience personnelle en matière universelle.

Sœur Marie Makhlouf

Elle s’est effondrée en larmes en prononçant son discours devant le pape Léon XIV à l’hôpital psychiatrique de la Croix à Jal el-Dib (Metn). Sœur Marie Makhlouf, mère supérieure des sœurs de la Croix, a marqué les esprits lors de la visite du souverain pontife au Liban début décembre. « Cet hôpital accueille ceux qui ont été oubliés par tout le monde. Votre visite leur rappelle qu’ils sont aimés de Dieu. Vous leur dites aujourd’hui qu’ils ne sont pas un fardeau pour la société mais un trésor pour l’Église », a-t-elle déclaré d’une voix tremblante.

Artistes, responsables politiques, sportifs, cuisiniers, journalistes ou entrepreneurs : nombreux sont les Libanais, au pays ou à l’étranger, à avoir marqué l’année 2025. Comme chaque année, il fallait en choisir dix. Voici la sélection de L’Orient-Le Jour.Le duo Aoun-SalamL’élection de Joseph Aoun à la tête de l’État le 9 janvier, après plus de deux ans de vacance présidentielle, puis la formation d’un gouvernement dirigé par Nawaf Salam un mois plus tard ont été perçues comme un tournant par une large partie des Libanais et de la communauté internationale.Ancien commandant en chef de l’armée libanaise, Joseph Aoun arrive à Baabda fort du soutien de plusieurs puissances étrangères, dont les États-Unis et l’Arabie saoudite. Considéré comme une figure impartiale, il promet dans son discours...
commentaires (3)

Ils ont tous contribué à faire entendre la voix du pays. Le duo aoun-salam a insuflé un air de patriotisme que le duo chiite avait banni. Mais vous avez oublié un très grand nom ! Saint charbel, à qui on dédie des églises un peu partout dans le monde. Le pape lui-même est venu se recueillir à genoux devant son cercueil. Qui d’autre que lui représente le défenseur ultime du Liban ? Lui qui a sauvé tant de malades ne peut pas laisser tomber son propre peuple. Une certaine milice commet ses crimes au nom de Dieu. Mais au vu du résultat, Dieu tend l’oreille seulement au saint du Liban !

NG

04 h 12, le 02 janvier 2026

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Commentaires (3)

  • Ils ont tous contribué à faire entendre la voix du pays. Le duo aoun-salam a insuflé un air de patriotisme que le duo chiite avait banni. Mais vous avez oublié un très grand nom ! Saint charbel, à qui on dédie des églises un peu partout dans le monde. Le pape lui-même est venu se recueillir à genoux devant son cercueil. Qui d’autre que lui représente le défenseur ultime du Liban ? Lui qui a sauvé tant de malades ne peut pas laisser tomber son propre peuple. Une certaine milice commet ses crimes au nom de Dieu. Mais au vu du résultat, Dieu tend l’oreille seulement au saint du Liban !

    NG

    04 h 12, le 02 janvier 2026

  • Curieusement, mon commentaire s’étonnant que Tom Barrack figure dans ce panthéon n’a pas été publié. Je persiste à dire que ça ressemble au jeu de l’intrus car ce monsieur n’a rien d’une personnalité remarquable.

    Marionet

    15 h 26, le 01 janvier 2026

  • Can't stop LOVING Lebanon et Tous Ceux qui contribuent à l'Agrandir!!! Merci à ces 10 et à Toutes celles et Tous ceux qui discrètement contribuent dans cet effort!!

    Wlek Sanferlou

    17 h 44, le 31 décembre 2025

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