L'émissaire américain Tom Barrack à Beyrouth, en juillet 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
L'émissaire américain Tom Barrack a déclaré que les États-Unis veulent « trouver des solutions » aux crises au Liban et en Syrie, appelant à « réunir et aligner » ces deux pays, lors d'une table ronde au Forum de Doha sur un an de transition à Damas.
Au cours de cet événement, auquel assistait le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chaïbani, M. Barrack s'est lancé dans une tirade qui n'était pas sans rappeler certaines de ses sorties polémiques des derniers mois concernant la Syrie et le Liban. Il a d'abord affirmé que les États-Unis veulent « trouver des solutions » aux crises dans ces deux pays, en prenant en compte le « problème » que constitue le fait que les États-nations n'ont été créés qu'au début du 20e siècle, tandis que les civilisations dans la région sont basées sur le modèle « tribal, familial ». Il a toutefois estimé qu'il y a désormais à Damas et Beyrouth des « bons nouveaux leaderships », depuis la chute du régime Assad, il y a quasiment un an, et au Liban avec le nouveau mandat du président Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam.
Aligner les « belles civilisations » du Liban et de la Syrie
Fin septembre, M. Barrack avait fait parler de lui et polarisé les réseaux sociaux, après avoir déclaré à New York qu'il « n’y a pas de Moyen-Orient. Il n'y a que des tribus ». « Des États-nations ont été créés par les Britanniques et les Français en 1916. Mais le Moyen-Orient ne fonctionne pas ainsi (…) Tout commence par l’individu, la famille, le village, puis la tribu, la communauté, la religion... enfin, la nation », avait affirmé l'émissaire américain à des journalistes. Les internautes étaient divisés sur ces propos, certains allant dans le sens du diplomate, lui-même d'origine libanaise, tandis que d'autres dénonçaient une vision « simpliste », voire « colonialiste ».
Prenant encore la parole lors de la table ronde, Tom Barrack a estimé qu'il fallait « réunir le Liban et la Syrie, aligner ces deux anciennes et belles civilisations ». Sans aller aussi loin, ces propos rappellent la polémique qu'il avait provoquée en juillet lorsqu’il avait affirmé que « si le Liban ne bouge pas, il retournera au Bilad al-Cham », en référence au terme géographique historique de la Grande Syrie, qui englobait la Syrie actuelle et les pays voisins.
Malgré un rapprochement déjà observé entre Beyrouth et Damas, marqué par de nombreuses réunions officielles de haut niveau, notamment entre le président syrien Ahmad el-Chareh et le Premier ministre Nawaf Salam samedi à Doha, plusieurs dossiers restent en suspens entre les deux pays. Il s'agit notamment de la délimitation de la frontière et du sort des détenus syriens dans les prisons libanaises.
Avancer « à petits pas » avec Israël
Tom Barrack a également commenté les tensions persistantes entre la Syrie et Israël, entre lesquels des discussions sont au point mort en raison des revendications israéliennes, estimant qu'il fallait avancer « à petits pas ». « Nous allons avoir des ralentissements, des atrocités qui se poursuivent, des dilemmes », a-t-il lancé.
L'émissaire américain a en outre souligné, concernant le futur de la Syrie, qu'il fallait donner aux Syriens « du temps et l'opportunité de décider comment construire leur pays ». «Avant de se pencher sur certains dossiers, comme celui des disparus», les Syriens ont d'abord besoin des stabilité, a-t-il poursuivi. « La démocratie ne peut pas s'accomplir en 12 mois », a-t-il insisté.



Est il vraiment d’origine libanaise ce Barak? Il agit en voyant uniquement les intérêts commerciaux en voulant annexer notre pays à un autre qui a déjà fait sa preuve quant à sa volonté de le voir prospérer. Non merci, sans façon. Occupez-vous plutôt de régler le problème palestinien et syrien, on s’occupe de libérer notre pays de toute influence étrangère, y compris américaine. Notre président laisse faire des deals sur notre dos en nous vendant la paix interne alors nous allons vers une guerre qui dépasse ses cauchemars les plus terrifiants. Réveillez vous et faites entendre nos voix.
11 h 47, le 08 décembre 2025