Des milliers de personnes se sont rassemblées à Ghobeiri pour la cérémonie funéraire de Haytham Ali Tabatabaï, tué dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, le 24 novembre 2025. Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Haytham Ali Tabatabaï, chef de l'aile militaire du Hezbollah assassiné par l'armée israélienne dimanche, était en charge de la reconstruction militaire du parti chiite pro-iranien, notamment au Liban-Sud, selon des responsables arabes et israéliens cités par le Wall Street Journal lundi. Il supervisait la reconstitution des forces du Hezbollah en tant que « l’un des plus hauts responsables encore en poste après qu’Israël a éliminé la plupart de la direction du groupe », rapporte le quotidien conservateur new-yorkais.
Il aurait ordonné aux combattants du Hezbollah « d'opérer en petites cellules afin de mieux survivre à un éventuel conflit futur avec Israël » et aurait permis « de remplacer en grande partie les plus de 2 500 combattants tués durant la guerre », selon des responsables israéliens et arabes. Toujours selon ces responsables, au moment de sa mort, « il travaillait à mettre en place un système dans lequel les commandants d’unités formaient leurs remplaçants potentiels, afin que les unités ne soient pas paralysées lorsque leurs chefs seraient tués », selon le WSJ.
Son assassinat est un « message adressé à tous les commandants du Hezbollah et au gouvernement libanais », commente au quotidien new-yorkais Yaakov Amidror, ancien conseiller israélien à la sécurité nationale. Les responsables libanais « avaient promis de désarmer le Hezbollah, et ils ne l’ont pas fait. Ils doivent comprendre que s’ils ne le font pas, Israël s’en chargera », poursuit celui qui est aujourd'hui chercheur au Jewish Institute for National Security of America (JINSA), basé à Washington.
L'État libanais est accusé par Israël et les États-Unis de tergiverser dans son objectif affiché de désarmer le Hezbollah sur l'ensemble du territoire libanais, conformément à la décision du Conseil des ministres du 5 août dernier. Le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, avait pour cette raison vu ses rencontres à Washington annulées à la dernière minute la semaine dernière.
Tirs de missiles lancés depuis un F-15
Haytham Tabatabaï, dit « Abou Ali », était « à la tête de l’ensemble des tentatives » de reconstituer les stocks de roquettes, missiles antichars et pièces d’artillerie du Hezbollah, toujours selon Yaakov Amidror. Le Hezbollah a « tenté de faire passer des armes depuis la Syrie, de reconstruire des infrastructures au Liban, de former de nouvelles recrues. Tout cela relevait du commandement (de Haytham Tabatabaï) » affirme le chercheur israélien.
Le WSJ précise que « Abou Ali » avait survécu à une frappe israélienne dans la province de Quneitra, dans le sud de la Syrie, en janvier 2015, comme le rappelaient des médias syriens dimanche. Des médias israéliens précisaient également qu'il avait survécu à deux tentatives d'assassinat pendant la guerre de l'automne de 2024.
La frappe fatale de dimanche aurait été menée avec des missiles tirés depuis un avion de chasse F-15, selon un responsable militaire israélien cité par le WSJ. Sur les lieux de la frappe, près de l'immeuble à Haret Hreik visé par l'armée israélienne, un responsable militaire avait effectivement affirmé, peu après l'assasinat, à nos journalistes, qu'un avion de chasse avait mené le raid. Au lendemain de ce bombardement, une source au sein du Hezbollah joint par L'OLJ avait, pour sa part, rapporté qu'un drone avait largué les bombes. « Il y avait plusieurs drones dans les airs, mais nous ne savons pas combien ont pris part à cette attaque », avait-elle expliqué, affirmant que des « bombes guidées » américaines de type GBU avaient été utilisées lors de six frappes.
« Reconsidérer la stratégie de patience » face à Israël
Par ailleurs, lundi, Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil de discernement iranien, a affirmé que le Hezbollah devait « reconsidérer la stratégie de patience et de retenue », au lendemain de l'assassinat de Tabatabaï, alors que le parti n'a mené qu'un seul tir depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël, début décembre 2024. « Nous n’imposons rien aux États. Mais il faut reconsidérer la stratégie de patience et de retenue adoptée par la résistance, car l’entité israélienne criminelle en profite » a lancé l'ancien commandant en chef des gardiens de la révolution, selon l'agence de presse de la République islamique iranienne, IRNA. « Il doit y avoir un point final, et bien sûr, ce sont les forces de la résistance libanaise qui en décideront » a encore déclaré le responsable iranien.
Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 27 novembre 2024, une période marquée par des bombardements israéliens quotidiens au Liban, le Hezbollah affirme s'en remettre à l'État libanais, tout en refusant d'abandonner son arsenal au nord du fleuve Litani, malgré la décision du monopole des armes aux mains de l'État décrétée le 5 août dernier par le Conseil des ministres.
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, doit s’exprimer vendredi à 18h au sujet de l'élimination de son numéro deux. Le communiqué du parti chiite pro-iranien confirmant la mort d'Haytham Tabatabaï, dimanche soir, ne contenait aucune menace de vengeance. Mahmoud Comati, membre du bureau politique, avait pour sa part brandi la menace d’une riposte, affirmant que « toutes les options restent ouvertes », dans la foulée de l’assassinat.




Le hezbollah est fini! Çà ne vaut même plus la peine d’écouter leurs fabulations stériles et vides de sens. Le fait que les forces politiques souverainistes, particulièrement les FL, sont celles qui vont hériter du pouvoir en raison de l’incapacité et de l’incompétence des précédents et actuels responsables du pays, ils veulent tenter de retarder autant que possible l’échéance. On retarde la décision sur la loi électorale, les réformes, et surtout le désarmement complet du hezbollah car s'il en a encore lors des élections, il contrôlera toujours les chiite par la peur et la menace.
10 h 44, le 27 novembre 2025