Vue sur Beyrouth, côté Zaituna Bay. Photo d'archives Guillaume Boudisseau/L'Orient-Le Jour
Suite au « effets négatifs » du conflit entre Israël et l’Iran en juin sur le tourisme au Liban, la Banque mondiale a récemment revu à la baisse ses prévisions de croissance pour le pays du Cèdre, tablant néanmoins toujours sur une reprise de l’activité économique en 2025.
Alors qu’elle estimait en avril 2025 que la croissance de l’économie libanaise atteindrait 4,7 % cette année, après une contraction de 7,1 % en 2024, l’organisation internationale s’attend désormais, dans son dernier rapport régional sur la pauvreté, à une croissance de 3,5 % en 2025 et de 4 % pour 2026. Une estimation qui s’écarte un peu plus de celle avancée le 1er octobre par le ministre de l’Économie et du Commerce, Amer Bsat, alors qu’il indiquait devant des représentants des pays donateurs et des organisations internationales que le PIB devrait croître de 5 % en 2025, sa « meilleure performance depuis 2011 ».
Dans ce cadre, les auteurs du rapport notent que le secteur de l’agriculture devrait croître de 2 % en 2025 (contre une contraction de 8,7 % en 2024), celui de l’industrie, de 2,5 % (-5,4 % en 2024), et celui des services de 3,7 % cette année (-7,2 % en 2024).
Conflit régional et réformes économiques
Cette dernière révision à la baisse par la Banque mondiale est notamment due à « l’escalade du conflit régional, survenue au plus fort de la saison touristique en juin 2025 », et qui « a perturbé les vols commerciaux et a eu un impact négatif sur les arrivées de touristes ». La Banque mondiale mentionne également le retard au niveau de « l’afflux de capitaux nécessaires à la relance et à la reconstruction (suite au conflit entre Israël et le Hezbollah, NDLR), estimés à 11 milliards de dollars ».
Parallèlement à ces facteurs négatifs, la Banque mondiale loue le « retour à la normalité politique suite à l’élection d’un président et la formation d’un gouvernement ; les progrès enregistrés au niveau des réformes ; et la reprise de l’activité touristique en juillet et août 2025 » qui ont bénéficié à la reprise économique. Le rapport relève notamment les avancées concernant les lois sur l’indépendance du pouvoir judiciaire, sur le secret bancaire et sur la restructuration de ce secteur, en attendant l’adoption d’une troisième loi nécessaire, celle sur la répartition des pertes financières, estimées à 72 milliards de dollars. Il mentionne aussi la nomination des organismes de régulation de l’aviation civile, de l’électricité et des télécommunications, attendues depuis de nombreuses années, et de certaines nominations à des postes-clés, dont le procureur public pour les affaires financières, les vice-gouverneurs de la banque centrale, et les membres de la Commission de contrôle des banques.
Outre le rythme de croissance de l’économie libanaise, la Banque mondiale prévoit que l’inflation atteindra 15,2 % cette année et 8,7 % en 2026 suite à la stabilisation du taux de change, mais cela représente un niveau « nettement supérieur à l’inflation mondiale », notamment « en raison d’une concurrence limitée » et « des structures de marché oligopolistiques ». Ces derniers affectent la sécurité alimentaire au Liban, alors que près de 20 % de la population était en situation d’insécurité alimentaire aiguë entre avril et juin 2025. « La sécurité alimentaire reste précaire », souligne la Banque mondiale, avec près de 54 % de la population qui vit avec moins de 8,3 dollars par jour en 2025, dont 17,4 % avec moins de 4,2 dollars par jour.
Enfin, si la Banque mondiale estime que la « dynamique économique positive devrait se poursuivre en 2026 », elle relie directement cette amélioration à la mise en place des réformes et de la stabilité politique qui « pourraient débloquer des financements extérieurs pour la reconstruction et l’investissement ».




Vous allez voir qu'on va nous sortir des chiffres à la Libanaise avec une croissance record ...
10 h 59, le 17 octobre 2025