Un employé cultive des plants dans une plantation de cannabis du village de Yammouné, dans la vallée de la Békaa orientale au Liban, le 23 juillet 2018. Photo d'archives Joseph Eid/AFP
C'est peut-être un pas qui va contribuer à accélérer le lancement de la filière libanaise du cannabis thérapeutique, considéré depuis des années comme un encadrement potentiellement capable de générer une source de revenus stable pour le pays.
Le Liban et Zhonghua Lianchuang International Holding Co., Ltd., une société chinoise basée à Hong Kong, ont signé lundi au Grand Sérail une convention d'investissement d'une valeur de 10 millions de dollars, à travers laquelle Pékin accepte de financer, sans contrepartie directe ni condition, le premier laboratoire public de test et de recherche dans le secteur du cannabis thérapeutique.
L'accord a été signé pour la partie libanaise par le secrétaire général du Conseil des ministres, le juge Mahmoud Makkié, en sa qualité de mandataire du gouvernement pour cette signature. Du côté chinois, l'accord a été paraphé par un représentant de la société Zhonghua Lianchuang International Holding Co., Ltd., précise l'Agence nationale d'information (ANI), sans donner le nom de ce dernier. Mahmoud Makkié avait été nommé directeur général de l'Autorité de régulation de la culture du cannabis médical et industriel pour assurer la continuité du service public avant la formation de cette instance il y a un an.
« Cet accord ouvre la voie au Liban auprès des grandes entreprises internationales, dont cette société chinoise, pour investir dans le secteur du cannabis et des plantes médicinales et aromatiques. C'est une étape majeure pour l'Autorité, que nous félicitons pour cette réalisation, et cela constitue un jalon important dans le parcours de la coopération libano-chinoise », a déclaré le ministre de l’Agriculture Nizar Hani en marge de la signature de l'accord. Il a ajouté que ce document s'inscrit dans le prolongement de l'initiative sino-libanaise annoncée une semaine plus tôt en vue d'introduire les drones dans les secteurs agricole et forestier.
Installé à la faculté d'agronomie de l'Université libanaise à Dekouané, ce laboratoire dépendra de l'Autorité de régulation du cannabis. Il servira à tester et à améliorer les semences du cannabis thérapeutique libanais pour l'aligner sur les normes internationales, ce qui permettra de l'exporter, de cartographier les cultivateurs et de cataloguer les types de cannabis qu'ils produisent.
« Cela offrira une meilleure visibilité aux investisseurs qui seront intéressés par le marché libanais », a déclaré à L'Orient-Le Jour le président de l'Autorité de régulation du cannabis, Dany Fadel, qui avait annoncé dans nos colonnes en février dernier que ce projet de convention était en préparation.
Il explique que la société chinoise va fournir pour 4 millions de dollars d'équipements pour le laboratoire et que le reste du montant servira à financer des formations et une assistance technique, notamment pour permettre la publication en ligne sur le nouveau site de l'Autorité des résultats des tests. « Une fois opérationnel, le laboratoire aura la certification ISO/CEI 17025 qui est un gage de fiabilité. Cela ne veut pas dire que ce sera le seul laboratoire du pays, mais, grâce à ses équipements, l'Autorité aura aussi les capacités techniques nécessaires pour agréer des laboratoires privés », ajoute-t-il.
En revanche, la réglementation et les décrets rédigés par l'Autorité qui doivent encadrer le secteur sont encore bloqués à l'Inspection centrale où ils ont été envoyés en décembre dernier, dans un contexte marqué depuis le 2 mars par la guerre entre Israël et le Hezbollah.


