Au Liban-Sud, une frappe de drone israélien a tué vendredi un homme, Hassan Rahhal, alors qu’il se trouvait à bord d’une voiture à Khirbet Selm, dans le caza de Bint Jbeil. Photo envoyée par notre correspondant Mountasser Abdallah.
Au lendemain d’une journée marquée par des frappes israéliennes massives au Liban-Sud, faisant un mort et sept blessés malgré une trêve en vigueur depuis près d’un an, la tension est restée vive dans la région vendredi : un homme a été tué par un drone et plusieurs tirs israéliens ont été signalés. Face à cette escalade, le ministre libanais des Finances, Yassine Jaber, a appelé depuis Washington à ce que les États-Unis contraignent Israël à respecter le cessez-le-feu, tandis que l’ancien ministre de l’Intérieur, Bassam Maoulaoui, a qualifié la situation de « très dangereuse ».
Vendredi après-midi, une frappe de drone israélien a tué un homme, Hassan Rahhal, alors qu’il se trouvait à bord d’une voiture à Khirbet Selm, dans le caza de Bint Jbeil, a rapporté notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. L’attaque a également fait plusieurs blessés, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Le jour même, un rapporteur spécial de l'ONU a affirmé à l'AFP que les frappes israéliennes meurtrières visant des véhicules au Liban depuis le cessez-le-feu pourraient constituer des « crimes de guerre ». « À moins qu'il n'existe des preuves convaincantes que ces objets civils aient des objectifs doubles (militaires)(...) les frappes sont illégales », a estimé Morris Tidball-Binz, rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. « Les meurtres résultant de ces attaques (..) s'apparentent, à mon avis, à des crimes de guerre », a-t-il ajouté.
L'armée israélienne a également mené une série d'opérations au Liban-Sud. En début de soirée, des tirs israéliens ont visé des habitants qui récoltaient des olives à Aïtaroun, dans le caza de Bint Jbeil, en dépit la présence d’une patrouille de l’armée libanaise et d’une autre de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Des tirs similaires ont été signalés depuis la position israélienne de Metula vers des Libanais qui récoltaient des olives dans le quartier de Dhour, dans le village de Kfar Kila (caza de Marjeyoun), sans faire de blessés. Par ailleurs, l’armée libanaise a détruit un petit drone israélien tombé dans la zone dite du « Kilo 9 » à Aïtaroun.
En début d'après-midi, un petit drone israélien a largué une grenade assourdissante sur le village de Blida dans le caza de Marjeyoun sans faire de blessés et des opérations de ratissage israéliennes ont été menées autour du même village ainsi que la zone de la ferme de Bastra à Chebaa (Hasbaya). À l’aube, une patrouille israélienne a pénétré en territoire libanais à la périphérie sud-est de Yaroun (Bint Jbeil) et dynamité une maison.
Jaber appelle Washington à « contraindre » Israël à respecter le cessez-le-feu
Depuis Washington, le ministre libanais des Finances, Yassine Jaber, a souligné que les États-Unis devaient « soutenir la position du Liban en contraignant Israël à respecter le cessez-le-feu et à mettre fin à ses violations continues de la souveraineté libanaise ». Lors d’une réunion à la Maison Blanche avec des responsables du Moyen-Orient, il a rappelé que « le Liban s’était pleinement conformé depuis l’annonce du cessez-le-feu aux dispositions de la résolution 1701 et à toutes les obligations qui en découlent ». Il a ajouté que « l’armée libanaise était déployée de manière efficace, mais que le respect du cessez-le-feu par l’autre partie était indispensable », et que « la poursuite des violations israéliennes entrave le travail et le déploiement complet de l’armée dans la région ».
De son côté, l’ancien ministre de l'Intérieur, Bassam Maoulaoui, a qualifié la situation au Liban-Sud de « très dangereuse ». M. Maoulaoui a souligné que l’État libanais a pris la décision de maintenir le monopole des armes entre ses mains, et qu’il n’y aurait « aucun retour en arrière » sur ce principe. Il a également rappelé que la décision de réserver les armes à l’État avait été énoncée dans le discours d’investiture du président de la République, Joseph Aoun, ainsi que dans la déclaration ministérielle du gouvernement de Nawaf Salam. M. Maoulaoui a ajouté que l’armée libanaise « remplissait pleinement son rôle à cet égard, en œuvrant à garantir que les armes demeurent sous le contrôle de la légitimité libanaise ».
Le Premier ministre, Nawaf Salam, s'est tour à tour rendu vendredi matin à Baabda puis à Aïn el-Tiné, pour rencontrer le président de la République, Joseph Aoun, puis celui de la Chambre, Nabih Berry, suite aux frappes israéliennes massives au Liban-Sud la veille. L’armée israélienne a mené jeudi en soirée, une série de frappes massives au Liban-Sud, affirmant viser « des infrastructures liées au Hezbollah» ainsi que l’association « Vert sans Frontières », et ce malgré une trêve en vigueur depuis près d’un an. Un déluge de feu qui s'est abattu après d'autres frappes sur le Sud tout au long de l'après-midi, et qui ont fait selon le ministère de la Santé un mort et sept blessés.
Réagissant à cette escalade, l'Iran a condamné vendredi ce qu'il a qualifié de « violation du cessez-le-feu » par Israël. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que ces raids aériens représentaient une « violation flagrante de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban », cité par un communiqué de son ministère. M. Baghaï a accusé la France et les États-Unis, garants du cessez-le-feu, de « continuer à rester inactifs » envers Israël face à ce qu'il a qualifié de « violations répétées » de l'accord.




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19 h 02, le 18 octobre 2025