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Société - Liban

Pédopornographie sur Tiktok : de trois ans de prison à la perpétuité pour sept membres du réseau

Parmi les condamnations prononcées par la Cour criminelle du Mont-Liban, trois l’ont été par contumace, tandis que plusieurs prévenus ont été acquittés.

Pédopornographie sur Tiktok : de trois ans de prison à la perpétuité pour sept membres du réseau

Tiktok a été utilisé pour un réseau de pédopornographie. Photo AFP

La justice libanaise a rendu son verdict dans l’une des affaires les plus sordides révélée au grand jour en mai 2024 au Liban. La Cour criminelle du Mont-Liban, présidée par le juge Élie Hélou, a condamné mardi sept personnes, six hommes et une femme, reconnues coupables d’avoir participé à un réseau de pédo-criminalité qui ciblait ses victimes via TikTok.

Selon les éléments retenus par la justice, les membres du réseau attiraient des mineurs, les agressaient sexuellement, les droguaient, filmaient les abus commis sur eux, puis utilisaient ces vidéos pour exercer un chantage sur leurs victimes lorsqu’elles tentaient d’échapper à leur emprise. Certaines de ces images auraient également été commercialisées, permettant aux membres du réseau de tirer des profits illégaux de ces violences.

Deux figures centrales du réseau, Peter Naffah, alias « Steven », présenté comme le chef présumé du groupe, et Paul Méouchy, alias « Jay », ont été condamnés par contumace à la réclusion à perpétuité. Le premier serait établi à l’étranger, sans que son pays de résidence soit connu, tandis que le second vivrait en Suède. Les condamnations de fondent notamment sur plusieurs articles du Code pénal libanais relatifs aux mœurs, à la morale publique, à la privation de liberté (article 569), à l’association de malfaiteurs (335), aux coups et blessures (554), ainsi qu’à la fabrication et au commerce de photographies, films, et de représentations obscènes (533).

Hassan Sinjer, autre membre du réseau, a été condamné par contumace à dix ans de prison pour atteinte à la pudeur sur des personnes vulnérables ou contraintes à commettre des actes contraires à la pudeur (508).

Abdo Kisso, surnommé « Apo », propriétaire d’un magasin de vêtements, et Georges Moubayed, propriétaire d’un salon de coiffure, ont écopé de six ans de prison. La Cour les a reconnus coupables notamment d’attentat à la pudeur sur base de l’article 512 qui prévoit une telle peine lorsque cet acte est commis par « deux ou plusieurs personnes ayant concouru pour vaincre la résistance des victimes ou ayant abusé d’elles successivement ». Ils ont été également condamnés pour association de malfaiteurs (335), fabrication et commerce de photographies, films, et emblèmes obscènes (533). En application du principe de confusion des peines, lorsqu’une personne est condamnée pour plusieurs infractions, la loi prévoit que certaines peines peuvent être absorbées par la plus lourde, plutôt que d’être exécutées séparément.

Yehya Khalaf, de nationalité syrienne, a pour sa part été condamné à cinq ans de prison pour atteinte à la pudeur (508) et commerce de films obscènes (533). Il devra quitter le territoire libanais à l’issue de sa peine.

La seule femme condamnée dans cette affaire, Ghadir Ghinwa, a écopé de trois ans de prison pour attentat à la pudeur avec violences et menaces (articles 507 et 512). Selon l’accusation, elle avait pour rôle d’entrer en contact avec des mineurs et de fixer des rendez-vous afin de les attirer vers les membres du réseau. La Cour ne l’a toutefois pas considérée comme une auteure principale des faits, mais comme une « intervenante ».

Abdo Kisso, Georges Moubayed, Yehya Khalaf et Ghadir Ghinwa sont actuellement détenus et resteront incarcérés jusqu’à l’exécution de leurs peines.

Dentiste, avocat, chauffeur et mineurs hors cause

Deux autres personnes arrêtées dans le cadre de l’enquête, un dentiste et un avocat, ont en revanche été acquittées des accusations d’appartenance au réseau en tant qu’« appâteurs » d’enfants et auteurs de chantage. Ils ont néanmoins été condamnés pour homosexualité, toujours considérée comme une infraction par la législation libanaise et passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison. Ayant déjà purgé cette peine pendant leur détention provisoire, ils ne resteront pas incarcérés.

Un chauffeur soupçonné d’avoir transporté des mineurs vers un chalet à Nahr el-Kalb, dans le Metn, où les agressions auraient eu lieu, a également été acquitté. La Cour a estimé qu’aucun élément ne permettait d’établir qu’il connaissait la nature des faits commis dans ce lieu.

Deux mineurs mis en cause pendant l’instruction pour avoir potentiellement attiré d’autres victimes ont eux aussi été innocentés.

Les personnes condamnées disposent désormais d’un délai de quinze jours pour se pourvoir en cassation. Le parquet d’appel du Mont-Liban bénéficie, lui, d’un délai d’un mois pour introduire un éventuel recours.

La justice libanaise a rendu son verdict dans l’une des affaires les plus sordides révélée au grand jour en mai 2024 au Liban. La Cour criminelle du Mont-Liban, présidée par le juge Élie Hélou, a condamné mardi sept personnes, six hommes et une femme, reconnues coupables d’avoir participé à un réseau de pédo-criminalité qui ciblait ses victimes via TikTok.Selon les éléments retenus par la justice, les membres du réseau attiraient des mineurs, les agressaient sexuellement, les droguaient, filmaient les abus commis sur eux, puis utilisaient ces vidéos pour exercer un chantage sur leurs victimes lorsqu’elles tentaient d’échapper à leur emprise. Certaines de ces images auraient également été commercialisées, permettant aux membres du réseau de tirer des profits illégaux de ces violences. Pour mémoire...
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